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Soit dit en passant

Le plus fatigant c’est l’attente !

20 Juillet 2018 , Rédigé par jcd

 

 

Comme disait mon oncle.

 

Au tout début des années deux mille j’avais entrepris de me lancer dans la fabrication d’une série de peintures  que je rassemblai quelque temps plus tard sous l’intitulé, peut-être un peu présomptueux j’en conviens, quoique, Souvent je m’interroge. Leur nombre s’élevait à une trentaine et dix-sept d’entre elles furent présentées à un public probablement sidéré dans la grande salle du Lichthof de Cologne en novembre et décembre 2005. Il s’agissait de tableaux d’un format unique de 120 x 100 cm et un de mes amis, mais si mais si, il en existait encore à l’époque, me fit l’honneur d’en acquérir deux pour en orner les murs de son château. Il est vrai que depuis lors je me pose beaucoup moins de questions, le doute est toujours là mais j’ai acquis avec énormément d’abnégation un certain nombre de certitudes. Par exemple faut-il vraiment s’inquiéter du sort de l’humanité ? Surtout pas puisqu’il existe parmi cette humanité une sélection d’individus dont le but est manifestement d’en éliminer plus ou moins rapidement la partie la plus importante, à l’exception toutefois d’eux-mêmes. Est-ce que je mourrai un jour de grève des éboueurs ? Bien sûr que non, car ces gens-là auront à cœur de participer à mes funérailles en désignant eux-mêmes et démocratiquement lesquels seront chargés de représenter la corporation pour laquelle je nourris la plus grande admiration. N’oublions surtout pas que ce sont eux qui doivent se charger de nous débarrasser de nos ordures, quand bien même il en subsisterait toujours une certaine quantité avec laquelle il nous faudra continuer de vivre. Je me demandais encore à l’époque s’il fallait choisir entre Parkinson et Alzheimer, alors que le choix ne nous est nullement offert, tu prends ce qu’on te donne et tu te tais ! Est-il vraiment nécessaire de trancher entre fromages et desserts – certes, j’admets que le pluriel peut s’avérer tentant – alors qu’une fois digérés l’un et l’autre ne sont plus qu’un unique résidu de forme, de couleur et de parfum indistincts. Quant au goût, permettez-moi de m’intéresser à des choses plus émouvantes quand la centrale nucléaire la plus proche vient tout juste de fondre ou d’exploser  – le problème de la proximité n’est que pure relativité, c’est Einstein qui l’a dit et tous ces savants savent de quoi ils parlent. Demandez donc au premier oncologue venu s’il sait pourquoi le cancer de l’auriculaire frappe toujours du côté gauche. Parce que la droite est l’avenir de l’homme, vous rétorquera-t-il alors qu’Aragon lui-même soutenait que c’était la femme, ce qui peut prêter à sourire lorsque l’on sait que Madame Thatcher en était une, sans doute quelque peu imparfaite. Mais, revenons à nos moutons, sauf que je ne sais pas si vous avez essayé de traire une brebis qui a la tremblante… pas facile mais revenons-y néanmoins! Cessons donc de nous interroger sans cesse – je venais justement d’exiger que cela s’interrompe alors que l’on m’intime l’ordre de ne point faire preuve d’autoritarisme qui est la marque des esprits totalitaires, des fascistes en quelque sorte alors qu’il existe des fascistes très bien habillés et qui parlent couramment le français et logent à nos frais dans des appartements de douze pièces avec un escalier réservé au personnel et un autre pour les dérobades. Il n’est que temps de renoncer à nous interroger à propos de tout et de rien et, par voie de conséquence, tout ira bien. La béatitude est le secret d’une vie exemplaire, tous les lamas vous le diront entre deux portes et trois amen. Il faut juste ne pas oublier de changer à Châtelet où le tapis roulant est très confortable alors que des ingénieurs ingénieux persistent à construire des véhicules automobiles dans lesquels il est plus facile de mourir qu’à l’hôpital où les urgences sont surchargées et le Puligny Montrachet le plus souvent tiédasse.
Vers la fin des années deux mille je me demande s’il est bien nécessaire de s’obstiner pareillement lorsqu’on a bien pris conscience que tout est fini depuis un bon moment déjà. Il aurait peut-être fallu descendre en marche et risquer une entorse, histoire de vérifier si les premiers seront bien les derniers. À moins d’avoir de très sérieuses dispositions dès le départ on ne devient pas crétin de première catégorie du jour au lendemain. J’ai remarqué combien ils étaient nombreux à faire la queue. Pour rien, peut-être.

