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Soit dit en passant

Bonnes vacances Monsieur Hulot !

28 Août 2018 , Rédigé par jcd


Vous avez bien mérité de la patrie. Mais, franchement, avec la moustache vous étiez bien plus rigolo chez Tati. Si vous passez par Notre Dame des Landes, donnez-leur le bonjour et demandez-leur de la pommade, ça peut soulager, surtout en vélo. Vous avez un comique irrésistible, on ne s’en lasse pas. Vous si, peut-être un peu. C’est-à-dire que c’est un peu répétitif, toujours les mêmes gags. Et puis ça ne paye pas aussi bien qu’on le dit, c’est très surfait le cinéma. Peut-être vous faudra-t-il vous reconvertir, une petite émission à la télévision, ça peut marcher. Ou dans le bio, il y a des débouchés maintenant que vous avez éliminé Monsanto !
Pour le cas où vous passeriez chez les peigne-culs de bas-alpins renseignez-vous sur Iter, il y a sûrement du pognon à prendre. Enedis vous filera certainement un coup de main, entre faux-culs il faut se serrer les coudes. Allez, bonne bourre !

Pierre Grattaz, ancien ministre de l’écologie
28 août 2018

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Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages, disait Michel Audiard

19 Août 2018 , Rédigé par jcd

Je me suis laissé dire qu’un groupuscule (laissez-moi rire, en vérité ils ne seraient que deux) aurait formé le projet de débarrasser la France d’une quantité, encore imprécise, d’hommes politiques dont on sait combien ils sont intègres et dévoués à leur pays, c’est du moins ce qu’ils affirment eux-mêmes. Or, il se trouve que ce pays est une démocratie et que ces hommes, politiques, ont été élus avec le soutien d’une immmmmense majorité de nos concitoyens que nous ne saurions impunément priver de cette opportunité qui leur est offerte de s’épanouir dans la plénitude d’une allégresse commune et dans le souci d’offrir à toutes et à tous une société tout entière tournée vers la réussite. Il est pour le moins facile de dénigrer quiconque décide de prendre en charge le destin d’une nation et de sa population. Des intérêts particuliers peuvent parfois pousser la collectivité vers des situations dont elle n’aura qu’à souffrir, souvenons-nous de l’union soviétique qui s’était fixée pour objectif de rendre tous les hommes, et toutes les femmes, impitoyablement heureux afin qu’ils oublient le nazisme auquel ils avaient échappé. Fort heureusement, d’authentiques altruistes eurent l’idée géniale du capitalisme que d’ingénieux réformateurs transformèrent, avec à-propos pour le bien de tous ou presque, en cette vertigineuse béatitude que propose l’ultra-libéralisme grâce à quoi – mais ne devrions point plutôt dire grâce à qui – l’humanité, dans toute sa belle et émouvante diversité, s’est mise en marche vers le bonheur qui lui tend les bras.
Méfions-nous donc de ces pessimistes qui ne veulent voir que le côté négatif des idées humanitaires et sachons nous ouvrir aux initiatives ce ces constructeurs inspirés soucieux de notre avenir Ha ha ha ha ha ha ha !

19 août 2018

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La grande désillusion

18 Août 2018 , Rédigé par jcd

 

