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Soit dit en passant

Non à l’impunité pour les criminels sonores !

23 Août 2017 , Rédigé par jcd

 

 

 

 

 

Le nombre de mes vertèbres couramment déplacées, voire plus ou moins massacrées par quelque prétendu praticien inspiré de littérature hyperbolique se targuant d’être tout autant ostéopathe que n’importe quel sous-officier nazi, j’avais accepté de confier mon pauvre corps délabré aux mains expertes d’une masseuse qui, pour m’être occasionnellement proche consent néanmoins à me faire bénéficier de ses soins pour un prix légèrement inférieur à celui de de la botte de radis un dimanche matin de fin-décembre sur le marché de Carpentras. Perclus de douleurs je me rendis donc jusqu’au lieu consacré et déposai en offrande ma carcasse abandonnée de tous les dieux sur la table de dissection dans l’espoir de renouer avec l’allégresse juvénile qui avait fait mon incontestable succès auprès des jeunes filles en uniforme présentes sur le stade de Berlin dès 1936 alors que je n’étais pas encore totalement né.
Tiens, un imitateur approximatif et visiblement peu doué de Bach, me dis-je lorsque j’entendis les premières mesures d’un concerto librement inspiré de Jean-Sébastien. Que nenni, car il s’agissait bel et bien des œuvres du cantor de Leipzig, probablement interprétées – c’est le moins qu’on puisse dire – par une clique de violoneux fermement partisans du diapason fluctuant (il peut, suivant l’inspiration, ou la nécessité de chacun, descendre jusqu’à 415) et visiblement portés (comme l’on dit de certains individus qu’ils seraient portés sur l’alcool) sur l’usage d’instruments que l’on qualifie d’époque, comme les vieux bahuts bouffés aux vers qui font l’attendrissement des collectionneurs de divines cochonneries, sans trop savoir ni même préciser de quelle époque il pourrait bien s’agir, à de coupables fins de pseudo-authenticité. J’imagine que l’inénarrable mais néanmoins célèbre André Rieu lui-même, qui s’efforcerait de rendre moelleux, confortable n’importe quelle pièce pour cordes de Webern, demeure respectueux du diapason à 440, s’y tient et exige de ses musiciens que leurs crincrins soient neufs et en bon état. Car depuis longtemps déjà on fabrique des instruments de musique de grande qualité, comme les pianos sur lesquels Beethoven aurait sans nul doute aimé jouer sa Hammerklavier plutôt que sur les guimbardes «d’époque» pompeusement nommées piano forte ou même clavecin, cet antique engin de torture sonore dont les grelottements de ferrailleur interdisent toute notion de musicalité.
Aujourd’hui que la vitesse sur route est limitée et le contrevenant passible de sanctions, on peut s’étonner que le respect du 440 ne soit pas obligatoire, ce serait tout de même la moindre des choses pour le confort de l’ouïe de l’amateur de musique. J’entends par amateur celui qui aime plutôt que cet autre qui fait ça en passant, comme d’aucuns tapent le carton entre potes tout en regardant une série forcément bouleversante à la télévision.
Mes lombaires et leurs relativement proches voisines cervicales n’en sont toujours pas revenues.


août 2017

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capron 24/08/2017 10:16

hé oui, il faut te faire une raison, le diapason tout comme le cours du 4.40 en bourse , il peut fluctuer.

capron 24/08/2017 10:11

Tu as de la chance,ton tortionnaire aurait pu te coller du Verchuren ou de l'Yvette Horner. Concernant tes cervicales, penses au copain qui se tapa des épines calacanéennes dans l'épaule ! . C'est pas le pieds même avec du Mozart.
PS; Tes broutilles commençaient à manquer sur ton blog;