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Soit dit en passant

On ne le répétera jamais assez !

26 Août 2017 , Rédigé par jcd

 

 


Je lisais ces jours-ci un articulet à vocation pédagogique vantant les mérites considérables du jeûne – le circonflexe a ici encore son importance car nous ne pouvons ignorer l’appétit vorace de certains individus que l’on dit matures pour le jeune, qu’il soit de genre mâle ou femelle. Le jeûne fait beaucoup de bien y était-il affirmé péremptoirement  et les matures d’acquiescer d’un air entendu en oubliant délibérément la fonction dudit circonflexe.
Le jeûne (dans les services hospitaliers on parle plutôt de diète dont le caractère médical effraie moins le patient encore lucide) le jeûne donc est une coutume déjà ancienne et certaines peuplades n’hésitent pas à le pratiquer afin d’économiser sur la bouffe pour mettre de l’essence dans leur véhicule. D’autres le font par simple obéissance à un dogme ou pour pouvoir continuer à porter le même maillot de bain qu’il y a trois ans sans se faire insulter pour obscénité, voire attentat à la pudeur. On parlera plus volontiers de bienséance que de pudeur puisque celle-ci est d’abord cérébrale.
Quelques tentatives ont eu lieu dans les années quarante de notre ère, principalement chez nos voisins allemands mais pas uniquement, afin de parvenir à démontrer combien le jeûne favorise le développement de la volonté chez l’individu moyen, ou ordinaire selon qui s’exprime. Les résultats ainsi obtenus s’avérèrent très rapidement décevants puisque 80% des volontaires qui s’étaient présentés pour se prêter à cette expérimentation ne survécurent pas, alors même que leur état physiologique ne permettait nullement d’espérer la production d’une nourriture de qualité satisfaisante, sinon bio. Cela dit un certain nombre de spécialistes en démographie estiment qu’il pourrait y avoir là un débouché à creuser dès lors que la surpopulation de la planète entière nécessitera d’avoir recours à de semblables procédés afin que les sujets qui en auront les moyens puissent manger à leur faim et sans danger pour leur santé. Il suffira donc d’établir des quotas et veiller à ce que les sujets sains le demeurent jusqu’à la date fixée pour leur abattage. On a en effet pu constater dans les élevages industriels un risque non négligeable de médiocre qualité de la viande lorsque les bêtes étaient mal nourries, voire pas du tout, confinées dans des volumes trop faibles, quand elles n’étaient pas victimes de mauvais traitements, de violences qui pouvaient les rendre impropres à la consommation.
La plus que prévisible totale disparition des terres agricoles, des forêts et leur remplacement par de l’immeuble d’habitation, des autoroutes et des aéroports nécessitera tôt ou tard que l’on prît des mesures, coercitives si besoin est, afin de réguler l’exploitation des ressources vitales nécessaires à l’épanouissement d’une espèce protégée dont la reproduction sera soumise à une réglementation stricte et solidement encadrée. Tant que nous n’aurons pas atteint un tel niveau de responsabilité le jeûne devra rester la seule et unique démarche d’une société consciente de son avenir et du respect de son identité. La procréation n’est en aucun cas une méthode pour se divertir à moindres frais, la fabrication de nourritures de bonne qualité ne saurait être confiée à des dilettantes dont nous ignorerons toujours la part de profit personnel qu’ils peuvent espérer en tirer.
Le jeûne, parfois volontaire mais le plus souvent imposé, demeure un exceptionnel moyen de domination permettant à chacun de mieux percevoir son importance relative et d’appréhender sa capacité à se plier aux impératifs de la pensée mondialisée. Sans discipline librement acceptée le sain équilibre entre ceux qui ont tout et ceux qui n’ont rien ne parviendra jamais à être atteint. Or, la première de ces disciplines consiste précisément à savoir se priver. De nourriture pour commencer afin d’atteindre ensuite le nirvana, la supériorité bouddhique par exemple. Lorsque corps parvient à négliger, voire répugner, le concept basique de manger pour vivre, l’esprit va vers sa libération.
Bon, c’est pas tout ça, les amis, mais mon cassoulet est sur le feu et le cassoulet n’attend pas.

Complètement fin août.

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Non à l’impunité pour les criminels sonores !

23 Août 2017 , Rédigé par jcd

 

 

 

 

 

Le nombre de mes vertèbres couramment déplacées, voire plus ou moins massacrées par quelque prétendu praticien inspiré de littérature hyperbolique se targuant d’être tout autant ostéopathe que n’importe quel sous-officier nazi, j’avais accepté de confier mon pauvre corps délabré aux mains expertes d’une masseuse qui, pour m’être occasionnellement proche consent néanmoins à me faire bénéficier de ses soins pour un prix légèrement inférieur à celui de de la botte de radis un dimanche matin de fin-décembre sur le marché de Carpentras. Perclus de douleurs je me rendis donc jusqu’au lieu consacré et déposai en offrande ma carcasse abandonnée de tous les dieux sur la table de dissection dans l’espoir de renouer avec l’allégresse juvénile qui avait fait mon incontestable succès auprès des jeunes filles en uniforme présentes sur le stade de Berlin dès 1936 alors que je n’étais pas encore totalement né.
Tiens, un imitateur approximatif et visiblement peu doué de Bach, me dis-je lorsque j’entendis les premières mesures d’un concerto librement inspiré de Jean-Sébastien. Que nenni, car il s’agissait bel et bien des œuvres du cantor de Leipzig, probablement interprétées – c’est le moins qu’on puisse dire – par une clique de violoneux fermement partisans du diapason fluctuant (il peut, suivant l’inspiration, ou la nécessité de chacun, descendre jusqu’à 415) et visiblement portés (comme l’on dit de certains individus qu’ils seraient portés sur l’alcool) sur l’usage d’instruments que l’on qualifie d’époque, comme les vieux bahuts bouffés aux vers qui font l’attendrissement des collectionneurs de divines cochonneries, sans trop savoir ni même préciser de quelle époque il pourrait bien s’agir, à de coupables fins de pseudo-authenticité. J’imagine que l’inénarrable mais néanmoins célèbre André Rieu lui-même, qui s’efforcerait de rendre moelleux, confortable n’importe quelle pièce pour cordes de Webern, demeure respectueux du diapason à 440, s’y tient et exige de ses musiciens que leurs crincrins soient neufs et en bon état. Car depuis longtemps déjà on fabrique des instruments de musique de grande qualité, comme les pianos sur lesquels Beethoven aurait sans nul doute aimé jouer sa Hammerklavier plutôt que sur les guimbardes «d’époque» pompeusement nommées piano forte ou même clavecin, cet antique engin de torture sonore dont les grelottements de ferrailleur interdisent toute notion de musicalité.
Aujourd’hui que la vitesse sur route est limitée et le contrevenant passible de sanctions, on peut s’étonner que le respect du 440 ne soit pas obligatoire, ce serait tout de même la moindre des choses pour le confort de l’ouïe de l’amateur de musique. J’entends par amateur celui qui aime plutôt que cet autre qui fait ça en passant, comme d’aucuns tapent le carton entre potes tout en regardant une série forcément bouleversante à la télévision.
Mes lombaires et leurs relativement proches voisines cervicales n’en sont toujours pas revenues.


août 2017

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