Non, il n’est pas trop tard, sauvons des optimistes ! Vous en connaissez probablement, aidez-les à survivre car ils peuvent nous être utiles en cas d’invasion par les petits hommes vertes, en échange de nourriture et de quelques cartons de Laphroaig ou Bowmore. Certes certes, il s’agit d’un combat d’arrière-garde alors même qu’ils sont nombreux à avoir succombé mais tout n’est pas pour autant perdu d’avance. L’optimiste de type courant est plus répandu qu’on ne le croit généralement, il s’entête dans ces folles espérances et peut en contaminer quantité d’autres qui sont, quelquefois, lucides mais vulnérables. L’optimiste ordinaire n’est pas foncièrement mauvais mais il est néanmoins des plus dangereux. Naturellement, tant qu’il demeure dans son groupe il n’est pas foncièrement nocif mais il risque néanmoins de pervertir des sujets instables, hésitants dont l’équilibre menace de se rompre sous l’influence de spécimens précisément radicaux. Car l’optimiste peut devenir radical et lorsque, tout à coup, survient la désillusion qui sera, dans la plupart des cas, fatale, ses certitudes tournent à l’obsession, à la foi. Lorsque la désillusion s’installe, la déprime n’est pas loin et la dépression va suivre. Parce que se retrouver brutalement confronté à la réalité des horreurs en cours et à venir n’est évidemment pas sans danger. On a vu des cas où le sujet, tellement impuissant face à ces brutales révélations, sombrait et, tandis que son entourage ne parlait que d’ataraxie, ceux-là basculaient dans la désespérance pour finir par le suicide. Ce qui, qu’on le veuille ou non, est fort dommage et pouvait être évité.
Bien entendu, la rééducation n’est pas aisée pour peu que l’optimiste cultive cette tare depuis de nombreuses années au point de déclarer, en public et avec conviction : ça va passer, ça ira mieux demain, alors que le gaz toxique est en train de se répandre, se riant des frontières, fussent-elles plus théoriques que réelles. Je prends là un exemple que l’on qualifiera volontiers d’extrême puisque nous savons tous que de tels faits ne peuvent évidemment  pas se produire. Sauf exceptionnellement, bien sûr. Toutefois, il existe des optimistes d’un modèle tout à fait inhumain qui persistent à penser que sans ces foutus pessimistes l’existence serait vraiment paradisiaque et que la sagesse serait de s’en débarrasser avant qu’ils ne nous portent la poisse puisque leur pouvoir de nuisance est tel qu’il est certainement responsable des catastrophes d’Hiroshima et Nagasaki, sans parler du sida et de Cyril Hanouna. D’aucuns, des intégristes sans nul doute, soutiennent que sans ces défaitistes la deuxième guerre mondiale  n’aurait même pas existé, le Nutella et Michel Sardou pas davantage. Ce qui reste à prouver.
En outre l’optimiste convaincu peut se reproduire et les sujets qu’il n’hésitera pas à mettre bas ne seront sans doute pas plus clairvoyants que leurs géniteurs et peuvent, par un phénomène d’accumulation, renchérir sur les croyances selon lesquelles ils ont été élevés. C’est pourquoi nous recommandons d’isoler l’optimiste dans un souci de prévention et de sauvegarde des individus sains et réalistes. De prétendus humanistes, qui revendiquent un pragmatisme confiant affirment, à l’encontre de toute logique, que l’être humain est naturellement bon et solidaire alors même que l’état actuel de la planète démontre le contraire. Tenter d’éveiller la conscience de l’optimiste n’est pas une mince besogne et peu nombreux sont ceux qui y parviennent, au risque de détériorer leur propre équilibre mental à leur contact, il conviendrait certainement d’intensifier les cures de désintoxication des victimes encore récupérables mais la tâche sera rude et les chances de réussite bien peu nombreuses. D’où la tentation de quelques-uns d’entre nous de privilégier l’extermination pure et simple, la mort dans l’âme bien entendu mais il arrive que nous soyons conduits à assumer nos responsabilités, y compris parfois dans les situations les plus dramatiques. Car vivre n’est pas qu’une partie de plaisir et ne craignons point les contradictions.

18 août 2018

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D’aucuns soutiennent que le 14 août ne saurait valoir le 14 juillet, c’est à voir !

16 Août 2018 , Rédigé par jcd

 

 

 

 

