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Soit dit en passant

Tuons le désir et soyons sages !

24 Décembre 2017 , Rédigé par jcd

Tout un chacun n’a-t-il pas sa propre conception du socialisme dont les règles risquent fort de s’avérer variables voire divergentes d’un penseur à un autre et nul ne saurait affirmer, sans craindre le ridicule, détenir le dogme idéal, infaillible, incontestable et susceptible de rallier tous les suffrages, sauf peut-être ceux d’une bourgeoisie, grande ou petite, qui s’imaginerait à deux doigts d’accéder au concept d’aristocratie et n’aurait, dès lors, aucune passion pour l’égalité ni même la fraternité. Sans remonter jusqu’à Jaurès, observons les différences qui s’imposent à l’évidence entre les options de quelques-uns de nos plus célèbres hommes politiques récents s’étant plus ou moins revendiqués socialistes et en ayant défendu corps et âme l’idéologie contre les assauts de l’adversaire toujours prêt à en découdre pour bouter faquins et paltoquets hors du royaume.
Gustave Flaubert, que la chienlit eut horrifié, n’y allait pas par quatre chemins et il s’est prononcé sans ambiguïté aucune sur la question, notamment dans une lettre à Louise Colet datée des 2 et 3 mars 1854.

Le rêve du socialisme, n’est-ce pas de pouvoir faire asseoir l’humanité, monstrueuse d’obésité, dans une niche toute peinte en jaune, comme dans les gardes de chemin de fer, et qu’elle soit là à se dandiner sur ses couilles, ivre, béate, les yeux clos, digérant son déjeuner, attendant le dîner et faisant sous elle.
N’est-elle pas somptueusement épanouie cette attachante humanité, telle que nous la dépeint l’auteur célèbre de Madame Bovary ? Tout y est, y compris les odeurs, certes sobrement évoquées mais avec des détails qui pourraient inciter ce bon monsieur à voyager en première classe afin de demeurer à distance respectable du commun. Fort heureusement, nous rassure-t-il, tout ceci n’est qu’un rêve. Un cauchemar peut-être même, sacré Gustave !

Pourtant, moins de dix ans plus tôt, ce Flaubert-là n’écrivait-il pas à l’exquise Louise :
De toute la politique, il n’y a qu’une chose que je comprenne, c’est l’émeute.
Il est vrai que le temps peut parfois altérer la combativité et modifier le jugement, nous le vérifions tous les jours. D’aucuns parlent de sagesse quand il ne s’agit en vérité que de confort, pour choisir l’émeute il faut n’avoir rien à perdre.

23 décembre 2017

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À vos souhaits !

22 Décembre 2017 , Rédigé par jcd

 

 

 

C’est la grande période où chacun se sent plus ou moins obligé de formuler des souhaits en direction de  quiconque lui tombe sous la plume ou à portée de bavardages délicatement ourlés de bons sentiments. C’est qu’il serait malvenu de ne point se montrer sous son jour le plus favorable quand la méchanceté des uns et l’indifférence des autres s’épanouissent et se répandent en actes et conséquences alors même que les bouches sont encore pleines d’un sirop épais et gluant qui s’en vient vous souiller le col au prétexte d’hypocrites embrassades.

Dans la correspondance de Gustave Flaubert adressée à quelques-uns de ses amis j’ai noté cette phrase toute de circonstance dont il me plaît de m’inspirer pour constater qu’il n’existe aucune raison de s’imaginer que nous ayons fait quelque progrès depuis l’année 1838 – délicieuse époque où je n’étais pas encore tout à fait né – si ce n’est dans le domaine du pire. Celle-ci était adressée à Ernest Chevalier.
Tâche d’arriver à la croyance du plan de l’univers, de la moralité, des devoirs de l’homme, de la vie future et du chou colossal ; tâche de croire à l’intégrité des ministres à la chasteté des putains, à la bonté de l’homme, au bonheur de la vie, à la véracité de tous les mensonges possibles. Alors tu seras heureux, et tu pourras te dire croyant et aux trois quarts imbécile ; mais en attendant reste homme d’esprit, sceptique et buveur.
Pour autant, ne nous hasardons pas à penser que le bonhomme Flaubert fut heureux mais on peut vivre sans l’être, il suffit peut-être de se satisfaire de demeurer sceptique, donc lucide, et buveur. Et je m’y emploie.