19 juillet 2018

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Ceci n’est certainement pas un autoportrait

16 Juillet 2018 , Rédigé par jcd


 Jadis, l’artiste se disant peintre, fut-il exagérément vaniteux, se tirait le portrait lui-même profitant de ce que le modèle lui était gratuit, patient, complaisant, voire même silencieux. L’autoportrait est aujourd’hui une pratique quelque peu tombée en désuétude, avantageusement remplacée par le selfie qui peut, ou non, associer n’importe quelle célébrité momentanée, encore faut-il que l’on en cause dans le poste et qu’elle consente à partager son immense popularité avec n’importe quel crétin ou crétine. Celui-ci ou celle-là n’aura nul besoin d’argumenter quant aux circonstances qui ont permis que fût figée pour la postérité un tel instant, les preuves sont là, incontestables et infiniment plus parlantes que les mots dont il est si tentant de douter de ce qu’à peine ils cachent d’abjecte forfanterie. Cinq secondes à peine suffisent et l’affaire est dans le sac, comme disaient les frères Prévert qui certes n’étaient pas totalement poètes puisqu’ils ignoraient tout du téléphone portable.
C’était un vieux chnoque, pas encore complètement détérioré mais quand même déjà bien avancé, plus que mûr en quelque sorte. Avarié, si l’on peut parler ainsi d’un être humain dont plus rien n’est comestible. Passé la soixantaine et à moins d’être équipé d’un bas de laine plus séduisant qu’une chaussette trouée, ledit être humain trouve plus que rarement preneur et reste sur l’étal à se flétrir davantage, dans l’attente du ramassage des ordures en fin de marché. Il ronchonne dans son coin, vitupère contre le monde entier ou du moins contre ce qu’il prétend en connaître, il vaticine comme si d’improbables spectateurs l’écoutaient. On hésite encore à le traiter de cas social aussi longtemps qu’il sera capable de s’abstenir de mendier sa pitance aux terrasses des cafés. Ses proches – on use aussi du terme de famille – se sont arrangés pour se passer de lui et semblent fort bien s’accommoder d’une indispensable distance dont on peut s’affranchir ponctuellement en cas d’absolue nécessité, généralement pécuniaire. Exceptionnellement on le sort parfois pour lui faire prendre l’air afin que les voisins plus ou moins distants sachent qu’il respire encore, sans abuser néanmoins  pour ne pas risquer qu’il tint des propos incohérents, voire désobligeants pour l’un ou l’autre de ces citoyens très convenables. Il faut également le tenir à l’écart des charmantes jeunes filles sur lesquelles il ne manquerait certainement pas de tenter quelque attouchement libidineux accompagné de mots vulgaires qui ne manqueraient pas de faire rougir la donzelle dont le vocabulaire est souvent plus vaste et précis qu’on ne le pense. Ses économies – en vérité la pension que lui verse l’administration où il a jadis usé ses pantalons et les coudes de ses vestons – lui garantissent une survie dont la durée est proportionnelle aux initiatives démocratiques des godelureaux qui nous gouvernent, étant eux-mêmes très attentifs aux variations possiblement saisonnières de l’indice du cac 40. Ce vieux con, qui n’hésite d’ailleurs pas à traiter ses cadets de jeunes cons, se montre la plupart du temps extrêmement catégorique dans ses jugements, il manie l’insulte de façon péremptoire et accepte fort rarement le moindre compromis qu’il qualifie immédiatement de compromission. Il aime à déposer dans la boîte aux lettres des imbéciles qu’il s’est choisis ses propres excréments soigneusement enveloppés  dans les pages centrales du bulletin municipal et ne rechigne pas à s’en vanter au comptoir du bistrot de son quartier où il a ses habitudes depuis qu’il y a croisé Bernadette Chirac déguisée en travelo qui chantait Tiens voilà du boudin, tout en buvant du Viandox. Ce n’est pas un mauvais bougre, tous les habitants de la rue de l’Abbé Groult vous le diront et ce ne sont pas des gens qui se vantent. Il serait toutefois judicieux, disent-ils, qu’il cessât d’écrire de la poésie en signant René Char alors que tout un chacun sait que l’illustre poète était infoutu de manier l’alexandrin. Ce triste con nous gâche nos journées avec un humour dont il prétend qu’il serait ce qui distingue l’homme intelligent du rhinocéros, voire de n’importe quel ministre de l’Intérieur à propos duquel il affirme que ce n’est pas demain la veille du jour où il découvrira l’Amérique.
Fort heureusement, ce sinistre individu n’en a plus pour très longtemps à nous polluer l’existence alors que nous venons tout juste de remporter haut la main cette vingt-et-unième coupe du monde que les peuples unis dans une fraternité ô combien émouvante nous envient et ils peuvent toujours rêver car le quotient intellectuel adéquat leur fait visiblement défaut. À l’inverse de nous qui sommes les meilleurs en tout et sommes en mesure de le démontrer chaque jour. Notre président est lui-même le meilleur, c’est assez dire…

16 juillet 2018

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Viens ici que je t’enculture !