Ce matin, à six heures, c’est le froid qui m’a réveillé. C’était délicieux. Et ce le fut encore bien davantage lorsque j’eu tiré la couette de mes pieds vers mon menton. En règle générale on n’imagine sans doute pas le bonheur que l’on peut éprouver simplement en ayant froid et en étant en mesure d’y remédier aussi banalement qu’en étendant le bras en direction de ses propres pieds pour y récupérer un morceau de tissu molletonné et en couvrir son corps nu. On peut, accessoirement, se représenter le désarroi de celui-là qui, couché sous l’arche de n’importe quel pont (fut-ce celui de l’Alma qui lui permet de vérifier la montée des eaux en période de crue) apprécierait énormément de pouvoir remonter jusqu’à son nez gelé la mince couverture qu’il a empruntée un beau jour à un collègue découvert mort de froid devant la porte fermée d’un commissariat.
On déduira tout et son contraire de cette anecdote qui m’amuse énormément lorsque je suis de bonne humeur et ai le cœur à rire alors qu’il n’y a vraiment pas de quoi puisque rire du malheur des autres n’est pas très charitable mais si l’on s’arrêtait à ce genre de considérations la vie serait vite impossible pour certaines couches de la population qui ne savent pas rire de tout.
C’est le cas de Denise Berthiaud dont le mari est mort le mois dernier d’un cancer généralisé et ne rit jamais lorsqu’on lui raconte l’histoire de Raoul qui s’est jeté sous l’express de 18 h 47pour Niort afin de ne pas souffrir inutilement lorsque les Turcs envahiront le pays et zigouilleront tous les Raoul, sous prétexte que c’est un prénom qui porte malheur. Et c’est vrai que… Mais il ne faut pas dramatiser, il n’y a pas que les Raoul qui vont y passer  quand les Turcs entreront dans Chambéry, les Denise ont aussi bien du souci à se faire.
Denise Berthiaud n’a aucun sens de l’humour. Mais la plupart des Turcs non plus, il n’est que d’écouter et de voir leur président pour s’en convaincre. Il aurait tout à fait pu opter pour les États-Unis, nul ne se serait aperçu du subterfuge et les Syriens eux-mêmes n’y auraient vu que du feu, énormément. Mais si vous cryez que c’est mieux ailleurs apprêtez-vous à être déçus !
Néanmoins tout cela ne nous éloignerait-il pas quelque peu de Denise et de l’amer constat que je fis matutinalement tandis que vous vous prépariez à exterminer votre moitié afin qu’elle ne souffrit plus désormais. Il importe de ne point faire de confusion entre les deux moitiés qui vous concernent puisque la seconde c’est vous. Ou la première si vous préférez conserver la suprématie et être déclaré vainqueur dans ce conflit. Nous en avons trop vus qui se posaient la question alors qu’il ne s’agit surtout pas de tergiverser, le risque est grand de se tromper de moitié (observons combien la moitié d’une pomme et la moitié d’une poire peuvent être différentes) et vous pourriez le regretter. Toutefois, vous remarquerez certainement combien les cerveaux les mieux faits n’hésitent que fort rarement à changer de sujet, à sauter du coq à l’âne, ce qui n’est pas aisé puisque le coq va parfois s’exhiber au sommet d’une église alors que l’âne demeure à l’intérieur où il attend qu’on lui donne la becquée lorsque le cureton aura fini de boire son gorgeon – j’en vois qui s’inquiètent, voire s’indignent de constater que je digresse une fois de plus. C’est pour mieux t’instruire, mon petit, afin de permettre à ton pauvre encéphale de comprendre pourquoi le train qui part à 21 h 34 de Périgueux n’atteindra jamais la gare de Roquefort-la- Bédoule  à l’heure prévue en raison de la grève inopinée de ces privilégiés de cheminots qui n’en font qu’à leur tête et que les billets sont remboursables si tu peux prouver la collusion manifeste entre le chef aiguilleur de Villeneuve-Triage et le contrôleur circulant à bord du TGV 8536 en direction de Plougastel-Daoulas – je ne sais pas si vous connaissez Plougastel-Daoulas ? – tous deux affiliés à Sud Rail. On voit par là, si la lumière est allumée, Qu’il ne faut sous aucun prétexte se pencher à la fenêtre-nicht hinauslehnen-è pricoloso sporgersi ! Est-ce que ça ne vous rappelle pas d’émouvants souvenirs, non ?

