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Soit dit en passant

Alors que la mer elle-même finit toujours par se retirer

27 Avril 2020 , Rédigé par Jean-Claude Dorléans


En ces temps de barbarie institutionnelle il est certainement réconfortant d’entendre le chef des armées
se soucier de l’existence de nos ainés alors qu’il est assez banal – disons plutôt coutumier afin de ne
point paraître abusivement négatif – de passer par profits et pertes les vieillards en cours de détérioration.
L’attitude a de quoi surprendre venant de ce blanc-bec ordinairement dévoré par l’égoïsme et
généralement indifférent au sort de ceux qui ne lui seront d’aucune utilité puisque privés de tout avenir.
Qu’il n’affiche que mépris pour le moindre freluquet issu des basses couches de la société est certes
bien compréhensible car il importe de ne point frayer avec plus petit que soi mais qu’il s’inquiète de
la survie d’une population de grabataires sursitaires mérite que l’on y prête attention, ne fut-ce que
par curiosité.
Ayant été admis depuis peu à intégrer la catégorie des personnels en fin de vie il serait sans doute souhaitable
que je daigne libérer la place que d’aucuns ne manqueront probablement pas de revendiquer
au motif qu’ils sont ô combien plus frais que le subclaquant qui s’accroche à son fauteuil comme si
son ultime soupir en dépendait. Alors qu’il n’en est rien puisque du fauteuil au divan et du divan au
lit le trajet ne saurait être interminable, minable tout au plus.
Nombreux sont ceux qui ne m’attendent pas au terme de ce voyage au bout de la nuit puisque nulle
tradition n’exige que l’on soit présent pour accueillir un nouvel arrivant qui débarque sans bagages.
Pourtant, j’aimerais beaucoup en retrouver quelques-uns avant d’aller boire un coup ensemble pour
peu le décor s’y prêtât et si la musique était de qualité. Mais je crains le pire car le pire est toujours à
venir, disait le camarade Pavèse. Il y aura là mon père, ma mère, mon frère et ma grand-mère qui reprisait
mes tricots de corps lorsque j’étais encore morveux et bien peu enclin à m’en aller bouter hors
de France l’envahisseur teuton qui ambitionnait d’imposer que l’on fêtât la saint Adolf le jour de la
prise de la Bastille. Ce à quoi Bernard Palissy, soutenu par Georges Marchais, s’opposa avec véhémence
au nom du respect des jours fériés.Et puis il y aurait tous mes chats et chiens qui commençaient
à trouver le temps long, comme on dit dans la salle d’attente de la gare de Villeneuve-Saint-Georges
lorsque l’express pour Boissy-Saint-Léger tarde à ariver.
La date est incertaine et l’intéressé est généralement le plus mal informé, on estime sans doute qu’il
s’en accommodera et n’ira pas réclamer un quelconque remboursement, ce qui serait d’un lamentable
mauvais goût, feront observer certains esthètes un peu bouffis et très à cheval sur les us et coutumes
d’un autre âge. Mais est-ce bien le lieu et le moment idoines pour évoquer des problèmes d’inexactitude
et de dédommagement que l’on jugera indécents alors que la guerre fait rage entre les Alpes Maritimes
et la Principauté de Monaco pour une sordide histoire de parking et que le baril de brent vient de
franchir la barre dramatique des deux dollars.
L’opportunité est séduisante qui doit permettre de se débarrasser sans états d’âme d’une clique de
bons à rien valétudinaires totalement infoutus de comprendre l’impérieuse nécessité de défendre les
montants compensatoires sans lesquels le verre de rosé de Provence bien frais serait coté en bourse
au même prix que le demi-litre d’eau de Javel. Car les vieux nous emmerdent, répètent avec une obstination
indécente des godelureaux à peine poilus du menton qui ont l’ambition chevillée au corps
quand le cac 40 n’attend plus qu’eux, du moins le croient-ils. C’est qu’en vérité chacun s’accroche
avec plus ou moins d’obstination, habité par l’obscène espoir ridicule d’en croquer encore un morceau
avant que la camarde ne vienne procéder au ramassage final quand les cimetières et les ehpad regorgent
de cadavres à des stades certes variables de décomposition mais qui toujours gâtent le paysage.
Voyez-les, toujours à l’affût d’un petit supplément gratuit, toujours prêts à réclamer du rab.
Alors que la mer elle-même se retire il convient de savoir sortir sans claquer la porte, avec déférence
et sans regard haineux pour ceux qui restent, afin peut-être de laisser une bonne impression, un souvenir
aussi peu désagréable que si l’on n’avait pas existé.