22 décembre 2017 

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N’en parlons plus !

16 Décembre 2017 , Rédigé par jcd


Encore vous ? Mais vous n’avez donc rien de plus intéressant à faire que de venir m’importuner un dimanche matin ? Allez donc à la messe, foutredieu ! jouez au Loto ou au Tiercé, regardez un match de foot, masturbez-vous en admirant Claire Chazal à la télé, ou sinon, pour le cas où vous auriez décidé de dédier votre existence aux écrivains véritables qui défèquent leur roman bimestriel ou le tome cinq de leurs souvenirs ô combien palpitants, sachez que tout a déjà été raconté sur ces gens-là, il suffit de recopier, confiez cette besogne à votre secrétaire en échange d’un petit séjour aux Baléares, cela vous ferait vraisemblablement beaucoup de bien d’aller vous aérer les neurones (dont on ne vantera jamais trop les étonnantes possibilités, renseignez-vous !) plutôt que de venir perdre votre temps et me faire perdre le mien à l’heure même où je m’apprêtais à dégoupiller une bouteille de blanc. Évidemment, vous préféreriez sans doute du café, ou du rosé, vous avez une tête à boire du rosé… Ici on ne consomme pas ce genre de choses, c’est interdit par le corps médical et devrait l’être par la loi. Vous voulez savoir quoi ? Ce que j’ai mangé hier ? Une barquette de spaghettis bolognaise surgelés, absolument délicieux, sept minutes au micro-ondes avec une bouteille de Côte de Brouilly de Laurent Charrion et un morceau de Camembert industriel. Dans tous les cas de figure les mets les plus raffinés comme les machins usinés chez MacDo finissent en caca, y compris dans les toilettes des meilleurs restaurants. Il n’y a que l’addition qui change. Et à part cela, me direz-vous avec un point d’interrogation sinon votre question n’en est plus une. C’est là une fonction essentielle de la ponctuation dont les imbéciles s’imaginent sans le moindre complexe pouvoir se passer et je vous soupçonne d’être de ceux-là. À part cela ? Rien de rien, si ce n’est le trépas de quelques sommités intellectuelles du moment bien qu’elles ne fussent point de première fraîcheur, ce qui tend à prouver toute l’élasticité du moment qui, parfois, peut durer d’interminables dizaines d’années. Quelque chose de palpitant, peut-être ? Non, vraiment, je ne vois pas. La vie est souvent d’une ennui parfois mortel, c’est d’ailleurs ce qui rend son cours plus ou moins inattendu et justifie donc que l’on s’y intéresse, je parle ici de la mienne à laquelle je consacre une grande partie de mon temps, sauf bien sûr lorsqu’un quelconque importun s’en vient me rappeler l’urgente nécessité de garnir mon environnement immédiat d’une solide meute de chiens féroces et furieux.
Non, sérieusement, à part cela si je puis dire sans redondance, au terme de cet entretien des plus fructueux, pour vous du moins je l’espère, je crois que nous pourrions en rester là car il ne me semble pas le moins du monde nécessaire de poursuivre quand l’essentiel au moins a été abordé et décortiqué afin que vos précieux lecteurs n’en ignorent, dans le pire des cas, rien de plus que les commentaires qu’il vous plaira d’y ajouter sans toutefois vous y croire tenu.