14 août 2018

 

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… voici des roses blanches, toi qui les aime tant…

15 Août 2018 , Rédigé par jcd


Bambino, souillant ses couches dans la plus jouissive béatitude, je prévoyais pourtant déjà que la vie, donc la mienne principalement et même essentiellement, ne serait sans doute pas ce que d’honnêtes gens puisqu’ils furent mes parents tentaient de me faire croire avec des gouzi-gouzis sur le bidon. Je pressentais différentes sortes de torgnioles qu’un avenir encore incertain confirma avec plus ou moins d’ingéniosité. De fins psychologues – chacun fait ce qu’il peut pour s’occuper – déclarèrent sans vergogne que j’allais être rapidement l’un de ces foutus pessimistes qui rendent l’existence impossible au plus obstiné des imbéciles sans qu’il faille y voir une insolente prédisposition à gâcher une assez ordinaire soirée dédiée à la dégustation des rutabagas. Certes, j’admets volontiers l’apparition fortuite de quelques instants de félicité durant lesquels le maréchal et ses collègues de la Vermacht ne parvinrent même pas à saboter les prédictions prudemment rassurantes de Geneviève Tabouis. La chasse au Juif s’organisait et les résultats dépassèrent de loin les pronostics les plus optimistes. Pierre Desproges dut attendre encore de longues années avant de pouvoir déclamer dans un fracas de consternation son fameux On me dit que des Juifs se sont glissés dans la salle, qu’il sut tempérer d’un inénarrable Vous pouvez rester, permettant aux meilleurs d’entre nous de pousser enfin un soupir de satisfaction car nous ne sommes pas d’ignobles antisémites mais il importe néanmoins de deviner au préalable qui va gagner. Pure stratégie que l’on qualifia un peu plus tard d’électorale. Comme n’importe quel crétin travaillé dès son réveil par le souci de se rendre utile, fut-ce a minima, à l’impressionnante congrégation des opportunistes bafouillant leurs convictions à géométrie variable grâce à quoi on a toujours une chance d’avoir raison, je me lève chaque matin et absorbe une quantité de nourriture et de liquide censés me permettre d’atteindre l’heure du déjeuner sans devoir faire appel à la clope pour refouler l’irrépressible habitude de manger. Depuis toujours en somme ce processus m’habite et que l’on ne vienne pas me sortir je ne sais quel argument de taille plus que respectable au nom de quoi on devrait s’interdire de parler la bouche pleine, ce serait nier la fonction du borborygme qui est quand même ce que l’on a inventé de plus performant pour ne rien dire sans risquer de prendre position, alors qu’il en existe de multiples quantités dont celle dite du missionnaire fait toujours recette puisqu’il suffit pour cela de se coucher, sur le dos de préférence, et d’attendre. La position dite de la sodomie passive tend à gagner en popularité auprès d’adeptes qui aiment à consentir, sans doute parce que l’actif est derrière et ne se dissimule guère, dès lors que la loi est de son côté tandis que nous l’avons toujours dans le dos. Leur nombre (celui des sodomites passifs) ne cesse de croître et ils semblent ne s’apercevoir de rien pourvu que l’équipe la meilleure gagne, c’est d’ailleurs pour cette raison qu’on la dit la meilleure. Il arrive parfois que sourde une certaine gène, notamment lorsque l’estomac s’avère encombré de flatuosités importantes voire davantage. On observe alors que le vent forcit et qu’il faut hisser la grand voile, qu’un gros grain se prépare et que le moussaillon doit s’attendre au pire puisque la traversée sera longue et les escales peu nombreuses. Hemingway, ou un autre, soutenait qu’il existerait une femme dans chaque port alors que d’autres, aujourd’hui, déclarent qu’il y a un porc dans chaque homme. On voit le paradoxe mais allez donc savoir qui a raison.
J’ai depuis lors rencontré le père de ma fille qui est fort vraisemblablement beaucoup moins détestable qu’on ne le prétend. C’est un individu qui peut paraître charmant lorsqu’il n’est pas ivre-mort. Quelques-uns soutiennent qu’il est un bon peintre ajoutant toutefois qu’il faut le voir pour le croire, d’autres qui ont déjà d’énormes difficultés à se soutenir eux-mêmes le sacrent volontiers poète et voient en lui le Rimbaud ou le Teilhard de Chardin du vingt et unième siècle, un postulat probablement excessif puisqu’ils n’ont jamais rien lu de Rimbaud, quant à l’autre je ne m’y fierais pas, avec un nom pareil.
Voilà donc une journée, un dimanche de surcroît, qui sent déjà bon l’ennui, pour peu qu’il pleuve et qu’il me faille sortir pour acheter cinq cents mètres de fil de fer barbelé afin que les choses soient claires entre mon voisin et moi, qui n’est pas plus juif qu’un autre mais on devine ces jours-ci qu’il y a quelque chose dans l’air, il suffit de voir Laval à la télévision. Et on a beau me dire que tout ça c’est du passé dont il faut faire table rase, à quoi je rétorque : oui mais qu’est-ce qu’on mange ?