 

26 avril 2020

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Dérisoire certes mais…

11 Avril 2020 , Rédigé par Jean-Claude Dorléans


À l’heure qu’il est et sans tenir aucun compte du fait que nous approchons du moment crucial de
l’apéro du soir il n’est pas totalement anodin de considérer avec un minimum de curiosité le nombre
de morts dus au Covid 19 alors que nous n’en sommes qu’à l’ébauche d’une pandémie dont de futurs
prix Nobel de littérature nous diront dans les années à venir toute l’originalité avant qu’ils n’entrassent
à l’Académie française. Il n’est pas négligeable, loin de là, de s’attarder un instant sur ce chiffre en
dépit du fait qu’il soit très certainement inexact et devra probablement faire l’objet d’une mise à jour
dès que les diafoirus diplômés seront autorisés à le faire en public sur toutes les chaines de télévision.
97500 morts est, j’en conviens, quelque peu dérisoire lorsqu’on sait les performances obtenues avec
la plus ordinaire petite bombe à neutrons larguée à l’heure du JT de vingt heures quand la barquette
de lasagnes à la Bolognaise surgelés sort tout juste du micro-ondes. Dérisoire certes mais si l’on songe
aux moyens ridicules dont dispose le Covid 19 dont on nous dit qu’il ne dépasserait pas la taille d’une
fourmi ordinaire dont jadis La Fontaine nous conta allègrement les performances, nous pouvons sans
peine imaginer ses effets lorsqu’il aura grandi et, comme tout individu normalement constitué, se sera
développé et reproduit. Bien sûr nos chefs de guerre, secondés par une armada de scientifiques à qui
l’on a fait miroiter gloire et fortune à l’échelon international, se targuent de venir à bout de l’envahisseur
en se référant à Napoléon et quelques autres stratèges aujourd’hui fort heureusement disparus
mais il ne faudrait pas pour autant tenir pour quantité négligeable ce que les meilleurs analystes de
l’ONU qualifient avec une moue de dégoût de morpions quand on sait ce qu’un tel insecte est capable
de faire au sein d’une communauté ayant renoncé à la chasteté chrétienne en se livrant au stupre et à
la fornication sous prétexte que le PSG aurait finalement battu l’Olympique de Villacoublay en quarts
de finale de la coupe de Bosnie-Herzégovine.
Non, soyons sérieux et sachons relativiser l’importance exagérée accordée à un petit rhume en instaurant
des mesures que le préfet Papon lui-même avait renoncé à utiliser pout libérer la station Charonne
de manifestants probablement turbulents au début des années soixante, qui me restent
néanmoins un agréable souvenir.
90000 morts et des poussières au niveau imternational, il y a là matière à relativiser quand bien même
il conviendrait sans doute d’arrondir au chiffre supérieur, cent mille donc, foin de la mesquinerie !
Et d’ailleurs rien ne nous interdit d’anticiper en imaginant à peine le score que nous saurions atteindre
si nous nous obstinons à nier l’efficacité de la chloroquine afin de ne point désobliger les quelques jaloux
qui nient l’efficacité d’un traitement, prétextant l’appartenance de Monsieur Raoult à un milieu
médical qui compte davantage de Marius et Olive que de savants authentiquement parisiens d’origine.
Reconnaissons toutefois que ce n’est tout de même pas tous les jours que nous atteignons des scores
comparables, sauf peut-être si l’on y inclut les chômeurs bien qu’ils comptassent pour du beurre dans
les statistiques du Medef. Cent mil, voilà qui nous rappelle les Cent Mil chemises de jadis car il est
toujours profitable de faire référence au passé alors quand les plus audacieux d’entre nous n’arrêtent
pas de nous seriner que c’était mieux avant, ignorant vraisemblablement l’arrivée du téléphone portable
qui permet de réaliser si on le désire des selfies avec le président (de n’importe quoi).
Il est à noter que le score franco-français se situe au niveau des 13197 trépassés du covid 19, ce qui
démontre assez clairement à quel point nous sommes peu enclins à encourager le nationalisme et à
vouloir briguer le titre de champion du monde des confinis dans la compétition mondiale des bons-àrien.
Cela dit ne boudons point notre plaisir car, même si ce chiffre à de quoi décourager le citoyen le plus
délicatement lucide, il n’en demeure pas moins que ce sont là des appartements et des emplois qui se
libèrent, voire des veuves également mais vous ne manquerez pas de me faire observer que des veufs
tout autant se retrouvent soudainement les bras ballants et le drapeau en berne mais je ne mange pas
de ce pain-là et reste très attaché aux us et coutumes qui firent notre réputation lorsque nous allions
guerroyer hors de nos jardins et conquérir nos colonies.
Fort heureusement, nous allons retrouver l’usage de nos industries qui nous rendirent prospères et
nous saurons fabriquer nous-mêmes notre Doliprane afin que notre économie se porte comme un
charme et nous place au premier rang des pays producteurs de merde, louons le coronavirus qui nous
a rendu notre fierté dans la conquête du leadership, que notre génie illumine le monde et que la fin
soit éclatante et colorée puisque tous les espoirs sont désormais permis, il suffit d’y croire.
11 avril 2020

