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Soit dit en passant

Et plutôt deux fois qu'une

22 Août 2020 , Rédigé par Jean-Claude Dorléans

Et plutôt deux fois qu’une

 

 

La plupart des des êtres prétendument humains (encore qu’il n’y ait guère là matière à se réjouir) qui nous côtoient sans qu’il faille le plus souvent s’en glorifier sont sensiblement identiques dans leur conception, au point que les animaux eux-mêmes bénéficient, si l’on peut dire, d’avantages identiques voire seulement semblables dans la majorité des prototypes. Ainsi, l’individu (de genre mâle ou femelle) que l’on croise en se rendant au bistrot le plus proche nous ressemble étrangement. Je dis étrangement parce qu’il existe des similitudes dont on se serait volontiers passé, cela dit sans vouloir me montrer désagréable vis-à-vis de personnes à qui je vais peut-être devoir emprunter de l’argent dans les jours qui viennent. Cette apparence physique peut même, dans des cas particuliers, s’avérer embarrassante. Certes, un certain nombre de caractéristiques ne nous permettent nullement de nous prétendre différent du premier imbécile rencontré dans la rue alors que nous avons plutôt tendance à privilégier l’anonymat. De distingués scientifiques ont observé de fâcheuses ressemblances dans la façon que nous avons tous, plus ou moins certes, d’être équipés de deux bras, deux jambes et d’une tête, généralement fort peu originale. Et si l’on souhaite affiner il nous faudra reconnaître que cette tête est, presque toujours, affublée de deux yeux, d’un nez, d’une bouche et de deux oreilles. Certes certes, il existe des nuances de forme, de couleur, lesquelles peuvent susciter des quolibets, voire de la perfidie lorsque l’incriminé est particulièrement vulnérable. Que n’a-t-on glosé, parfois même ricané, au détriment du porteur d’un appendice nasal quelque peu singulier (certains auteurs populaires ont connu la gloire avec de tels procédés) ou d’oreilles sans doute exagérément voluptueuses. Mais il faut bien reconnaître que, globalement, l’originalité n’est pas de ce monde. Bien sûr, on a vu des excentriques qui se faisaient amputer d’un bras ou d’une jambe à seule fin de se singulariser, mais de telles méthodes ne trompent personne. La normalité serait plutôt la règle commune et ce ne sont pas quelques originaux qui changeront quoi que ce soit au regard que nous portons sur autrui. Car nous avons besoin de cette normalité et les estropiés le plus souvent prêtent à rire. Qu’en est-il de cette originalité que confère le fait d’avoir perdu un œil lors d’une manifestation alors que celle-ci était interdite ? Il en est qui naissent sans membres (voire au singulier), d’autres sans cerveau, ce qui leur permet de dénicher des emplois auxquels ils n’airaient jamais imaginé pouvoir accéder.
La répartition de tel membre ou organe se fait le plus souvent en dépit du bon sens et chacun aime à s’enorgueillir de disposer de l’un ou de l’autre positionné plutôt à droite ou à gauche. On a vu celui-ci se targuer de n’avoir nul cœur, ni à droite ni à gauche tandis que cet autre semblait ne pouvoir admettre qu’il n’en eût point à droite alors nombre de donneurs d’ordre n’en n’ont aucun, et ce en toute légalité. J’en connais un qui s’était fait délester du testicule gauche, puis du rein, gauche également et s’inquiétait quelque peu de l’avis de son oncologue préféré qui lui avait détecté quelque chose de douteux du côté du cœur. Quand la gauche donne des signes de faiblesse il n’existe rien à droite pour vous remonter le moral, disait Jaurès en tournant à gauche rue du Croissant. L’ablation est un art majeur dès lors que l’on sait employer un vocabulaire qui nous distingue du commun tel que néphrectomie pour signifier au patient qu’il ne lui reste plus qu’un seul rein pour profiter de la vie. Il faut néanmoins se réjouir du fait que l’on ait prévu cet organe en double exemplaire, ce qui n’est pas le cas pour cet autre dont on aime à se vanter qu’il fut bien à gauche, tout en déplorant de ne pouvoir ajouter ; et plutôt deux fois qu’une.

