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Soit dit en passant

Touche à ton cul, c’est un peu vite dit !

27 Novembre 2017 , Rédigé par jcd

 

J’entendais ces jours-ci une poignée de journalistes, experts en la matière il va de soi, débattre à propos de la question de savoir où se situe la différence entre délation et dénonciation. Et c’est vrai qu’il y a certainement lieu de s’interroger car lequel des deux est le pire sans aller jusqu’à remonter jusqu’en 1943 ? J’ai interrogé mon copain Robert sur le sujet, il se garde bien de trancher puisqu’il donne pour délation la définition suivante : Dénonciation inspirée par des motifs méprisables. [Est-ce à dire qu’il existerait – je n’ose à peine le croire – des dénonciations susceptibles de n’être pas inspirées par des motifs méprisables ?] D’autant que pour dénonciation Robert, toujours lui, n’hésite pas un instant à proposer notamment délation pour synonyme. Difficile de choisir lorsqu’il nous faut, dans la précipitation ou non, signaler aux zautorités compétentes tel individu dont, a priori et même à seconde vue, il y a tout lieu de penser qu’il représente un danger pour la société tout entière ou simplement pour l’un d’entre nous mais le danger c’est essentiellement une question d’appréciation et, lorsque l’on est à l’origine d’un danger on sait où cela commence mais plus difficilement où cela s’arrête. Prenons le harcèlement sexuel puisque c’est un sujet à la mode, qui peut affirmer sans risquer de se tromper que le viol n’en est pas l’aboutissement, frisant même la perfection, voire la consécration ? Le viol, selon l’âge des protagonistes, pourrait même s’apparenter à une performance sportive de plus ou moins haut niveau, qu’il nous soit donc permis de nous étonner de ce qu’il ne figure toujours pas parmi les disciplines des jeux olympiques. À Paris en 2024 ce serait quand même une belle opportunité. Mais je m’égare, cette fois encore car dans l’hypothèse précédemment envisagée il ne saurait bien évidemment être question de délation ou de dénonciation puisque le caractère parfaitement légal de la compétition ne saurait être contesté, là où l’absence patente de motifs méprisables saute aux yeux.
En revanche on distingue clairement et sans l’ombre d’une hésitation la nécessité absolue et flagrante qu’il y aurait à dénoncer le comportement à caractère ouvertement sexuel de cet homme, pas nécessairement juif ou maghrébin (ce qui lui ôte toute responsabilité dans le crime sordide de Pithiviers dont il faudra bien un jour que l’on sache qui étaient les neuf-cent-soixante et onze victimes et pour quelle raison s’étaient-elles rendues ensemble à ce concert exceptionnel et gratuit de Michel Sardou, où Michèle Torr avait fait un tabac en 48 ou 49), ce type donc dont le pénis va et vient dans la main gauche d’une femme, visiblement ambidextre, qui semble ne s’être aperçue de rien et poursuit la dégustation de son pain au chocolat qu’elle tient de sa main droite. Néanmoins (et le nez n’a que peu de choses à voir dans le propos qui nous occupe), peut-on sérieusement invoquer l’accusation de harcèlement, qu’on nous permette d’en douter dès lors que, toujours selon Robert, le harcèlement, sexuel qui plus est, est le fait d’un supérieur hiérarchique. Or, on voit clairement dans l’exemple ci-dessus que n’existe aucune notion de supériorité hiérarchique ni même d’infériorité tout aussi hiérarchique, d’autant que nos deux personnages sont debout, de taille sensiblement égale et qu’aucun des deux n’a évoqué la possibilité d’une quelconque augmentation de salaire, sous réserve de…
Force est de constater qu’en l’absence de tout harcèlement sexuel de la part de l’un ou l’autre des protagonistes il ne serait guère opportun de se lancer dans une vaste opération de délation ou de dénonciation, compte tenu du fait que, de surcroît, nous n’avons nul motif méprisable susceptible de justifier semblable perversion.
Que la femme, ambidextre rappelons-le, affiche une attitude essentiellement passive et s’abstienne de tout geste délibérément actif pouvant donner lieu à quelque spéculation hasardeuse, voire tendancieuse, nul n’en disconviendra quand il s’agit en vérité de déterminer les responsabilités de chacun, en se gardant bien de prendre parti puisque dans cette affaire nous n’avons rien à y gagner. Et puis, comme disait Ambroise-Polycarpe de La Rochefoucauld…

27 novembre 2017

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Vive la concupiscence, à bas l’écurie !