10 Juillet 2018 , Rédigé par jcd

 

 

 


Voici donc que redémarre et s’épanouit la merveilleuse et tant attendue période des festivals de tout et n’importe quoi afin qu’enfin s’épanouisse une vaste population trépignant d’impatience, jusque là abandonnée à elle-même dans l’ignorance crasse de ces trésors rassemblés amoureusement par les professionnels dévoués à l’éducation des masses. C’est qu’il va falloir se creuser le cigare pour proposer à tous ces oisifs une ribambelle d’événements dont ils pourront, à la rentrée, se targuer d’avoir été les spectateurs privilégiés, donc dubjugués. Des inaugurations et des vernissages en veux-tu en voilà : Mumm, c’est intéressant ! Faut voir, il n’empêche que ça n’irait pas avec les rideaux que t’a fait acheter ta copine qui est décoratrice d’intérieurs. Peut-être, mais il faudrait sans doute demander son avis à Olivier Cena, il est quand même critique d’art, et à Télérama ! Et pis, intéressant ça veut tout dire et donc rien dire. Oui, mais à ce moment-là il n’y aurait pas une seule œuvre d’art dans les musées, vu le nombre de gens qualifiés ou croyant l’être qui ont jugé ça intéressant. Et puis les vernissages c’est d’un intérêt variable, quand tu es invité en même temps que le spécialiste de TF1 il y a peut-être quelque chose à boire ou à manger mais les machins de province avec le cubi de vin de pays et trois amuse-gueule que même le chien à qui tu les rapporte n’en veut pas. Pour un peu il nous mordrait. Sans compter qu’on s’emmerde dans ces trucs-là et dans les galeries ils vont jusqu’à indiquer les prix, moi au début je croyais que c’était pour l’ensemble mais non c’est en vérité pour chaque œuvre comme ils disent. Il vaut mieux s’acheter une Fiat Punto, au moins ça roule. Au moins durant les premiers jours. Mais on pourrait quand même acheter ce machin-là pour l’offrir à ton chef de service puisqu’il dit toujours qu’il est très intéressé par l’art. On le paye sur dix ans et en échange tu deviens sous-directeur par interim du département des invendus. Oui, mais comment est-ce qu’on reconnaît que c’est de l’art, faut avoir fait des études. Mais non, c’est marqué dessus, et d’ailleurs là, sur la porte c’est indiqué galerie d’art, pas galerie marchande, c’est ce qui fait toute la différence, d’autant qu’ils précisent  qu’il s’agit d’art contemporain et que donc il n’est pas question de vieux machins comme on en trouve aux puces, là on voit bien que ça a été fait dans l’année, voire la semaine… c’est pas de la récup, plutôt de la création. Contemporain ça signifie que c’est représentatif de l’époque où nous-mêmes nous vivons, j’ai lu ça sur gougueule, c’est donc que c’est vrai. N’empêche que le critique d’art de Télérama il indique qu’il existe énormément de faux dans l’art contemporain et qu’il est parfois très difficile de les reconnaître. Sans compter que faux ou pas faux je me suis laissé dire qu’il y a surtout des bouses et on va quand même pas mettre ça chez nous, au milieu des meubles plus ou moins Knoll qui ne vont pas avec tout. Ou n’importe quoi. Il suffit de se renseigner. Ta sœur nous le dira puisqu’elle travaille dans un cabinet d’expertise. Oui bien sûr sauf que chaque fois que je l’appelle on me répond qu’elle est au cabinet et qu’on ne peut pas me la passer. D’après ce que j’ai lu dans un magazine spécialisé, genre Elle ou Paris Match on peut aussi s’acheter un égouttoir à bouteilles qu’on met au milieu du salon, on dit que c’est un ready made et on signe Dupont ou Duchamp… À ceci près toutefois qu’il ne s’agit pas d’art temporain, c’est déjà démodé, même si on y met des bouteilles vides, de champagne par exemple… Mouais, sauf que pour qu’il y ait des bouteilles vides il va falloir les boire et ça je ne peux pas, il y a des limites à tout, faut pas exagérer. Je te signale que l’art temporain  c’est autrement audacieux que ta connerie d’égouttoir qui date du siècle dernier, c’est plutôt une antiquité. Moi, je serais plutôt pour faire livrer une tonne ou deux de boulets d’anthracite véritable qui irait très bien avec ton blazer et tes mocassins à glands et qu’on ferait déverser à la place de ta commode qui vient du Bon Marché ou de la Samaritaine… Et, toi qui a des idées, il monte comment le camion au quatrième étage, par l’ascenseur ? Ce que tu peux être négatif. Dans ces conditions tu n’as qu’a ressortir ta reproduction d’un clown de Buffet… Et pourquoi pas ton Carzou, quitte à être ringards autant aller jusqu’au bout.