12 août 2018

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Encore un drame épouvantable dans les Basses Alpes !

14 Août 2018 , Rédigé par jcd

J’ai décidé d’entreprendre ce textaillon, que les plus courtois nomment broutille, le 3 août 2018 à la suite de l’orage dont nous fûmes victimes ce vendredi en qualité d’autochtones ayant choisi de résider à une portée d’arbalète du petit village de Sigonce, autant dire sur le territoire du trou du cul du monde, néanmoins visité quasi quotidiennement par un facteur venant porter aux barbares les nouvelles palpitantes qui enchantent le reste de la planète tout entière tournée vers un progrès tel que des élites autoproclamées ont décidé qu’il devait être, pour le bien de quelques-uns. Ce soir du vendredi 3 août un violent orage nous laissa dans l’obscurité la plus totale, nus et pauvres pour ne pas dire idiots puisque brutalement amputés de tout moyen de communication avec les vivants. Ni radio, ni télévision, ce que d’aucuns pourraient considérer comme une bénédiction naturellement divine, mais également privés de téléphone et d’Internet, punition dont on laisse entendre qu’elle pourrait laisser présager le début d’une troisième guerre mondiale, avec les conséquences que chacun peut imaginer sans même être abonné à Paris-Match. Dès le lendemain matin une équipe envoyée par Enedis, le vaillant fleuron de l’électricité nucléaire, entreprit de résoudre rapidement le problème posé par ces quelques coups de tonnerre sans que Brest  ni même ce très joli terroir vinicole de Bourgogne n’y fussent pour rien. À dix-sept heures, comme promis par le groupuscule d’intervenants et leurs trois camions dont une grue, la lumière fut. Restait à faire le bilan au terme de ces quelques vingt-cinq heures d’amputation énergétique : bectance antérieurement surgelée plus ou moins rendue à l’état liquide au cœur douillet des congélateurs et autres réfrigérateurs à peine frais, ampoules électriques à basse consommation ne consommant strictement plus rien et, horreur des horreurs, ordinateurs et téléphones sans fil inutilisables pour cause de destruction des fameuses Livebox sans lesquelles un président de n’importe quelle république française peut bien crever sans que nous n’en fussions informés et derechef plongés dans la douleur et l’affliction. Sollicitation immédiate (par voie de téléphone portable sans lequel notre avenir est compromis, voire promis à l’échec, ce qui de toutes façons mais ce n’est pas le sujet) de l’entreprise Orange qui promet l’envoi de Livebox de remplacement disponibles dès le mardi suivant dans l’après-midi au pressing du bourg le plus proche. Mis en place avec détermination et savoir-faire, le matériel flambant neuf, tout juste sorti de son emballage imputrescible, ne fonctionne évidemment pas. Le pragmatisme est une rude école de la patience qui encourage à rappeler Orange, le fournisseur dudit matériel. L’attente est prévue pour plus de neuf minutes auxquelles il convient d’ajouter neuf autres minutes après que la communication fut interrompue. Finalement, un technicien consent à venir entendre d’une oreille probablement un peu lasse nos récriminations néanmoins polies. L’homme se renseigne et nous apprenons que c’est en fait la ligne elle-même qui pose problème en raison de travaux récents peut-être incomplètement effectués. L’homme se renseigne à nouveau et nous révèle qu’un technicien se rendra sur place le lundi 13 dans la matinée, soit dix jours exactement après les faits initiaux.

 

de notre envoyé spécial en Basalpie
à qui nous souhaitons un prompt rétablissement, en espérant que les séquelles ne soient pas trop importantes.
Précisons pour ceux que cela pourrait intéresser mais on se demande bien pourquoi que deux convois de médicaments
et de nourritures diverses et variées, accompagnés de bouteilles d’eau de Vichy (la plus pure depuis 1943)
sont actuellement acheminés à destination des rescapés.

