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Soit dit en passant

Y’en a plus pour longtemps, qu’il disait

12 Mai 2019 , Rédigé par Jean-Claude Dorléans


Qui ça il ? vous interrogez-vous alors même que vous turlupine, peut-être mais même pas sûr, l’angoissante question de savoir pour qui voter aux prochaines pantalonnades européennes. C’est qu’il y a une belle brochette de menteurs professionnels puisque député européen c’est quoi qu’on en dise un boulot comme un autre et qu’il faut savoir ne pas faire le difficile lorsqu’on veut changer de bagnole ou d’appartement.
Qui ça il ? Pierre Fournier, il se nommait, né en 1937 et mort en 1973, ce qui peut signifier que la vie n’est probablement pas la même pour tout le monde, et ce n’est certainement pas Pierre Gattaz qui me contredira.
Oui, d’accord, mais qui c’était-y donc que ce Pierre Fournier me tarabusterez-vous afin d’en savoir davantage sur ce bonhomme dont personne ou presque n’a jamais entendu parler, à l’exception toutefois d’une poignée de soixante-huitards grisonnants sur le point de rendre l’âme à leur tour.
Mais encore ? s’acharnent-ils sans vergogne. Un dessinateur, comme il en existe des centaines, sorti des Arts Déco dont les dessins n’intéressent personne jusqu’au jour où il est reçu à Hara-Kiri. Rapidement les mots s’incrustent et gagnent du terrain tandis que la France qui ne recule jamais devant le progrès se lance dans la construction de la centrale nucléaire de Bugey. Le dessinateur devient militant actif. La Gueule Ouverte naît en novembre 72 et quatre mois plus tard Pierre Fournier meurt. C’est assez succinct, n’est-ce pas, mais ne nous avait-il pas prévenus ? Y’en a plus pour longtemps !
À cette différence près toutefois qu’il ne parlait pas que pour lui mais pour nous tous, y compris les générations suivantes. Le réchauffement climatique et la fonte des glaciers, des milliers d’espèces qui ont déjà disparu de manière définitive, l’eau potable qui commence à manquer, y’en a plus pour longtemps…
Le cancer fait des progrès remarquables et le sida n’est pas un échec total, le gang des laboratoires pharmaceutiques travaille d’arrache-pied et tout n’est peut-être pas perdu. Pour eux. Il va bien falloir en finir, non ? Va savoir qui gagnera la prochaine coupe du monde …

12 mai 2019

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Vous connaissez Dupont ?

11 Mai 2019 , Rédigé par Jean-Claude Dorléans

Dupont avec un t ou dupond avec un d, me rétorquerez-vous, interrogatif. Comme si la consonne finale avait la moindre importance, ne dit-on pas Dupon dans tous les cas de figure et quand bien même il n’y aurait ni t ni d – je viens d’en faire l’éclatante démonstration. Mais optons pour le t puisque nous approchons des dix-sept heures, vers dix-huit heures je passe au beaujolais blanc ou au whisky, c’est une question d’humeur, ou de circonstances, l’humeur pouvant varier selon les circonstances, si par exemple quelque importun s’en est venu l’instant d’avant me contrarier en me proposant l’intégrale de Michel Sardou pour quatre euros dix frais d’expédition offerts. J’ai évidemment refusé mais peut-être auriez-vous accepté avec empressement, c’est que, voyez-vous, je suis particulièrement incorruptible.
Vous me direz, à juste titre, que des Dupon avec un t ou un d il y en a probablement des quantités, aussi allons-nous affiner. Dupont avec un t dont le prénom serait Gabriel, ça ne vous dit rien ? Eh bien moi non plus je n’en avais jamais entendu parler jusqu’à ce que je tombe sur cet articulet annonçant la parution d’un album intitulé Complete Symphonic Works. Car, vous l’aurez deviné, Gabriel Dupont est un compositeur de musique dont j’ai alors appris qu’il avait été emporté par la tuberculose le premier jour du mois d’août 1914 à l’âge tout à fait respectable de 36 ans. Alors que David Guetta non, qui n’est d’ailleurs pas compositeur de musique.
Trois œuvres du compositeur sont ici interprétées par l’Orchestre Philharmonique Royal de Liège sous la direction de Patrick Davin : Les heures dolentes, Jour d’été, Le Chant de la Destinée. On ne peut naturellement s’empêcher de penser à Claude Debussy, Emmanuel Chabrier ou même Richard Strauss, bien que l’inspiration de Dupont soit davantage mélancolique, voire impressionniste, que celle du génial compositeur de Mort et Transfiguration notamment ou même Une vie de héros.
Des quatre opéras que composa Gabriel Dupont nous n’en  connaissons aucun, en revanche ses pièces pour piano ont été gravées par Marie-Catherine Girod et par Severin von Eckardstein. On lui doit également quelques mélodies sur des poèmes de Verlaine, Richepin, Rimbaud ou Rodenbach qu’interprète Florence Katz accompagnée par Marie-Catherine Girod.
La découverte d’un compositeur français mérite que l’on s’y intéresse, quand bien même sa personnalité musicale ne saurait inquiéter les Berlioz, Ravel et Debussy mais il n’en reste pas moins vrai que Gabriel Dupont portait avec élégance le chapeau, ce qui n’est pas donné à tout le monde.