16 décembre 2017

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Propos d’un abolitionniste convaincu

15 Décembre 2017 , Rédigé par jcd

Il y a maintenant un peu plus d’un an je me rendis à quelques kilomètres d’ici afin de confier mon corps à peine défiguré à quelques professionnels de la réparation lorsque ceux-ci estiment que les choses en valent encore la peine. Dans le cas contraire il est préférable de se résigner à ne plus contribuer à l’essor de la nation et c’est à une autre corporation qu’il est alors demandé de faire le nécessaire, même si l’indispensable voire l’exceptionnel  aurait pu nous sembler plus idoine mais il est vrai que nous n’avons que fort rarement notre mot à dire.
Depuis cet événement, sans doute considéré comme de peu d’importance puisque l’actualité quotidienne n’a pas jugé utile d’en tenir compte, m’a été affectée une aide-soignante qui, trois fois par semaine, vient se soucier de la propreté de ce corps en quelque sorte remis à neuf et veille à ce qu’il soit encore utilisable après qu’il ait été récuré et sorti de sa baignoire.
Voilà-t-il pas que ce matin même, tandis que j’attendais la toute dévouée déléguée à ma survie immaculée, étendu détendu sur mon divan, je me fis cette réflexion : N’est-il pas quand même pour le moins singulier que de nous deux mon aide-soignante et moi ce soit toujours et exclusivement moi qui me déshabille devant elle et jamais l’inverse ?
Peut-être quelque fin psychologue voire psychanalyste d’obédience freudienne ou à la rigueur lacanienne trouverait-il – ou elle car il ne faut surtout pas écarter une possibilité supplémentaire de perception somme toute simplement humaine –peut-être trouvera-t-elle, disais-je,  dans cette situation matière à investiguer afin de déterminer si oui ou non je ne risque pas d’être victime d’une perturbation pouvant affecter mon équilibre neurologique dont la vulnérabilité n’est pas sans me causer quelque souci à l’heure de mon bain matinal et parfois jusque dans le courant de la journée.
J’en suis là et je songe à ces vaillantes demanderesses de l’égalité homme-femme qui se battent courageusement pour que cesse enfin cette discrimination qu’il est plus que temps de voir disparaître.

15 décembre 2017 

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Lire l’affiche est nécessaire

13 Décembre 2017 , Rédigé par jcd

Il est vrai que l’idée d’exclure ce Finkielkraut de la Comédie-Française peut paraître absurde, voire incongrue alors même que Robert Hirsh vient tout juste de nous quitter et que les Robert Manuel, Jean Le Poulain et Jacques Charron l’avaient précédé sans qu’il y eut cinq cent mille personnes dont un président de la République pour leur rendre un ultime hommage. Ne gaspillons donc pas les quelques rigolos qui nous restent bien que leur talent laisse le plus souvent à désirer, d’ailleurs peut-on véritablement et sans pouffer parler de talent quand le comique est involontaire ?
Car les comédiens cités plus haut connaissaient leur métier, c’est un truc qui s’apprend quand bien même le débutant aurait comme une espèce de don. On cite Pétain, Michel Droit ou Maurras, je veux bien mais ce n’est pas très gentil pour ce pauvre Finkielkraut, encore que Michel Droit ait eu de solides dispositions et pouvait parfois nous pousser à nous esclaffer puisque son inénarrable imbécillité avait occasionnellement de quoi surprendre lorsqu’on n’a pas ce genre d’habitudes malsaines. Mais, pour en revenir à notre guignol du jour il ne faut toutefois pas négliger l’écriture et la maîtrise du texte lors de l’interprétation, plus importante que les grimaces et les pitreries, n’est pas Buster Keaton n’importe quel cabot premier venu. Son célèbre Taisez-vous ! à la télévision (un peu pompé sur de Funès il est vrai en raison de son caractère hystérique) n’aura sans doute pas marqué les jeunes générations peut-être plus enclines à s’épanouir aux saillies de Jean-Marie (Bigard ou LePen). Pourtant, il y a dans cette réplique, hurlée de manière pré-électorale macronienne, un élan et une spontanéité que d’aucuns jugeront probablement touchants, et dont il faudra bien tenir compte lors du casting des Visiteurs version trois ou quatre.
Devons-nous pour autant renoncer à nous rendre au théâtre sous prétexte que la dernière pièce que l’on y a vue était nulle, la mise en scène insupportable et les acteurs au-dessous de tout, non, il faut seulement bien lire l’affiche avant de prendre ses places. En général, on exige trop de talent pour les petits emplois, trop peu pour les grands. Disait Laurent de La Beaumelle.