20 Novembre 2017 , Rédigé par jcd

 

 

 

 


Une de mes broutilles récemment publiée sur mon blog m’ayant valu un courrier peu amène de Madame Marie Curie, j’ai pensé qu’il était de mon devoir d’en informer mes principaux lecteurs et les plus empressées de mes admiratrices dont le harcèlement sexuel qu’elles manifestent à mon endroit (ce qui ne me flatte pas au bon endroit me hérisse, disait Gide) me touche énormément, particulièrement la blonde anonyme – cette prudence l’honore bien davantage que le sot concubin qu’il lui faut subir au quotidien, j’imagine – qui m’a envoyé une boucle provenant de son pubis dont il faudra bien qu’un jour j’écarte les incertitudes.
Madame Curie donc s’indignait de ce que j’eusse laissé sous-entendre quelque collaboration entre elle et son époux alors même que celui-ci s’en était allé au bureau de tabacs du coin pour y faire provision de cigarettes et se taper un petit blanc sur le zinc tandis que la pauvre Marie se retrouvait bien seule à branloter du radium, comme le fit d’ailleurs remarquer l’un de nos plus éminents chercheurs, sinon le seul à s’être soucié de l’avenir de l’humanité bien qu’il confiât plus volontiers en ces temps de disette le produit de sa plume à L’Aurore, car il faut bien bouffer quoi merde ! Et puis, lorsqu’on voit ce que publient aujourd’hui les serviles plumitifs d’une presse prétendument de gôche vendue aux plus offrants des maquignons, il n’y a nulle honte à s’épancher à droite plutôt qu’à lansquiner sur ses croquenots.
Pierre Curie, pourtant né à Paris en 1859 et donc habitué à regarder à droite et à gauche avant de traverser la rue, meurt écrasé par un camion en 1906 après avoir épousé une dizaine d’années plus tôt Marie  Skłodowska (née à Varsovie en 1867) qui, du coup, deviendra Marie Curie (ce qui fait nettement plus français) afin que les lycées et collèges puissent se prévaloir de l’appellation Pierre et Marie Curie, à la manière de Roux & Combaluzier pour les ascenseurs ou Rivoire & Carret pour les nouilles. Ou Patrice & Mario.
Et c’est ainsi que j’espère avoir rétabli un semblant de vérité dans cette affaire, bien que l’on ignore encore presque tout de la complicité des Curie dans les combines pour le moins douteuses d’Hiroshima, Nagasaki, Tchernobyl et Fukushima. Contacté récemment Nicolas Hulot a refusé de prendre position au nom de l’équité.

20 novembre 2017

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Les aventures de Pierre et Marie Curie