11 mai 2019

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De l’inutilité

8 Mai 2019 , Rédigé par Jean-Claude Dorléans

L’homme – entendez l’être humain car l’heure n’est pas à susciter des controverses à propos du sexe des anges ou supposés tel(le)s, l’homme donc disais-je avant que d’être interrompu goujatement, l’homme (il insiste, remarqueront les plus pugnaces – nous ignorons si le terme est masculin ou féminin en dépit de sa terminaison qui pourrait laisser penser…) met depuis longtemps déjà un gros point d’honneur à faire savoir et reconnaître combien tout ce qu’il entreprend de commettre jouit du privilège d’être utile. Et il en tire une satisfaction considérable au nom notamment de son altruisme admirable de lapin (le féminin, ici probablement, pourrait me valoir quelque accusation de sexisme alors qu’il n’en est rien). Car l’homme, voyez-vous, à l’exception des artistes ou prétendus tels, écrivains ou compositeurs de musique qui se complaisent, comme chacun sait, à fabriquer de l’inutile dont nul n’est jamais parvenu – en dehors de quelques-uns que précisément parvenus ils sont – à déterminer en quoi l’étron multicolore de trente-trois tonnes déposé dans les jardins du Petit Palais présente quelque utilité pour qui que ce fût, hormis pour son auteur évidemment.
L’important paragraphe concernant les créateurs d’art contemporain étant clos nous pouvons désormais nous inquiéter de savoir à quel usage est destiné tout ce que produit l’homme (voir plus haut) à seule fin de ne point demeurer inactif et silencieux en attendant la mort. Car il faut durant tout ce temps nourrir ce bougre et en 2050 nous devrions atteindre le chiffre de dix milliards de bouches à remplir (en comptant bien sûr les Juifs et les Arabes). Il serait donc plus que sage d’aborder de front la question aujourd’hui essentielle de l’euthanazie préventive puisque 2050 c’est dans une trentaine d’années et qu’il n’y a donc pas de temps à perdre.
Sachant qu’il se trouvera certainement de vertueux humanistes pour s’indigner du choix de la méthode permettant de déterminer, de manière certes quelque peu empirique puisque les critères en sont encore à préciser, qui reste et qui dégage.
Dès lors que nous avons renoncé à l’anthropophagie qui est pourtant par excellence l’art d’accommoder les restes et d’éviter l'indécent gaspillage que les penseurs de ce vingt et unième siècle ne cessent de vilipender, nous devons faire preuve de pragmatisme.

D’aucuns regretteront certainement l’abandon un peu lâche du cannibalisme quand de sveltes adolescent(e)s, voire de tendres nourrissons, eussent satisfait les appétits les plus aiguisés en même temps que ce procédé mettait un terme à la reproduction anarchique d’une espèce pourtant appelée à tôt ou tard disparaître. D’autant que la chair des vieillards est naturellement coriace quand elle n’est pas confite par la médecine du grand laboratoire pharmaceutique international.
Non, nous devons nous montrer intransigeants quant à la qualité de ce que ingérerons peut-être et rejeter sans trop d’états d’âme les succédanés et autres ersatz pour consacrer nos efforts sur le but à atteindre. Commençons donc par nous débarrasser de la plupart de ces arrogants, prétentieux et vaniteux de tout poil qui nous polluent l’existence, enchaînons avec les imbéciles et les crétins qui n’ont que le tort d’être ce qu’ils sont et nous y verrons plus clair.
Puis, si vous êtes toujours là, passez me voir et nous déboucherons une bouteille.
Afin d’arroser ça !


8 mai 2019

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