13 décembre 2017 

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Blues du dimanche matin

10 Décembre 2017 , Rédigé par jcd

Qu’est-ce qu’on peut y faire ! disait jadis Aimé Blanc auprès de qui je venais d’acquérir la semi-ruine où je vis désormais (que j’ai quand même quelque peu améliorée physiquement car il faut vivre avec son temps et savoir profiter des progrès de la science et de l’industrie quand la télévision, l’informatique et le micro-ondes sont là qui nous tendent leurs petits bras dans un geste plein d’amour et de reconnaissance). Aujourd’hui que le paysan se fait rare dans ce pays que le béton grignote chaque minute davantage (je me demande d’ailleurs si le terme grignoter n’est pas un peu chichiteux alors que les bétonneurs n’y vont pas avec le dos de la cuillère), aujourd’hui donc je pose cette question : qu’est-ce qu’on peut y faire quand la merde et le pognon ont partout le dernier mot (alors que je me targue de l’avoir en écrivant, moi, tu parles !) et que, dans un bel élan de solidarité enthousiaste le peuple ni de droite ni de gauche se rassemble au cœur de sa capitale pour communier dans la ferveur et pleurnicher sur la disparition de son idole des jeunes, même si lesdits jeunes sont à cet instant devenus d’authentiques et incontestables vieux cons, qu’est-ce qu’on peut y faire disais-je alors qu’il suffirait de se résigner et de se laisser tranquillement bouffer par son cancer en écoutant Lisa chanter Im Abendrot, une dernière fois.
Il y a des jours comme ça où on a bien le droit – mais en avons-nous vraiment le droit ? – d’en avoir un peu marre de tout ce cirque, de cette mascarade avec ses pantins qui s’agitent et nous racontent des histoires à dormir debout qui précisément nous empêchent de dormir ; mais il y a aussi des jours où l’on a envie de tirer dans le tas alors que ce sont eux qui ont les armes, ce qui démontre à quel point nous nous sommes laissés blouser jusqu’à n’être plus que ce troupeau d’esclaves abrutis, anesthésiés, infirmes du cerveau et des poings, infoutus de se rebeller contre l’ordre international du fric qui nous a achetés, vendus puis revendus, au moins offrant… en répétant oui monsieur, oui madame lorsqu’on nous fait signe d’opiner du front, périodiquement, machinalement au nom de la sacro-sainte démocrassie. Serait-ce trop demander que d’espérer voir, demain plutôt qu’après-demain, les hommes et les femmes dirent enfin non et se révolter contre la dictature des chefs et petits chefs et même sous-chefs… Non, le seul mot que l’on ne prononce plus jamais, le seul mot qui n’est ni convenable ni consensuel, limite impoli, et qu’il serait peut-être temps d’apprendre dès la communale à ces morveux soudés à leur téléphone portable afin qu’ils sachent l’utiliser sans cette trouille de se voir privés de tablette plutôt que de chocolat. Cette génération de larves avachies, apathiques qui s’étonnent à peine du fait qu’il faille fermer sa gueule quand l’incompétent notoire affirme qu’il convient de dire oui plutôt que non dès lors que son fric est au Luxembourg ou à Panama. Mais, d’un point de vue pragmatique, peut-être en effet est-il préférable de murmurer plutôt oui lorsque le gros porc te souffle dans le cou en te parlant d’avancement sans préciser ce qu’il a prévu d’avancer et où exactement, ensuite il sera toujours temps de le dénoncer en prétendant que tu ne ignorais la taille du projet et les perspectives y afférentes, les victimes sont toujours plus ou moins consentantes quand l’appétit grandit et que l’ambition se fait moins tatillonne. Certes certes, il est plus facile, plus confortable d’accepter que de refuser mais peut-être alors nous faut-il dorénavant admettre que nous avons à peine marchandé, et à vil prix, le droit à se taire. Alors, taisons-nous !