L’art ne peut pas tout, quand on est con on est con !

10 juillet 2018

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C’est quoi l’urgence ?

9 Juillet 2018 , Rédigé par jcd

 

 

 

 

Je veux croire que vous n’êtes pas de ceux qui s’embarquent pour de périlleuses vacances en n’emporte quelle contrée sans vous tenir informé de l’évolution du monde en lisant attentivement France-Soir, Paris Match, L’Équipe, Télé Cable Satellite et peut-être même Minute car certains événements pourraient vous avoir échappé. Pourtant, si vous aviez écouté mes conseils précédents vous vous seriez abonné(es pour faire plaisir aux intégristes de la parité) à Siné Mensuel et, en lisant le numéro de juillet-août, vous auriez pu, notamment, prendre connaissance du papier de Patrick Pelloux dont le cœur s’est ému en apprenant la détresse d’un homme dont le handicap le plus lourd est d’être psychanalyste de son état. Certes, il en existe d’autres que lui mais tous n’ont pas la soudaine révélation que leur cœur ne bat pas aussi bien qu’il conviendrait. Lorsqu’on est urgentiste, et célèbre en tant que tel, n’est-il pas simplement humain de se soucier de la santé du moindre psychanalyste qui déclare avoir une douleur dans la poitrine ? Bien sûr que si car sinon autant en parler à mon cheval, qui n’en a rien à battre en l’occurrence. Le problème avec les psychanalystes qui ont subitement une douleur dans la poitrine c’est qu’ils sont psychanalystes, et ça, voyez-vous docteur, c’est raide et bitoire. Je vous laisse le plaisir de lire le texte du camarade Pelloux qui termine en rendant hommage au docteur Maury, lequel prescrit pour tout un chacun, et pas seulement pour les psychanalystes, de bien s’hydrater en période estivale en buvant du vin, y compris les cancéreux en phase terminale qui n’en ont plus pour longtemps.
Deux pages plus loin Blandine Flipo nous invite à bien profiter des vertus de ce bon dieu de pinard car, au train où vont les choses ça pourrait se gâter sérieusement. Because le dérèglement climatique aura la peau du raisin, et pas que la peau. Déjà les vignerons doivent vendanger de plus en plus tôt, bienheureux quand la grêle ne règle pas la question de façon catégorique. Le Haut-Beaujolais est aux premières loges pour ce qui concerne les conséquences d’un temps orageux, principalement avec l’usage que font certains des canons anti-grêle, un procédé qui ne règle rien mais aux conséquences désastreuses. On en arrive à constater qu’à proximité des forêts les vignes souffrent moins, on reparle des haies que l’on s’est fait un plaisir, un devoir de supprimer. On parle d’écosystème, la trouille quelquefois rend lucide. Si les choses continuent de s’aggraver au niveau des températures les vins du nord en bénéficieront, en revanche ceux du sud ne résisteront pas. Nous sommes passés de vins qui titraient 10 ou 11 degrés à des produits qui dépassent parfois les 15 degrés. Devront-ils mettre de l’eau dans leur vin ? On n’ose l’imaginer. Tiens Bob, ressers-moi donc un coup de Morgon !