20 août 2020

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Et plutôt deux fois qu'une

21 Août 2020 , Rédigé par Jean-Claude Dorléans

La plupart des des êtres prétendument humains (encore qu’il n’y ait guère là matière à se réjouir) qui nous côtoient sans qu’il faille le plus souvent s’en glorifier sont sensiblement identiques dans leur conception, au point que les animaux eux-mêmes bénéficient, si l’on peut dire, d’avantages identiques voire seulement semblables dans la majorité des prototypes. Ainsi, l’individu (de genre mâle ou femelle) que l’on croise en se rendant au bistrot le plus proche nous ressemble étrangement. Je dis étrangement parce qu’il existe des similitudes dont on se serait volontiers passé, cela dit sans vouloir me montrer désagréable vis-à-vis de personnes à qui je vais peut-être devoir emprunter de l’argent dans les jours qui viennent. Cette apparence physique peut même, dans des cas particuliers, s’avérer embarrassante. Certes, un certain nombre de caractéristiques ne nous permettent nullement de nous prétendre différent du premier imbécile rencontré dans la rue alors que nous avons plutôt tendance à privilégier l’anonymat. De distingués scientifiques ont observé de fâcheuses ressemblances dans la façon que nous avons tous, plus ou moins certes, d’être équipés de deux bras, deux jambes et d’une tête, généralement fort peu originale. Et si l’on souhaite affiner il nous faudra reconnaître que cette tête est, presque toujours, affublée de deux yeux, d’un nez, d’une bouche et de deux oreilles. Certes certes, il existe des nuances de forme, de couleur, lesquelles peuvent susciter des quolibets, voire de la perfidie lorsque l’incriminé est particulièrement vulnérable. Que n’a-t-on glosé, parfois même ricané, au détriment du porteur d’un appendice nasal quelque peu singulier (certains auteurs populaires ont connu la gloire avec de tels procédés) ou d’oreilles sans doute exagérément voluptueuses. Mais il faut bien reconnaître que, globalement, l’originalité n’est pas de ce monde. Bien sûr, on a vu des excentriques qui se faisaient amputer d’un bras ou d’une jambe à seule fin de se singulariser, mais de telles méthodes ne trompent personne. La normalité serait plutôt la règle commune et ce ne sont pas quelques originaux qui changeront quoi que ce soit au regard que nous portons sur autrui. Car nous avons besoin de cette normalité et les estropiés le plus souvent prêtent à rire. Qu’en est-il de cette originalité que confère le fait d’avoir perdu un œil lors d’une manifestation alors que celle-ci était interdite ? Il en est qui naissent sans membres (voire au singulier), d’autres sans cerveau, ce qui leur permet de dénicher des emplois auxquels ils n’airaient jamais imaginé pouvoir accéder.
La répartition de tel membre ou organe se fait le plus souvent en dépit du bon sens et chacun aime à s’enorgueillir de disposer de l’un ou de l’autre positionné plutôt à droite ou à gauche. On a vu celui-ci se targuer de n’avoir nul cœur, ni à droite ni à gauche tandis que cet autre semblait ne pouvoir admettre qu’il n’en eût point à droite alors nombre de donneurs d’ordre n’en n’ont aucun, et ce en toute légalité. J’en connais un qui s’était fait délester du testicule gauche, puis du rein, gauche également et s’inquiétait quelque peu de l’avis de son oncologue préféré qui lui avait détecté quelque chose de douteux du côté du cœur. Quand la gauche donne des signes de faiblesse il n’existe rien à droite pour vous remonter le moral, disait Jaurès en tournant à gauche rue du Croissant. L’ablation est un art majeur dès lors que l’on sait employer un vocabulaire qui nous distingue du commun tel que néphrectomie pour signifier au patient qu’il ne lui reste plus qu’un seul rein pour profiter de la vie. Il faut néanmoins se réjouir du fait que l’on ait prévu cet organe en double exemplaire, ce qui n’est pas le cas pour cet autre dont on aime à se vanter qu’il fut bien à gauche, tout en déplorant de ne pouvoir ajouter ; et plutôt deux fois qu’une.

20 août 2020

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De l’importance, relative, du crochet X

3 Août 2020 , Rédigé par Jean-Claude Dorléans

 

 

 

 

Un de mes amis (ils ne sont pas si nombreux qu’il faut savoir leur conserver fidélité) m’ayant confié avoir été victime d’une agression venteuse lui ayant mis bas un tableau installé sur ce mur au-dessus de son bureau depuis déjà un temps certain, il s’interrogea sur l’opportunité qu’il y aurait à le raccrocher à sa place, et plus solidement peut-être. Mais il opta pour son remplacement car il possédait des ressources dans une pièce voisine.  L’œuvre, sortie de sa réserve, par sa présence soudaine et imprévue fit s’établir une connivence qui s’affirma être une évidence. L’autre n’avait plus qu’à gagner la réserve pour y purger son temps de réclusion, dans l’attente d’un autre coup de vent, toujours possible. Le remplaçant, tout fier de lui, déclencha l’admiration de son propriétaire qui l’avait jusque là sans doute un peu oublié. L’amour, quel qu’en soit l’objet, peut bien s’accommoder des coups de foudre et des répudiations, aussi temporaires fussent-elles. L’attrait de la nouveauté vaut toutes les excuses et tout n’est peut-être qu’affaire de circonstances, plus ou moins favorables, sans que viennent s’y greffer de bas motifs financiers qui peuvent parfois influencer la valeur de l’œuvre acquise. L’engouement que génèrent souvent certains produits se revendiquant de l’art comptantpourrrien en fournit de bien savoureux exemples dont il serait probablement prudent d’envisager la dégringolade au plus bas, sans que le vent n’y fût pour quoi que ce soit.

2 août 2020

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