10 décembre 2017

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Tant qu’on a la santé !

8 Décembre 2017 , Rédigé par jcd

 

 

 


Probablement afin d’abonder dans le sens des revendications de quelque ligue féministe ayant ces jours-ci le vent en poupe, d’aucuns, ou d’aucunes peut-être bien, auraient ouvertement tenté de féminiser la vc, croyant ainsi surfer habilement sur cette tendance très actuelle alors que l’avc – accident vasculaire cérébral dont on dénombre plusieurs cas  dans nos contrées bas-alpines – ne se réclame nullement d’une éventuelle singularité masculine. Il nous semble préférable de plurielliser le terme en évoquant les vc où chacun, de genre mâle ou femelle s’en vient évacuer avec bonheur une surcharge pondérale momentanée mais néanmoins plus ou moins quotidienne et certainement pas sexuée. On voit clairement où menace de nous conduire cette volonté de stigmatiser quelques chauds lapins qu’il serait sans doute trop facile de convertir en chaudes lapines.

5 décembre 2017

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L’euthanazie pour tous, un vœu pieux

5 Décembre 2017 , Rédigé par jcd

 

 

 

 

Selon des sources que l’on dit bien informées il existerait, ou il aurait existé car désormais on ne peut plus se montrer sûr de rien, voire catégorique dans ses certitudes ; il aurait donc existé des nations, ou peut-être seulement des territoires au sein desquels se pratiquait l’euthanazie sans que quiconque y trouva motif à s’indigner ou à s’offusquer bruyamment alors même que nul n’est autorisé à contester les pratiques de qui détient le pouvoir et entend bien n’être point contredit. Il s’agit là d’une certaine forme de démocratie, modérément participative, où chacun peut en effet avoir les opinions qui lui conviennent à condition toutefois de les garder pour soi et de n’en faire étalage qu’avec énormément de discernement, voire d’opportunisme.
L’euthanazie est un plaisir rare dont peu de gens en vérité acceptent de s’entretenir sans quelque réticence tant il est vrai et vérifié que l’on ne parle bien que de ce que l’on connaît bien, voire mieux que bien. Certes, l’euthanaziste pourrait apporter quelques précisions et éclaircissements mais il ne s’agit en l’occurrence que d’un exécutant, en aucun cas de l’euthanazié lui-même. Et cela change tout puisque c’est bien le point de vue de l’intéressé qui nous passionne quand celui d’un quelconque témoin n’est, admettons-le, qu’anecdotique et donc suspect de parti-pris et redonc sujet à caution.
L’euthanazié, quant à lui, n’a que très rarement l’occasion de s’exprimer, sauf au préalable lorsqu’il en est encore au stade du projet ou exceptionnellement  après si le travail a été bâclé. Dans une telle hypothèse minces sont les chances de parvenir à obtenir un discours clair et concis, argumenté et cohérent. On dénombre toutefois quelques cas d’euthanaziés volontaires sans qu’il soit possible, si la performance fut une réussite, de savoir si oui ou non le sujet se serait fait aider pour obtenir avec certitude toute satisfaction dans son entreprise.
Dans des situations de conflit armé l’euthanazié peut être qualifié de mort au champ d’honneur s’il est prouvé qu’il n’était pas en civil au moment des faits. Il aura éventuellement droit à une décoration posthume et pourra bénéficier de son inscription au monument aux morts aux côtés de ses prédécesseurs. Mais ce sont là des situations d’exception qui ne doivent pas nous faire oublier le drame de l’auto-euthanazié qui s’est raté et qui risque fort d’être la risée des survivants sans qu’aucun d’entre eux ne lui consente son fraternel soutien et un amical coup de main pour arriver à ses fins.

3 décembre 2017

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Faut-il croire tout ce qui s’écrit ?