Encore un drame épouvantable dans les Basses Alpes !

 


J’imagine que vous êtes quelques-uns – le choix de l’épithète nombreux eût pu sembler présomptueux – à vous être adressés au ministère de la Culture en constatant ce matin encore l’absence de quelque broutille que ce soit alors même que la dernière qui vous fut expédiée doit remonter sinon aux calendes grecques mais plus modestement au jeudi 2 août, veille du jour funeste où la foudre s’en vint frapper ici-même, au lieudit Terre Noire, déclenchant la mise à mort de cet objet de forme parallèlépipédique que les scientologues, en mémoire de Tom Cruise probablement, nomment livebox et qui serait une sorte d’agent de liaison s’exprimant dans un dialecte plus ou moins abscons que certains n’hésitent pas à qualifier d’anglicismes, ce qui n’est pas tendre pour le camarade William et ses collègues de bureau. Privé de boîte de vie et donc de téléphone durant cinq jours je suis plus oublié du monde entier qu’un quelconque grippe-sou réfugié dans les iles fiscalement paradisiaques où il a planqué ses éconocroques. Que Madame la ministre veuille bien m’excuser mais sans ma boîte de vie je dépéris et pressens ma fin prochaine, aussi vais-je lancer dès ce jour où l’on fête Transfiguration dont l’intervention chirurgicale dite de la dernière chance n’est pas totalement couronnée de succès, lancer disais-je une pétition pour que soit enfin reconnue l’atteinte qui m’est portée et pour laquelle je demande réparation au ministre de l’Énergie car il faut que cessent ces mesures d’intimidation, que les coupables soient châtiés, et s’il le faut châtrés jusqu’à ce que mort s’ensuive, à l’exception évidemment de ceux pour qui une telle intervention n’est depuis fort longtemps nullement nécessaire. Semblable gabegie est-elle tolérable de lapin (un illustre poète de la fin du vingtième siècle –non, il ne s’agit pas de Pierre Desproges – aurait en pareil cas usé du terme de chienlit) de lapin donc dans un royaume où le moindre terroriste menace la paix civile dès lors que l’arme nucléaire n’est hélas pas hors de sa portée, fut-elle seulement intellectuelle.
Je me permets d’insister sur le fait que la température de cuisson à laquelle nous sommes actuellement soumis ne respecte absolument pas les normes fixées par les élites de l’Europe économique réunies dernièrement à Davos, normes selon lesquelles lorsque la viande est trop cuite la santé du consommateur s’en voit menacée, tous les condottieri de la boustifaille vous le confirmeront. J’en profite d’ailleurs pour lancer un appel aux bénévoles chrétiens ou avoisinant concernant le décès simultané de mon four à micro-ondes sans lequel nulle vie n’est imaginable, car ce drame constitue un préjudice et un handicap pour les multinationales prospérant grâce à la vente de produits surgelés dont rien ne permet d’affirmer qu’ils ne contiennent pas davantage que 18% de viandes humaines en provenance des charniers découverts récemment dans une région que certains pourparlers diplomatiques ne nous autorisent pas à révéler afin d’éviter, autant que faire se peut, un embrasement de toute la partie septentrionale du département de la Creuse où Michel Sardou devrait donner son ultime et avant-avant-avant-dernier récital, en duo avec la veuve de François Fillon, tous deux accompagnés par Jacques Séguela au bandonéon, Yvette Horner ayant déclaré forfait. Ce dont nos élites ne se remettront sans doute pas.
Vous comprendrez donc, du moins l’espérai-je, Madame la ministre, toute l’urgence qu’il y a aujourd’hui à ce que soit remplacée ma boîte de vie dans les meilleurs délais afin de calmer la foule qui déjà se prépare à marcher sur la capitale aux cris pleins d’espoir de Georges Marchais avec nous ! Lequel n’aurait pas dit non. Ceux-ci, tout comme ceux-là, ont toute légitimité et mon assentiment pour entreprendre cette vaste opération revendicative visant à rétablir Moi-Même dans ses droits d’auteur à succès ainsi que la publication inexorable de sa prose, quand bien même le nombre de ses lecteurs passionnés tarderait à se faire connaître, probablement par crainte d’une déportation hors de nos frontières (je fais ici allusion à la départementale 951 qui nous protège des invasions tentées par les hordes de Nordistes qui auraient franchi la Montagne de Lure pour venir jusque dans nos lits égorger nos fils et nos compagnes qui n’en demandaient pas tant depuis que l’abolition de l’esclavage a été votée à main levée au congrès du parti socialiste de Mallefougasse dont on peut d’ailleurs se demander si c’était bien judicieux quand le prix de la farine vient encore d’augmenter et le rosé bien frais j’te dis pas.
Je vous conjure, Madame, de veiller à ce que l’éducation de nos enfants leur soit assurée dans les meilleures conditions et donc sous la tutelle de penseurs dont nous gagnerions, surtout moi, à ce qu’ils fussent salués, publiés et honorés jusque dans l’émission culturelle de Jean-Pierre Pernod dont l’audience s’étend de jour en jour parmi les couches populaires déjà enorgasmées par la victoire époustouflante de la France en Russie, ce qui démontre bien à quel point la culture ne saurait être négligée lorsque sa survie est menacée, et elle l’est.

