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Soit dit en passant

Interrogation écrite

12 Mars 2016 , Rédigé par JCD

Après avoir fondé il y a peu de temps le groupuscule nommé non sans fierté Les Intolérants je me disais qu’allaient pleuvoir à l’endroit de mon auguste face les crachats filandreux de tous les intègres tolérants qu’outre tant d’insolence et convaincus, plutôt deux fois qu’une, que ce n’est pas bien du tout de pareillement conchier autrui quand eux-mêmes s’imaginent plus bienveillants que la pauvre Térésa, voire sa mère ou sa sœur.
En vérité j’hésite : bien que je ne m’adresse probablement qu’à d’ignobles lâches redoutant de se voir conspués à leur juste tour, à moins qu’ils ne fussent beaucoup plus intolérants qu’ils l’affirment, ce qui serait le comble de l’ignominie sur quoi je m’empresse d’aller vomir au trou profond de la cuvette de porcelaine plus ou moins immaculée ornée d’un portrait très ressemblant de Tenzin Gyatso sur lequel par ailleurs, mais jamais simultanément parce que c’est physiologiquement impossible, je me plais à déféquer les jours de grande allégresse intestinale.
Les tolérants m’ennuient ou m’affligent et à certains moments m’offusquent. Comment peut-on ainsi accepter que vivent ou survivent d’impassibles crétins à deux pas de là où prospèrent d’impavides crapules dont la descendance n’aspire qu’à surpasser ses géniteurs dans l’exercice des saloperies les plus immondes ; comment peut-on consentir à partager l’air vicié qu’empuantissent encore davantage de leurs putrides émissions gazeuses tous ces bavards incontinents dont l’élimination intra-utérine nous eût épargné l’infecte diarrhée verbale, avec ou sans accompagnement mélodique ou prétendu tel ; comment peut-on autoriser, voire encourager la procréation entre individus dont les pères et les mères étaient déjà coupables de les avoir conçus alors qu’existaient depuis lurette le préservatif et l’interruption possiblement accidentelle mais opportune de grossesse ; comment peut-on favoriser la conception, le développement de futurs criminels dont on savait bien assez tôt qu’ils ambitionnaient de devenir architectes dans le seul but de venger par la terreur et dans l’abomination la temporaire défaite du nazisme ; comment peut-on encore, aujourd’hui même, gaspiller quantités d’argent considérables en soins médicaux alors que Monsanto & Bayer and Co ne cessent de faire progrès stupéfiants et profits faramineux ; comment peut-on déclarer que l’on a confiance en la justice de son pays quand ce sont les escrocs les plus performants et leurs complices qui sont à la tête des nations et en dictent les lois ; comment peut-on s’indigner de ce qu’ici ou là on exécute ou massacre femmes et enfants, occasionnellement des hommes, pour le plaisir fugitif et quelque peu mesquin d’atrophiés du bulbe que la corrida ou le safari n’excite plus guère ; comment peut-on péter de bonheur en découvrant le bénéfice record de sa chère entreprise et en décidant conjointement de jeter à la rue trois ou quatre mille de ses esclaves sans qu’aucun de ceux-là ne tente même de lui trancher la tête avec un contentement identique à la satisfaction de l’outrecuidant ; comment peut-on s’attendrir sur le sort de tel artiste contemporain frappé par un cancer généralisé alors que l’on venait de lui proposer de refaire le plafond de la Sixtine ; comment peut-on petit patapon ?
Semblable mutisme ne dissimulerait-il point quelque troublante gêne à se voir démasqué durant l’exercice d’un comportement inavouable au motif extravagant qu’il s’agirait de vie privée dont on trouverait indécent que l’on y vint farfouiller, les couards toujours choisissent de se taire et les hypocrites s’appliquent à bien mentir. Les uns et les autres me sont pareillement intolérables. Et s’ils le sont, n’est-il pas cohérent que je les intolère ?
mars 2016

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Viser bas, c’est viser juste

7 Mars 2016 , Rédigé par JCD


J’ai trouvé ce matin dans mon tabernacle à courrier (j’emprunte l’expression à mon graphomane favori) une missive qui m’était adressée par l’Association pour la préservation des élites nationales – à laquelle j’ai toujours refusé d’appartenir, principalement en raison du fait qu’ils ne me l’ont même pas proposé – missive que je ne saurais conserver par devers moi pour mon seul plaisir, étant moi-même ardent défenseur d’un altruisme débridé lorsque je suis de bonne humeur, ce qui ne m’arrive pas tous les jours. Il est maintenant plus ou moins seize heures, dans une heure il en sera dix-sept, c’est assez dire qu’il est plus que temps pour moi d’en partager avec mes innombrables lecteurs le contenu ô combien édifiant. Celui-ci étant dépourvu de titre je me suis permis d’extorquer à Jean Anouilh cet aphorisme dont la justesse et l’à-propos me semblent convenir à l’exercice.