2 Décembre 2017 , Rédigé par jcd

 

 

 


– Tout d’abord merci de nous recevoir, Jean-Claude Dorléans, et d’accepter de répondre à nos questions.
– Si j’avais refusé je veux croire que vous ne seriez pas venu. Et bien que l’on prétende qu’il n’y a pas de sot métier, faites le vôtre.
– Le patronyme dont vous usez…
– Je n’en suis nullement responsable mais je m’en accommode, tout comme vous vous accommodez probablement du vôtre en dépit du fait qu’il ne soit guère flatteur, dès lors que tout le monde ne peut pas se nommer Éric Zemmour par exemple et sans vouloir ne vexer personne.
– Pourtant…
– Il m’arrive également d’user, comme vous dites, de quelques pseudonymes lorsque je ne souhaite pas être reconnu par les imbéciles.
– De mauvaises langues sans doute affirment que vous ne seriez l’auteur que d’un seul ouvrage publié, et…
– Ces mauvaises langues ont certainement raison et démontrent ainsi combien le métier d’éditeur est ingrat, en dépit du fait qu’il doit bien exister des éditeurs pleins d’audace pour qu’aient été imprimés et publiés ces multitudes de bouquins totalement inutiles quand ils ne sont pas nocifs pour la santé mentale de l’être humain, fût-il ordinaire et accessoirement sportif. Il faut bien que tout le monde vive, soutiennent nombre de crétins pour qui l’internement abusif devrait être généralisé. Mais, vous savez, ou vous ne savez pas que mon éditeur est une sorte de philanthrope qui s’intéresse uniquement aux déshérités, ou aux poètes. On ne peut pas lui en vouloir, les petits frères des pauvres ça existe bien. Ou alors c’était un pari. Stupide forcément.
– Vous pensez sérieusement que la plupart des livres actuellement édités n’auraient pas dû l’être ?
– Que je le pense sérieusement ou non n’a aucune espèce d’importance puisque ce n’est jamais moi qui décide de ce qui doit l’être. Croyez-vous qu’il faille encore longtemps encourager la lecture dès l’enfance si mes livres ne sont jamais publiés ?
– C’est une vision totalitaire, despotique…
– Je ne vous le fais pas dire.
– …œcuménique en quelque sorte…
– Je ne vous le fais pas dire. Sauf que c’est absolument dégoûtant, et totalement catho et donc rédhibitoire  dès lors que nous en sommes réduits à utiliser des gros mots dont la langue française est tellement riche, au point que dans un dictionnaire ordinaire on trouve à quelques pages de distance et dans des caractères identiques les termes de crapule et de journaliste.
– Jean-Claude Dorléans, pour qui écrivez-vous ?
Pour qui, mais pour mes chats. Quand je leur fais la lecture ils ronronnent et ce sont bien les seuls. C’est un peu pour ça que je n’écris que des textes brefs, pour ne pas les ennuyer. Je ne suis pas certain qu’ils comprennent tous les mots mais personne ne comprend tous les mots et, au moins, eux ne posent pas de questions idiotes.
– Jean-Claude Dorléans, pourquoi écrivez-vous ?
– Pour avoir le dernier mot.


2 décembre 2017

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Touche à ton cul, c’est un peu vite dit !

1 Décembre 2017 , Rédigé par jcd

 

