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Soit dit en passant

Tu es un pessimiste indécrottable !

27 Janvier 2018 , Rédigé par jcd

 

 


Tu m’avais prononcé cette sentence, mon vieux Bob, en remplissant mon verre juste avant d’aller chercher une autre bouteille. Indécrottable, adjectif probablement emprunté à Michaux qui précise que cet individu-là ne changera jamais.
C’était à La Maison close, ou ici lors de ton passage avec le camarade Strelkoff, à moins que ce ne soit à Arzew ou même à Port-aux-Poules car je n’ose imaginer de ta part une telle familiarité critique dès notre première rencontre rue du Mont-Cenis en 70 ou 71. Oui, je suis un pessimiste indécrottable et j’y pensais durant cette nuit en lisant ton journal, le Siné Mensuel de ce mois de janvier 2018 dans lequel il m’a semblé deviner comme une impression de pessimisme général qui a dû au moins t’exaspérer, toi qui, sous aucun prétexte, ne démordras du principe sacro-saint qui veut que rien ne soit jamais tout à fait perdu et qu’il faut y aller leur rentrer dedans. Ceux de la Commune de 1871 l’ont cru eux aussi et ils y ont laissé la peau et leurs illusions. Nous avons aujourd’hui notre Adolphe Thiers, président de la République comme l’était son ancêtre à propos duquel je me plais à citer Jacques Serieys : Adhérent de la Charbonnerie (franc-maçonnerie) qui lui apporte des relations, il se fait bien voir par son travail d’historien de la Révolution et de l’Empire. Cet ouvrage lui rapporte 500000 francs quand un ouvrier en gagne six dans l’année. Dès 1927, Adolphe Thiers devient l’amant de Sophie Dosne, épouse du propriétaire des mines d’Anzin et autres investissements fructueux qui se montre fort conciliant. Grâce au patrimoine immobilier et aux revenus d’Alexis Dosne (mari de Sophie), Thiers peut se présenter en 1830, être élu député et gravir les marches du pouvoir. Il devient donc un «bon parti» pour une fille du grand patronat de l’époque et les Dosne donnent en mariage à Adolphe Thiers leur fille Elise âgée alors de 15 ans. En fait, Adolphe devient le mari attitré de la fille aînée ainsi que l’amant de la mère et de la soeur cadette Félicie.
En voilà au moins un dont le sens pratique ne saurait être contesté. Conviens-en, Bob, et accepte que le moral de tes troupes en ait pris un coup et qu’elles cèdent quelque peu à la désespérance car la Commune n’est pas pour demain et la Finance si chère à Adolphe l’est au moins autant à Emmanuel, à cette différence près toutefois que les princes du néo-libéralisme sont autrement puissants, nombreux et armés que ne l’étaient les nobliaux de jadis.