De très nobles personnes dont la grandeur d’âme irradie d’une beauté sans tache et qu’insulte tel propos tenu par celui-ci, ou celle-là, à l’encontre de Vincent, François, Paul ou les autres, s’offusquent de ce que l’on pût ainsi médire d’autrui. Car se sont là pour elles, belles et nobles personnes, sentiments et attitudes indignes de qui l’on serait en droit d’attendre davantage de mansuétude, et pourquoi pas d’amour désintéressé – tous ne l’étant point car il en est de fort vénaux. Qui se croit riche de presque toutes les vertus écarte avec dédain le moindre mot qui désoblige et s’interdit un tel usage, il n’entend voir chez celui qu’ainsi l’on outrage que louables mérites et n’hésite donc jamais à dénoncer pareille injustice qu’il y aurait à pareillement le couvrir d’opprobre, il s’étonne de semblable acrimonie, s’en offense quand il existe quantité de termes pour dire sa compassion et témoigner de sa sollicitude envers quiconque n’a pas eu la chance de naître beau, riche et paré d’une insolente santé. La bonté serait-elle prohibée lorsqu’il s’agit de l’autre qu’il faille sans cesse lui rabâcher son insoutenable laideur, sa déplorable vêture et sa langue si peu châtiée, sans omettre par ailleurs l’atroce misère qui l’oblige à se nourrir de détritus à peine séparés de l’ordure là où quelque bienheureux nanti les avait fait jeter la veille ou l’avant-veille. Les incriminés ne seraient-ils pas des hommes comme les autres, encore qu’il faille ici se faire préciser qui sont les autres, dès lors qu’ils peuvent être tout à fait et sans vergogne étrangers, voire pis si bougnoules, négros ou niacoués, sans compter que le rom ne soit à exclure qui connut un certain succès l’an passé – et l’on voit par là combien les modes sont passagères, capricieuses et quelque peu discriminantes. Louons donc Vincent, François, Paul et les autres sans perdre toutefois de vue les différences qui nous contraignent à ne point bâfrer de conserve aux célèbres grandes tables puisque la mise, les us et coutumes des uns risqueraient fort d’indisposer ceux-là mêmes dont la naissance peut-être laisse à désirer. Entre gens de bonne compagnie, conchions les grossiers, les incultes, les mufles et goujats que leur ignorance de la belle fraternité conduit à ignorer les pauvres de toutes sortes alors qu’ils sont ô combien nécessaires et renonçons, pour l’instant, à nous soucier du fait qu’ils sont de plus en plus nombreux et parfois un peu envahissants. Rayonnons d’altruisme généreux pour autant que chacun sache clairement quels sont ses devoirs comme ses droits, exhibons sans ostentation excessive nos quartiers de noblesse afin que l’on sût sans ambiguïté aucune qui donne et qui reçoit, osons l’aumône qui comble le déshérité et raffermit notre prospérité. Épargnons-nous la tentation de déchoir en usant d’un vocabulaire qu’il faut savoir abandonner aux ambitieux que leur avidité à grandir et leur impéritie conduisent à s’égarer dans la vulgarité langagière.
mars 2016