15 Novembre 2017 , Rédigé par jcd


Ce gros porc de metteur en scène lui avait donné rendez-vous à la gare de Lyon à moins le quart. Le train partait à cinquante. Lorsque le taxi la déposa sur le passage pour piétons la grande horloge indiquait moins cinq. Autant dire que l’express avait filé et le gros porc par la même occasion. Un peu plus tard, elle appela le garçon et lui demanda en soupirant d’agacement un deuxième ballon de blanc. Tant pis, se dit-elle, si l’autre andouille était à ce point maniaque de la ponctualité elle en balancerait un autre, il ne fallait quand même pas pousser la complaisance au point d’obéir au doigt et à l’œil  pour le moindre essayage en costumes alors qu’elle n’avait jamais entendu parler du remplaçant de George Clooney – ou de Kad Mérad – et que tourner un bout d’essai à poil en plein mois de novembre dans une ferme de Lozère probablement glaciale ne constituait nullement un projet d’envergure, quoi qu’en affirmât l’autre. D’abord il faut d’abord voir la longueur du bout, et puis, ce ne sont pas les occasions qui manquent, dès qu’on a un peu de talent. Denise – elle se faisait appeler Emmanuelle – le lui avait assez répété avant de rencontrer le directeur des ressources humaines d’un grand groupe de presse, ou d’un laboratoire pharmaceutique international, qui l’avait faite engagée dans un supermarché de la banlieue sud de Villeurbanne, au rayon carottes et topinambours (hélianthe tubéreux, vulgairement nommé topinambour en référence approximative à une peuplade du Brésil). Emmanuelle donc, mère de six enfants parce qu’épouse du chef de rayon, avait – provisoirement s’entend – renoncé à développer une brillante carrière dans le cinéma et la télévision après un échec retentissant dans une émission de variétés à prétention culturelle où elle avait donné la réplique à Gérard Dubosc ( frère non reconnu du plus que célèbre comédien – elle admirait son époustouflant génie – dont elle n’avait sous aucun prétexte manqué une seule de ses prestations au point d’avoir obtenu, par dérogation spéciale, de pouvoir orner son étal de légumineuses à Carrefour du portrait en couleurs et dédicacé de son idole).
Georgette, quant à elle, s’apprêtait à rentrer dans son petit appartement de Villeneuve-Saint-Georges auquel elle demeurait très attachée en raison même de son propre prénom, avec l’intention bien arrêtée de décrocher le second rôle dans un petit film en principe réalisé par son beau-frère à l’hôpital de la Pitié Salpètrière où il était gardien de nuit suppléant. Ce court-métrage devait permettre au grand public de découvrir l’ablation d’un nodule probablement cancéreux et désagréablement situé à la périphérie interne du rectum et c’est précisément Georgette qui avait été choisie, après plusieurs essais, pour confier son anus à l’œil inquisiteur de la caméra tandis qu’en voix off le commentaire, écrit par Marguerite Duras, serait déclamé par l’inoubliable Francis Huster, de la Comédie- Française. C’était assez dire l’ampleur et l’ambition du projet. Dans l’intervalle, si l’on peut dire ainsi,  elle avait participé à quelques actions spectaculaires visant à dénoncer les pratiques proprement scandaleuses de quelques mâles autoritaires parce qu’imbus de leur petit pouvoir dans quelque milieu que ce fût. Elle s’était donc engagée avec détermination à faire rendre gorge à tous ces gras-du-bide qui n’avaient qu’une idée en tête, lui palper les fesses dans l’ascenseur avant de la coucher sur le divan d’une chambre de bonne afin de lui apprendre qui donc était l’homme et à ne jamais l’oublier.
Parvenue devant la porte de son cinquième étage gauche avec vide-ordures sur le palier, elle se souvint d’avoir omis d’acheter les trois kilos de  rutabagas dont elle était très friande, surtout avec du boudin aux pommes et de la crème Chantilly. Tant pis, se dit-elle en ouvrant une boîte de maquereaux au vin blanc, car elle affectionnait particulièrement le vin blanc (le lecteur un peu attentif l’aura lui-même remarqué alors que la porte n’était pas totalement ouverte mais suffisamment néanmoins pour que le ragondin favori de Georgette en eût profité pour s’enfuir jusqu’au second où  l’attendait le gratin de choux de Bruxelles de Brigitte Macron qui aimait beaucoup lui faire plaisir. – Alors on ne peut plus chier tranquille, hurla comme il savait si bien le faire Emmanuel qui courut répondre au téléphone sans même avoir remonté son caleçon Pierre Cardin.
Si cette jolie petite histoire vous a ému(e) aux larmes finissez-la vous-même car, personnellement, je la trouve insipide et totalement dépourvue de morale.


15 novembre 2017

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Pour un dépassement subliminal de l’humain ordinaire

4 Novembre 2017 , Rédigé par jcd

 

Mais enfin quoi, serait-il donc totalement inconvenant, indigne, inadmissible, alors même que nous vivons dans une société libérale,  permissive, donc libérée de ces contraintes d’un autre siècle, démodées pour tout dire, archaïques en somme, ringardes si j’osais, où le veuf – ou la veuve tout autant –, à peine débarrassés de l’insupportable présence de l’autre, ne s’en allât point tremper son biscuit dans un sirop tout gouleyant d’inédit ou s’ouvrir à des extases humides et neuves. Faudrait-il que très dévotement il ou elle  ne se satisfasse au contraire que d’un ennui post-matrimonial, préférant se languir sinistrement alors que la sève bourgeonne en lui ou en elle et que l’autre n’est plus guère que cadavre oublié, enterré avec les souvenirs moisis d’une vie défunte et les vieux chiffons sales. Diantre, faudrait-il donc que celui-ci ou celle-là s’infligeât la punition de s’interdire de jouir alors qu’il existe ici et là des corps qui n’attendent que lui ou elle, et se flageller en psalmodiant sa contrition quand il y a si peu à regretter, voire rien du tout, puisque ce qui n’est plus n’est au fond rien d’autre qu’un morceau du passé, plus ou moins haïssable dans le meilleur des cas sinon modestement méprisable. Ne serait-il point infiniment plus sage de tenter de s’élever dans les strates molles de l’indifférence, véritable secret du bonheur, épanouissement suprême hors de ce qui n’est plus dont il faut savoir se détacher sans états d’âme dérisoires, à la limite du ridicule. L’autre n’est rien, surtout s’il est défunt, voire décédé sans que l’on eût soi-même à l’aider, ce qui n’est pas dépourvu de conséquences plus ou moins embarrassantes. Il importe de ne savoir s’attacher que le temps strictement nécessaire dès lors que tout passe, tout lasse et qu’un vieux mouchoir ou un vieux slip justifie que l’on s’en débarrasse, le moment venu, et il vient vite quelquefois.

4 novembre 2017

 

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