courant (c’est le cas de le dire) août 2018

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Prêts, partez !

3 Août 2018 , Rédigé par jcd

Un magazine d’information dont la vocation est de renseigner son lectorat sur la programmation hebdomadaire des différentes chaînes de télévision mais n’hésite néanmoins pas à s’investir dans l’éducation des masses plus ou moins laborieuses, ce magazine a choisi cette semaine de consacrer sa couv et son papier de réflexion à ce sujet qui en fait rêver plus d’un en cette période de l’année, qu’il soit migrant ou non. En effet, que ceux que la seule idée de partir, quitte à aller n’importe où, n’a jamais titillé passent leur chemin puisqu’ils ignorent où se situe le vrai bonheur, la seule vraie ambition de l’être humain, aller voir ailleurs si j’y suis. Hormis donc ceux-là qui d’en iraient volontiers parce que leur salut ne saurait être que dans la fuite, au risque de découvrir que le statut d’étranger n’offre pas que les menus plaisirs de la découverte, hormis donc quiconque n’a pas vraiment l’opportunité de réfléchir, comparer et finalement choisit un peu abruptement de partir pour sauver sa peau, il existerait quantité d’individus pour qui partir est affaire de chance, voire de courage, alors même que leur compte en banque les y autorise et qu’il suffit de disposer de quelque complice complaisant qui gardera l’appartement et ce qu’il contient jusqu’au retour du valeureux aventurier, assumera les charges diverses et variées sans lesquelles le confort devient vite aléatoire, voire rudimentaire, quitte à abandonner sur une aire d’autoroute chien et chat dont la fonction fut un temps de tenir compagnie avant que ne naisse le formidable appel du large tellement libérateur. Partir pour ici ou là importe peu, ce qui compte essentiellement c’est avant tout de partir. On pourra toujours, entre gens de bonne éducation, invoquer le fameux  voyage d’Ulysse et foncer illico en taxi jusqu’à l’aéroport le plus proche (25 millions de touristes internationaux dans les années 50, en 2030 on prévoit qu’ils seront à peine 2 milliards, à peine est un terme qui devrait pourtant nous inciter à réfléchir et à nous intéresser à l’immobilité. Mais le propos serait rétrograde, peut-être même réactionnaire. Le tourisme est une industrie comme une autre.  Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre, avait constaté un certain Blaise Pascal. D’aucuns, qui ont une vision ô combien négative de l’homme, affirment qu’il s’y ennuierait ; pourtant, l’expérience fut tentée mais on invoqua, pour la disqualifier, de regrettables arguments de prétendue séquestration. On parla même de réclusion volontaire. À la seule mais totalement insupportable idée de ne pas partir, l’homme, ou la femme car la crétinerie n’a pas de sexe, peut tout à fait se jeter sous le premier métro qui passe sans même tenir compte de la direction où il va, partir est un but, une vocation, un authentique sacerdoce, il faut partir sans tergiverser – on en a même vu qui s’en allaient sur un coup de tête, invoquant l’incompatibilité d’humeur ou la monotonie d’une existence dans un décor tellement quotidien que tout dépaysement sera source d’épanouissement personnel, tous les psys vous le diront.
Ces hommes et ces femmes de progrès se sont levés et mis en marche, abandonnant sur le bas-côté de la route enchantée les inertes que nul projet ne mobilise. Ils sont partis, n’est-ce point admirable ?  
– Excusez-moi Madame, pourrais-je parler à Monsieur Dorléans ?
– Je suis désolée Monsieur mais Monsieur Dorléans est parti. Il nous a quitté et nous l’avons incinéré il y aura huit jours demain.
Ha ha ha ha ha ha ha ha ha !!!!