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Spécial Dernière

1 Mars 2016 , Rédigé par JCD

Hier, je reçois le blog d’un autre vieillard, sans doute un peu plus âgé que moi mais encore guilleret, lui, qui me propose ainsi qu’à d’autres de croire en dieu – non, là, je suis quelque peu injuste, je voulais juste employer un autre mot, tout aussi démodé et désormais pareillement plein de vide, révolution par exemple. Après un éloge intéressant de Pasteur il entreprend de brosser rapidement le tableau d’une déconfiture désormais mondialisée, comme le reste, et énumère sobrement les divers points sur lesquels les gouvernants au service du seul pouvoir qui compte – et d’ailleurs ne fait que ça, compter – n’ont pas cessé depuis lurette déjà mais plus encore durant ces vingt dernières années de nous conter sornettes. Certes, d’aucuns parmi les plus insultés de cette humanité apathique se sont laissés aller à espérer. Quoi ? Que la merde se mette à sentir bon, comme interrogeait Céline ? Non, mais peut-être un peu que demain on rase gratis, ou qu’en tout cas l’on fît ce que l’on avait promis, à commencer par s’attaquer à la finance, semeuse de mort. Nous ne saurions le leur reprocher, aux espérants, convaincus que la gauche est là pour ça et que ce serait quand même la moindre des choses qu’elle entreprît ce que la droite qui l’avait précédée aux affaires n’avait très logiquement pas même promis. Et ce que virent nos espérants, ce qu’ils vécurent tandis qu’on leur garantissait que ce serait bien pire car les exécutants aspiraient à réformer, conformément aux ordres venus d’en haut, car les ordres viennent toujours d’en haut puisque ceux à qui ces ordres sont destinés sont en bas. Bref, les réformes sont quand même le service minimum à mettre en chantier lorsqu’on se prétend de gauche et que l’on tient les rênes du pouvoir. Las, les socialistes se firent sociaux-démocrates et il ne fallut guère de temps pour que l’on passe de la gauche molle au libéral-fascisme. Certes, c’est spectaculaire et ils sont quelques-uns à n’en être pas encore revenus. Peut-être que la goutte d’eau qui fit déborder la vase fut-elle symbolisée par la réécriture du code du travail, car là ils y allaient un peu fort. Ce n’était plus promesses non tenues et mensonges mais carrément l’entrée officielle du patronat au gouvernement et la destruction pure et simple de ces fameux acquis sociaux gagnés contre la droite par le Front populaire en 36 et le Conseil national de la Résistance en 1943. C’était remplacer Jaurès par Gattaz.
Bien sûr on ira de moins en moins voter puisque, à force de toujours voter contre on finit par se lasser de voir l’heureux élu grimper sur le trône avec moins de trente pour cent des suffrages exprimés. L’abstention enfle davantage à chaque scrutin mais quoi, l’important n’est-il pas d’être élu ? Il est des questions que l’on écarte d’un revers du coude. La démocratie, quoi la démocratie ? Toutes les apparences ne sont-elles pas présentes, et bien visibles ? Certes certes, l’édifice se lézarde, le navire prend l’eau mais qu’est-ce qu’on s’en fout dès lors qu’on garde le job, d’autant qu’il est bien payé le job et que le cumul des mandats n’est toujours pas interdit. Et puis, il est toujours possible de se retrancher derrière l’Europe, qui décide ceci ou cela et qui, en quelque sorte, déresponsabilise l’exécutant des basses œuvres. À Davos, les grands patrons du monde (ils représentaient 1346 entreprises) ont promis 37% de destructions d’emplois d’ici 2020. Ils sont tout à fait capables de tenir leurs engagements, et ce n’est que dans quatre ans. ça s’arrose ! Les droits de l’homme passent toujours après les droits des patrons. Des surhommes en quelque sorte.
Parce qu’il ne faudrait tout de même pas se faire trop d’illusions, les rêveurs. Un emploi, ils en auront toujours un, ceux-là qui décident de ceci ou cela, et puis, dans le pire des cas, ils en ont mis à gauche. Les paradis fiscaux ce n’est pas fait pour les chiens, pour quelle raison croyez-vous que nos intouchables ne se soient pas vraiment hâté de faire le ménage qui, pourtant, remplirait gentiment les caisses de l’État. J’admets qu’ici ou là existent des tentatives pour se prendre en main mais ne nous leurrons pas trop, vivre dans une yourte ou dans les bois est interdit par la loi, et avec l’état d’urgence en main on décide de tolérer ou non, il n’est que de voir comment se passent les choses à Calais. Les surhommes dont il était question plus haut possèdent tout, y compris la force armée, et ils n’hésiteront pas à s’en servir, ils l’ont déjà fait.
Nous les avons laissés grossir, grossir, ils ont tout, et nous rien. Il faut se résigner les copains, c’est fini.
mars 2016

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L’éthique d’abord !