Je nous prédis des moments piteux quand les enfants d’aujourd’hui, devenus adultes, nous demanderont si on était au courant. Conclut Isabelle Alonso qui semble oublier que les adultes de demain n’en auront probablement rien à cirer de ces traîne-savates quand le nouveau téléphone portable viendra tout juste de sortir. Et Pierre Concialdi contraint d’admettre le léger décalage existant entre les propos catégoriques du Jupiter du XXIe siècle et ceux, non moins catégorique de son ministre de l’Intérieur avant, un peu plus loin, de nous annoncer l’explosion des bulles spéculatives pour 2018. Mais 2018, c’est maintenant, non ? Jean-Marie Laclavetine, quant à lui, nous rassure  en nous rapportant les propos enchanteurs  d’une députée qui nous déconseille de toujours dénigrer les riches puisque dès demain, ou après-demain au plus tard, les chômeurs de longue durée et les exilés fiscaux se serreront les coudes pour une vie plus belle ! Et Yan Lindingre qui ne saurait croire que le problème en France c’est l’antisémitisme de ceux qui dénoncent la finance – tiens ! encore elle – quand il ne faudrait néanmoins pas perdre de vue le nombre d’emplois induits par les ventes d’armes aux Émirats arabes unis et autre Arabie saoudite, quand bien même il risquerait d’exister quelque collusion entre ces éminents acheteurs et les ignobles faiseurs d’attentats. Est-ce dieu possible ?
Non Bob, je sens bien qu’ils ont l’optimisme dans les chaussettes, tes potes. Et ce n’est pas Thierry Leclère qui peut soutenir le contraire, lui qui laisse entendre que les femmes et hommes de ménage seraient traité(e)s comme des torchons pourris et doivent subir la pression, voire le harcèlement sexuel des petits chefs. En somme, ne serions-nous point tentés de penser qu’il ne suffit peut-être pas de balancer son porc depuis le fenêtre de sa chambre d’hôtel au Carlton pour que les femmes et hommes de ménage ne soient plus considéré(e)s comme des accessoires jetables. Pour ajouter un peu de piment à notre détestable pensée négative offrons-nous en prime le papier de Laure Noualhat où l’exquise nous détaille assez clairement comment – terroristes dans le coup ou pas – nous mourrons dans une très jolie apothéose nucléaire sans qu’un quelconque ministre prévu à cet effet n’ait levé le petit doigt pour dénoncer l’irresponsabilité de ceux qui transportent, stockent, enterrent et oublient déchets et autres saloperies d’une durée de vie nettement supérieure à celle du maïs transgénique (le chiffre de cent mille ans est avancé mais personne n’est encore allé vérifier). Sans parler des centrales nucléaires elles-même qui constituent une arme de destruction massive permettant à n’importe quel croyant d’accéder enfin au harem où l’attend avec impatience une tripotée de vierges enamourées. Après quoi Blandine Flipo vient nous remonter le moral avec les dernières nouvelles de Bure où l’on va dès 2025 enfouir à 500 mètres sous terre 75000 mètres cubes de déchets radioactifs super dangereux et 10000 mètres cubes de déchets à haute activité.
Sans doute tes fidèles lecteurs estimeront-ils que ce serait pure coquetterie que d’ajouter à cette énumération le papier de Michel Warschawski à propos de la décision unilatérale de faire de Jérusalem la capitale d’Israël mais il est vrai que l’humour de Trump possède une portée internationale et peut-être fallait-il vraiment oser cette cerise sur le gâteau, pourtant déjà bien bourratif.
Voilà mon Bob, ton absence que nous espérons temporaire (sans trop y croire parce que les bonnes nouvelles se font plutôt rares ces jours-ci) est à mon sens génératrice d’un relâchement au sein de la rédaction de ce journal qui, si tu n’y prends garde, pourrait bien sombrer dans un pessimisme que tu irais jusqu’à qualifier d’indécrottable. Auquel cas j’encourage mes propres lecteurs et les tiens à se replonger, sans précipitation mais sans perdre trop de temps non plus, dans mes recommandations pour une auto-euthanasie préventive sans espérer une quelconque prise de conscience de la part d’une humanité qui vient tout juste de perdre coup sur coup un illustre poète de la mélodie française et un génie de la prose elle aussi française, ce qui peut laisser certains cruellement désemparés. Devant tel désespoir, je t’embrasse

jcd, 27 janvier 2018

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Prout !

20 Janvier 2018 , Rédigé par jcd

 

 


Je me suis déjà longuement – trop, diront certains – exprimé à propos de l’indifférence, j’en conviens. Toutefois, le peu d’estime que j’affiche à l’égard de l’attitude manifestée par ces esprits supérieurs me conduit ce matin, comme déjà depuis plusieurs jours, à m’étonner d’une telle pratique chez la plupart de mes infortunés lecteurs. Certes certes, lors de mes rares instants de bienveillance j’ai pu consentir à qualifier de mépris un tel comportement. Mais il est hélas si facile de passer de la bienveillance à la complaisance que j’ai décidé de ne plus vous honorer de ma prose, parfois sans doute un peu trop riche en qualificatifs que savent nous épargner les zauthentiques zécrivains.
À ceux qui, dans un moment de lucidité, souhaiteraient m’adresser leurs excuses, je tiens à affirmer que je les accepte mais uniquement par voie postale plutôt que rectale et sous enveloppe correctement affranchie.
Voilà, ainsi s’achève ce monologue déposé depuis le sommet de ma tour d’ivoire ; mais une marée de merde en bat les murs, à la faire crouler… disait l’exquis Gustave Flaubert.

jcd, 20 janvier 2018

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C’est affaire de détermination