9 juillet 2018

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Tant qu’on n’est pas complètement refroidi, Suite et probablement fin, avant la vraie

3 Juillet 2018 , Rédigé par jcd


Ce n’est pas sans une certaine satisfaction que je reçois et transmets à mes lecteurs les plus assidus les réactions de mes amis ou ennemis consécutives à la publication de mon blog du 1er juillet 2018 concernant ma future élimination de cette partouze qu’est notre existence alors même que nous n’avions rien demandé et que ce n’est pas tous les jours fête, loin s’en faut. Je m’efforcerai de vous tenir informés de nouveaux arrivages, si toutefois il y en avait. Les messages reçus à ce jour et à 9:03 ont été examinés par les services de sécurité du ministère de l’Intérieur qui n’y auraient décelé nulle intention de nuire réellement coupable, c’est pourquoi ils vous sont transmis tels quels. Nous remercions Monsieur Gérard Collomb pour sa diligence dont la roue de gauche est quelque peu voilée.

 


C'est avec un peu de retard (j'étais en train de lire quelques pages de Monsieur Desproges ce qui, je le sais, me vaudra ton pardon) que je rallume ma machine à recevoir du courrier et découvre ton projet de mise à feu programmée, songeant que tu n'auras sans doute plus l'énergie suffisante pour appuyer toi-même sur le bouton. Je trouve que tu as un certain culot de prétendre vouloir attirer ainsi un public, sans doute nombreux et enthousiaste quelles que soient les caprices de nos climats un peu bouleversés par nos activités déraisonnables, alors que je serais moi-même toujours plongé dans l'anonymat dû à ma consternante médiocrité si j'étais encore, au même moment, dans cette posture verticale que tu aurais soudainement abandonné alors que mon âge est censé me garantir une certaine priorité. Je refuse de croire qu'il s'agit pour toi de faire l'intéressant puisque tu l'es déjà plus qu'il n'est convenable. Ne vois là aucune manifestation d'envie ni une quelconque jalousie rentrée et cultivée sournoisement depuis que nous fûmes amenés à nous connaître, je m'aime bien assez pour être à l'abri de sentiments aussi ridicules. Je te convie plutôt à imaginer de loin, et sans bouger de ta terrasse de laquelle tu peux savourer l'horizon apaisant qui est le tien, mon départ sans doute inconscient vers n'importe où, puisque je m'en foutrai copieusement. Toutefois, pour me faire plaisir, accompagnes ton coup de blanc à ma santé (il n'y a que le rire qui compte) par un peu de cette si belle musique qu'était capable de produire Don Byas, un des meilleurs saxophonistes qui fut et que j'ai eu la chance de rencontrer et d'entendre durant bien des soirées.
En attendant, d'accord pour descendre quelques verres de ce blanc si plaisant à boire, mais seulement en ta compagnie (ce qui ne saurait tarder, j'y compte bien).
                                                        
En toute prétention, Yves Bernard


Pas con(ne ?), cette idée d’anticiper ses funérailles afin de pouvoir lire de son vivant les messages ayant trait à celles-ci.

Si je ne passe pas avant, je ne manquerai en aucun cas un coup de Beaujolais blanc, quelle qu’en soit la raison.
Évangeline Burollet-Furet

Souhaitons que le temps passe rapidement et que nous soyons enfin débarrassés des médiocres de ton espèce qui nous encombrent et nous polluent l’existence. Va crever, ordure !
La bande à Zemmour

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Tant qu’on n’est pas encore complètement refroidi

1 Juillet 2018 , Rédigé par jcd

 

Reparlons donc un instant de mes funérailles puisque mes dernières volontés ont suscité quelques réactions (je choisis le pluriel bien que leur nombre ne soit pour l’heure qu’assez modeste). J’ai opté pour le terme de funérailles dont j’aime le caractère solennel et quelque peu emphatique, voire boursouflé alors que les obsèques selon moi prêtent à rire. Ne s’étaient écoulées que quelques dizaines de minutes après la publication de mon blog que déjà l’honorable Jean Klépal me témoignait sa solidarité, ce qui justifie qu’il soit dénoncé car la pratique en est peu courante en macronnie. Je me permets donc de vous en faire partager les mots qui disent assez clairement je pense l’amitié qu’il me porte et dont je le remercie.

Le programme proposé est affriolant. J’aimerais pouvoir y participer dans les meilleures conditions, mais je crains que l’état passablement délabré de ma carrosserie ne me mette dans l’embarras. Enfin,je ferai tout mon possible pour être présent, à condition toutefois de ne pas être pris au dépourvu, ce à quoi je répugne.De toutes façons, rien ne presse. Je ferai en sorte d’attendre aussi longtemps que nécessaire. Ne te précipite surtout pas, tu pourrais avoir un accident, et nous mettre tous dans l’embarras.     
                            Jean Klépal

J’ai reçu également un message, certes un peu bavard, de Charles Novak qui mérite néanmoins d’avoir les honneurs de cette page. Afin de lui tenir compagnie j’ajoute celui de Michele Recalcati avant celui de Pascal Privet qui m’arrive à l’instant.