1 Mars 2016 , Rédigé par JCD

Tel membre du gouvernement que l’on dit de gauche décide d’adapter le code du travail aux exigences du patronat, intolérable ! s’écrient les futurs chômeurs. Près de trois mille morts durant les deux premiers mois de l’année, c’est le nombre de migrants qui ont échoué dans leur tentative de vouloir vivre hors du pays en guerre où ils sont nés, intolérable ! se lamentent les associations humanitaires. L’œuvre d’un street-artist détruite par la brigade anti-tags de la municipalité qui en avait passé commande, intolérable ! s’indignent les ardents défenseurs de l’art contemporain. Du glyphosate de Monsanto découvert dans les tampons et serviettes hygiéniques, intolérable ! se révolte l’association des femmes battues. On a même vu un chanteur de variétés français menacer les parturientes d’une maternité célèbre de donner un récital gratuitement tandis que l’obstétricien procèderait à l’interruption volontaire de grossesse, intolérable ! se sont exclamées, outrées, les groupies de Christine Boutin.
Heureusement pour la préservation de la paix dans le monde, tout ce que l’on déclare intolérable ne l’est guère. Que momentanément dans le meilleur des cas. On oublie et l’on passe à autre chose, ce n’est pas la matière qui fait défaut. Et puis, quiconque proclame plus ou moins véhémentement que tel ou tel fait est intolérable s’offusquera dans la minute qui suit de ce que nous manquions tous, et ô combien, de la moindre tolérance, qu’il conviendrait que nous admettions l’opinion et le comportement d’autrui qui, après tout, n’est pas davantage méprisable, voire condamnable, que celui dont d’autres, voire les mêmes cinq minutes plus tôt, disaient pis que pendre et vouaient aux gémonies, ou vénéraient comme Bible ou Coran. C’est que la tolérance – dont le sinistre Claudel disait qu’il existe des maisons pour ça, alors que Marthe Richard les fit fermer [bien qu’elles fussent déjà closes] étant donné qu’elle-même s’adonna à la volupté de la prostitution et qu’avec l’âge elle redoutait la concurrence – la tolérance disais-je donc est un noble sentiment, une attitude magnanime, ouverte et bienveillante, et qu’il n’est d’être humain plus méprisable que l’ignoble individu se complaisant dans l’abjecte intolérance. Où va-t-on dans de telles conditions, dès lors que l’on refuse d’entendre l’avis ou l’opinion du voisin qui n’est pas nécessairement plus bête que soi et qui, après tout, doit être en mesure de jouir, lui aussi, du droit de vivre, de penser – si tant est qu’il pense – et de parler, y compris pour énoncer des âneries totalement affligeantes qui pourraient s’avérer ultérieurement pas aussi stupides qu’on l’avait de prime abord cru. Quoiqu’il faille sur ce point relativiser. Somme toute, l’appréciation plutôt défavorable dont fut victime Hitler de la part de collègues étrangers – tous n’étaient d’ailleurs pas franchement opposés à ses conceptions européanistes – ne fut-elle pas largement compensée par l’adhésion enthousiaste de ses si proches compatriotes ? Et n’en va-t-il pas de même pour ce qui concerne la plupart des hommes de pouvoir dont les choix économico-politiques peuvent déplaire à, ou seulement contrarier, une partie de leurs sujets, voire ceux de contrées certes voisines mais néanmoins violemment xénophobes ? L’intolérance n’est-elle pas l’affirmation d’une pensée que l’intolérant souhaite partager avec tous et que pour ce faire il devra imposer, y compris à quiconque oppose un avis différent ? Nous nous sommes longtemps imaginé que l’éducation en milieu scolaire ne pouvait aboutir qu’au moyen de récompenses et de punitions : les bons points ou le bonnet d’âne. Les Britanniques nous ont démontré l’absolue nécessité de véritables châtiments corporels, ainsi l’élève apprend et l’instituteur jouit. Il est maintenant temps d’évoluer et d’opter pour la méthode américaine, avec ses outils propres, les armes à feu, débouchant sur une sélection radicale et sans ambiguïté.
En revanche, la tolérance demeure la porte ouverte à tous les abus, à tous les excès, dès lors que toute option est acceptable et que l’on prétend faire preuve de compréhension, d’indulgence. Force nous est hélas de le constater dans notre actuelle monarchie où d’hypocrites serviteurs de la finance réussissent à se faire élire sur d’audacieux projets qu’ils n’envisagent nullement de mener à terme. On voit très vite s’installer l’incohérence, l’absence de ligne directrice qui autorise toutes les dérives, y compris les plus contradictoires, c’est la chienlit aurait déclaré de Gaulle, ou l’un des Compagnons de la chanson. La tolérance c’est l’erreur admise, aussi infime fut-elle, dans la réalisation d’un produit par rapport au cahier des charges. C’est assez dire combien de la tolérance accouche une société malsaine qu’il convient de combattre dès la naissance. Pour vaincre la mollesse des indécis aussi bien que la dangerosité des individus dont les choix sont douteux, quand ils ne sont pas néfastes, il me semble sain de créer un groupuscule dont l’intitulé affirmera clairement l’éthique : Les Intolérants.
La rigueur des critères d’entrée est telle que je n’ai pour l’instant accepté personne d’autre que moi. C’est fort dommage, je l’admets, mais l’intégrité est à ce prix.
mars 2016

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