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Errare humanum est tu l’as dit bouffi !

3 Avril 2020 , Rédigé par Jean-Claude Dorléans

Errare humanum est tu l’as dit bouffi !
Alors que nous venons à peine de fêter le premier avril sans que les élèves facétieux aient eu l’heureuse
opportunité d’accrocher au dos de leur professeur ou instituteur un splendide poisson en papier nous
apprenons que 4503 patients sont morts en milieu hospitalier (dont seulement 471 lors des dernières
vingt-quatre heures). Certes il nous faut reconnaître que les Espagnols, qui pourtant ont connu Franco
nous battent d’une courte tête avec 950 décès dans un timing identique mais tout nous pousse à croire
que nous saurons relever le défi. Et c’est donc dans cette perspective qui fait honneur à la démocratie
que nous avons décidé de convertir le célèbre marché de Rungis en une morgue gigantesque afin de
désengorger les établissements déjà saturés mais on peut toutefois légitimement s’inquiéter des choix
de ces praticiens qui continuent à expédier au mouroir des centaines de victimes qui étaient dans la
plupart des cas probablement en excellente santé. Peut-être serait-il rationnel de procéder enfin à
une vaste opération d’euthanazie préventive afin que cesse une telle gabegie de matériels et de soins
illusoires alors même que nous manquons de lits pour y accueillir les mères porteuses qui aideront à
repeupler la France lorsque la terrible pandémie aura, très vraisemblablement un jour ou l’autre,
pris fin. D’aucuns n’ont-ils pas l’impudence de se fracturer la jambe ou le bras alors même que les
médecins débordés en sont réduits à amputer d’un poumon, debout dans un couloir, un quelconque
malade qui n’avait jusque là jamais pris un comprimé de Doliprane.
Car il semble bien que nos têtes pensantes aient quelque peu manqué d’un sens réel de l’anticipation,
ne dit-on pas que prévenir c’est guérir ? Sans doute aurait-il été sage d’éliminer dès les premiers signes
d’infection tous ces vieillards grabataires qui survivaient jusque là aux crochets de la collectivité, mettant
ainsi en péril la place de la nation au sein de la communauté économique internationale. Il ne
suffit pas de clamer haut et fort que notre avenir est dans la jeunesse si nous nous révélons incapables
de lui garantir l’espace indispensable à son développement. Au-delà de quarante années passées à
jouir des divers biens que nous leur offrons, les hommes – et les femmes tout autant– devraient se
porter volontaires afin de léguer à leur descendance tout ce qui ne leur servira plus à grand-chose
lorsqu’ils auront cessé de travailler pour vivre. On ne peut pas passer son existence à s’imaginer ou
tenter de se persuader que le meilleur est à venir. Le meilleur est dans le souvenir que l’on en a, le
futur n’est que bobards ou vantardises. 884 décès dans les Ehpad viennent de le démontrer. Les incorrigibles
pessimistes nous assènent le nombre de 47000 morts de par le vaste monde alors même que
les plus réalistes leur répliquent en brandissant le chiffre époustouflant de 10935 malades guéris. On
voit bien que la Science ne peut pas tout et certainement pas la résurrection des corps quand le cerveau
a depuis longtemps renoncé à s’interroger.


3 avril 2020

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