J’entendais ces jours-ci une poignée de journalistes, experts en la matière il va de soi, débattre à propos de la question de savoir où se situe la différence entre délation et dénonciation. Et c’est vrai qu’il y a certainement lieu de s’interroger car lequel des deux est le pire sans aller jusqu’à remonter jusqu’en 1943 ? J’ai interrogé mon copain Robert sur le sujet qui se garde bien de trancher puisqu’il donne pour délation la définition suivante : Dénonciation inspirée par des motifs méprisables. [Est-ce à dire qu’il existerait – je n’ose à peine le croire – des dénonciations susceptibles de n’être pas inspirées par des motifs méprisables ?] D’autant que pour dénonciation Robert, toujours lui, n’hésite pas un instant à proposer notamment délation pour synonyme. Difficile de choisir lorsqu’il nous faut, dans la précipitation ou non, signaler aux zautorités compétentes tel individu dont, a priori et même à seconde vue, il y a tout lieu de penser qu’il représente un danger pour la société tout entière ou simplement pour l’un ou l’une d’entre nous mais le danger c’est essentiellement une question d’appréciation et, lorsque l’on est à l’origine d’un danger on sait où cela commence mais plus difficilement où cela s’arrête. Prenons le harcèlement sexuel puisque c’est un sujet à la mode, qui peut affirmer sans risquer de se tromper que le viol n’en est pas l’aboutissement, frisant même la perfection, voire la consécration ? Le viol, selon l’âge des protagonistes, pourrait même s’apparenter à une performance sportive de plus ou moins haut niveau, qu’il nous soit donc permis de nous étonner de ce qu’il ne figure toujours pas parmi les disciplines des jeux olympiques. À Paris en 2024 ce serait quand même une belle opportunité. Mais je m’égare, cette fois encore car dans l’hypothèse précédemment envisagée il ne saurait bien évidemment être question de délation ou de dénonciation puisque le caractère parfaitement légal de la compétition ne saurait être contesté, là où l’absence patente de motifs méprisables saute aux yeux.
En revanche on distingue clairement et sans l’ombre d’une hésitation la nécessité absolue et flagrante qu’il y aurait à dénoncer le comportement à caractère ouvertement sexuel de cet homme, pas nécessairement juif ou maghrébin (ce qui lui ôte toute responsabilité dans le crime sordide de Pithiviers dont il faudra bien un jour que l’on sache qui étaient les neuf-cent-soixante et onze victimes et pour quelle raison s’étaient-elles rendues ensemble à ce concert exceptionnel et gratuit de Michel Sardou, dans la salle polyvalente où Michèle Torr avait fait un tabac en 48 ou 49), ce type donc dont le pénis va et vient dans la main gauche d’une femme, visiblement ambidextre, qui semble ne s’être aperçue de rien et poursuit la dégustation de son pain au chocolat qu’elle tient de sa main droite. Jusqu’au moment où, déséquilibrée au carrefour des Gobelins, elle doit lâcher son pain au chocolat pour s’accrocher à la barre verticale. Néanmoins (et le nez n’a que peu de choses à voir dans le propos qui nous occupe), peut-on sérieusement invoquer l’accusation de harcèlement, qu’on nous permette d’en douter dès lors que, toujours selon Robert, le harcèlement, sexuel qui plus est, est le fait d’un supérieur hiérarchique. Or, on voit clairement dans l’exemple ci-dessus que n’existe aucune notion de supériorité hiérarchique ni même d’infériorité tout aussi hiérarchique, d’autant que nos deux personnages sont debout dans l’autobus 91, qu’ils sont l’un et l’autre de taille sensiblement égale et qu’aucun des deux n’a évoqué la possibilité d’une quelconque augmentation de salaire, sous réserve de…
Force est de constater qu’en l’absence de tout harcèlement sexuel de la part de l’un ou l’autre des protagonistes il ne serait guère opportun de se lancer dans une vaste opération de délation ou de dénonciation, compte tenu du fait que, de surcroît, nous n’avons nul motif méprisable susceptible de justifier semblable perversion. Fort heureusement ce comportement débouche parfois, nous l’avons vu jadis, sur l’épuration dont la coutume semble s’être un peu perdue ces teùmps derniers et qui veut que l’on tonde les femmes coupables, ce qui peut certes procurer quelques petites satisfactions, mais les joies sont souvent mesquines et, sans ambition, elles demeurent généralement hélas sans lendemain.
Que la femme, ambidextre rappelons-le, affiche une attitude essentiellement passive et s’abstienne de tout geste délibérément actif pouvant donner lieu à quelque spéculation hasardeuse, voire tendancieuse, nul n’en disconviendra quand il s’agit en vérité de déterminer les responsabilités de chacun, en se gardant bien de prendre parti puisque dans cette affaire nous n’avons rien à y gagner. Et puis, comme disait Ambroise-Polycarpe de La Rochefoucauld…


1er décembre 2017

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