3 août 2018

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Prêts, partez !

2 Août 2018 , Rédigé par jcd

Un magazine d’information dont la vocation est de renseigner son lectorat sur la programmation hebdomadaire des différentes chaînes de télévision mais n’hésite néanmoins pas à s’investir dans l’éducation des masses plus ou moins laborieuses, ce magazine a choisi cette semaine de consacrer sa couv et son papier de réflexion à ce sujet qui en fait rêver plus d’un en cette période de l’année, qu’il soit migrant ou non. En effet, que ceux que la seule idée de partir, quitte à aller n’importe où, n’a jamais titillé passent leur chemin puisqu’ils ignorent où se situe le vrai bonheur, la seule vraie ambition de l’être humain, aller voir ailleurs si j’y suis. Hormis donc ceux-là qui d’en iraient volontiers parce que leur salut ne saurait être que dans la fuite, au risque de découvrir que le statut d’étranger n’offre pas que les menus plaisirs de la découverte, hormis donc quiconque n’a pas vraiment l’opportunité de réfléchir, comparer et finalement choisit un peu abruptement de partir pour sauver sa peau, il existerait quantité d’individus pour qui partir est affaire de chance, voire de courage, alors même que leur compte en banque les y autorise et qu’il suffit de disposer de quelque complice complaisant qui gardera l’appartement et ce qu’il contient jusqu’au retour du valeureux aventurier, assumera les charges diverses et variées sans lesquelles le confort devient vite aléatoire, voire rudimentaire, quitte à abandonner sur une aire d’autoroute chien et chat dont la fonction fut un temps de tenir compagnie avant que ne naisse le formidable appel du large tellement libérateur. Partir pour ici ou là importe peu, ce qui compte essentiellement c’est avant tout de partir. On pourra toujours, entre gens de bonne éducation, invoquer le fameux  voyage d’Ulysse et foncer illico en taxi jusqu’à l’aéroport le plus proche (25 millions de touristes internationaux dans les années 50, en 2030 on prévoit qu’ils seront à peine 2 milliards, à peine est un terme qui devrait pourtant nous inciter à réfléchir et à nous intéresser à l’immobilité. Mais le propos serait rétrograde, peut-être même réactionnaire. Le tourisme est une industrie comme une autre.  Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre, avait constaté un certain Blaise Pascal. D’aucuns, qui ont une vision ô combien négative de l’homme, affirment qu’il s’y ennuierait ; pourtant, l’expérience fut tentée mais on invoqua, pour la disqualifier, de regrettables arguments de prétendue séquestration. On parla même de réclusion volontaire. À la seule mais totalement insupportable idée de ne pas partir, l’homme, ou la femme car la crétinerie n’a pas de sexe, peut tout à fait se jeter sous le premier métro qui passe sans même tenir compte de la direction où il va, partir est un but, une vocation, un authentique sacerdoce, il faut partir sans tergiverser – on en a même vu qui s’en allaient sur un coup de tête, invoquant l’incompatibilité d’humeur ou la monotonie d’une existence dans un décor tellement quotidien que tout dépaysement sera source d’épanouissement personnel, tous les psys vous le diront.
Ces hommes et ces femmes de progrès se sont levés et mis en marche, abandonnant sur le bas-côté de la route enchantée les inertes que nul projet ne mobilise. Ils sont partis, n’est-ce point admirable ?  
– Excusez-moi Madame, pourrais-je parler à Monsieur Dorléans ?
– Je suis désolée Monsieur mais Monsieur Dorléans est parti. Il nous a quitté et nous l’avons incinéré il y aura huit jours demain.

2 août 2018

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