Cher Monsieur, j’ose espérer que vous ne m’en voudrez pas pour cette familiarité qui me pousse à vous dire combien votre texte intitulé  T’as le bonjour d’Albert ! m’a fait me souvenir de l’une de vos broutilles datée de mai 2013 où vous indiquiez déjà vos souhaits en termes clairs et pratiques pour le jour où vous aurez passé, comme on dit vulgairement, l’arme à gauche. Il me semble que vous recyclez volontiers vos propres propos, sans doute afin d’être mieux compris et vous avez certainement raison car une fois refroidi on ne maîtrise plus rien et il se trouvera toujours quelque plaisantin pour remplacer Lisa Della Casa par Michel Sardou, encore que celui-ci ne me semble pas totalement convenir à Richard Strauss, et pas davantage à vous-même semble-t-il. Néanmoins, imaginez que l’on ait eu l’idée pour le moins saugrenue de servir du rosé plutôt que votre beaujolais blanc d’Oingt, je conçois que vous vous en moquiez alors que vous ne serez plus que cendres tièdes, mais il y a peut-être une belle opportunité à se relever une fois encore, histoire de fulminer bruyamment. Et lorsque je dis Michel Sardou ce pourrait aussi bien être Ils n’auront pas l’Alsace et la Lorraine par la musique des Gardiens de la paix, s’ils sont toujours sous la poigne de l’impérial Désiré Dondeyne, ce dont je doute un peu puisque le temps passe pour tout le monde, y compris pour les gardiens de la paix. Il existe toujours pire que le pire. Vous sembliez fort mécontent de l’élection de ce pauvre Hollande à la présidence et nous voici avec ce freluquet prétentieux de Macron. Même vivant on n’est à l’abri de rien. Pensez-y, nous avons en France un goût prononcé pour le ridicule ou le grotesque, prenez toutes vos précautions tandis que vous respirez encore et méfiez-vous de quiconque se targuera de savoir mieux que personne ce qui vous conviendra alors que vous serez séquestré dans votre boîte en bois, le couvercle inexorablement vissé. On peut très bien vous faire le coup de l’extrême-onction sans que vous n’en sachiez rien, ou donner votre corps à la science histoire d’amuser les futurs médicastres. Les vis ça se dévisse et nul n’a jamais pu empêcher les fouille-merde de fouiller, puisqu’ils sont là pour ça.
                            Charles Novak

Cher cadavre,
Depuis le nombre d’années que nous nous connaissons il me semble que tu aurais pu attendre encore un peu pour faire preuve d’un tel absentéisme sans même un mot d’excuses de tes parents ou de tes veuves. C’est limite incorrect. On se renseigne auparavant sur les heures des trains et des avions, ils sont peut-être encore en grève. Il est probable que je ne trouverai même pas un taxi dans ces territoires abandonnés à la chienlit, aux mariages consanguins et à la prévarication, j’ai entendu dire que l’inénarrable Castagnette venait de ton voisinage, avec un nom pareil ne serait-il pas un peu cousin avec Franco ? Chez nous on dit que Berlusconi serait le fils ou petit-fils de Mussolini qui l’aurait eu avec la sœur d’Eva Braun qui vendait des moules sur les trottoirs de la Joliette. Mais bon, je me disperse et je ne t’ai même pas parlé de l’édition de mes œuvres complètes chez un éditeur important d’Oulan Bator dans une traduction de Ian Manook qui se nomme en réalité Patrick Manoukian et est né à Meudon en 1949. Mais je te raconterai tout ça et en détail lorsque tu sauras un peu plus précisément à quelle date tu comptes organiser tes festivités parce qu’il faut tenir compte du fait que le lundi et le mercredi je ne suis pas disponible puisque je donne des cours de croate à l’université de Berchtesgaden. Je t’embrasse en espérant que tu ne sens pas encore trop mauvais.
                            Michele Recalcati

C’est un comble, pendant cette canicule, de faire saliver ses lecteurs à l’idée de se régaler d’un petit blanc de Oingt alors que la probabilité n’en est que lointaine, fort heureusement. Car en plus, je ne pourrais actuellement me déplacer puis rester debout verre en main avec mes béquilles.
Salute !
                            Pascal Privet

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