18 Janvier 2018 , Rédigé par jcd

Lorsque l’ennui menace d’occuper toute la place disponible dans leur pauvre vie, certains s’avachissent dans un fauteuil et regardent la télévision, n’importe quoi puisqu’il s’agit prioritairement de penser à autre chose ou même de ne penser à rien du tout. D’autres lisent, éventuellement n’importe quoi également ou s’en vont marcher dans la forêt (encore faut-il avoir cet article à proximité de l’endroit où l’on a choisi – ou non – de finir ses jours), dans la colline ou dans la rue la plus proche au risque de ne rencontrer personne à qui confier son désarroi ou son affligeante mélancolie, car la mélancolie de l’autre peut s’avérer affligeante pour peu que l’on n’ait soi-même nul goût pour cette maladie et, a fortiori, pas le moindre penchant pour le suicide. La commisération des uns vise le plus souvent à dissimuler une curiosité malsaine voire dégoûtante dont l’autre, le digne affligé saura se méfier dans son propre intérêt. D’aucuns, s’ils disposent d’un cinéma permanent dans leur environnement immédiat, iront voir n’importe quel film quitte à regretter plus ou moins amèrement une telle initiative quand la mer, la tour Eiffel, le mont Gerbier de Jonc où la Loire prend sa source, ou encore le musée des Arts et traditions populaires sont à deux pas, si l’on est toutefois précisément dans les environs, étant entendu qu’il ne s’agit en aucun cas de se défiler en prenant pour excuse, quelque peu fallacieuse, de devoir acheter un billet d’avion ou de train ou d’autobus, voire d’autocar sans préjuger pour autant de l’absolue nécessité d’acquérir un véhicule, automobile par exemple, équipé de toutes les options possibles et imaginables, encore qu’il faille peut-être s’interroger alors sur l’absolue nécessité d’un semblable investissement quand la tour Eiffel justement est à deux rues après avoir tourné à gauche juste avant le marchand de journaux. On en a vu décider catégoriquement d’aller visiter un voisin ou un cousin pas nécessairement éloigné occupé à mourir d’un cancer généralisé dans un hôpital dont l’ambiance peut quelquefois paraître rédhibitoire ou, tout au contraire, salvatrice pour le désespéré soudain tout heureux de vérifier ce à quoi il vient d’échapper. Car l’ennui n’engendre pas systématiquement le désir insurmontable d’en finir une bonne fois avec une existence à laquelle il n’est pas interdit de trouver un certain charme au moment exact où l’on s’apprêtait à s’en séparer pour cause d’inappétence probablement temporaire. Et ce ne sont certainement pas les compagnons têtus de la Vaine Espérance chers à André Hardellet qui soutiendraient le contraire. D’autres encore écrivent un joli petit poème sur le coin d’une table où demeurent les restes de spaghettis bolognaise sans même prendre le temps de se persuader qu’ils vont ainsi révolutionner toute la poésie contemporaine. De plus humbles sont même capables de s’en venir partager la couche d’une dame complaisante, prêts à croire durant un court instant qu’on ne les aime pas pour l’argent qu’ils laisseront sur la table de nuit avant de sortir dans la bruine glacée qui tombe sans discontinuer, donnant au quartier ce cachet particulier que quelques pervers vont chercher jusqu’à Hambourg. Enfin, d’épouvantables optimistes entreprendront de se confier à quelque(s) bouteille(s) remplie(s) d’un liquide plus ou moins alcoolisé qui ne leur procurera qu’un enthousiasme plus ou moins momentané. Le plus ou moins est l’unité de mesure, assez imprécise j’en conviens, utilisée par d’incorrigibles relativistes dont on peine à croire qu’ils pussent encore, après tant d’années, s’imaginer que l’ascenseur va redescendre alors qu’il est bloqué au vingtième étage en raison d’une interruption de la fourniture d’électricité décidée unilatéralement par l’intersyndicale réclamant depuis deux mois déjà une revalorisation du salaire des intérimaires venus des départements d’outre-mer au moment précis où la cour internationale des Droits de l’homme réunie à Bratislava  vient tout juste de se prononcer en faveur de la suppression du paiement des jours fériés aux salariés du ministère de la Culture. On voit ici combien tout se tient, quand bien même il ne saurait être question de revenir sur les accords de Grenelle négociés sous Pompidou.
Or, étant donné que mon appartement est au dix-neuvième dans le vingtième, que le métro est en grève et que je suis présentement au croisement de la départementale 990 et de la nationale 145 à quelques kilomètres de Chénérailles au beau milieu de la Creuse et qu’il me faudrait trouver rapidement un hôtel ou dormir, je m’interroge quant à l’opportunité qu’il pourrait y avoir à chercher et trouver si possible un deux pièces cuisine en rez-de-chaussée à deux pas du boulot, du côté de l’avenue Kléber. Certes, cela ne résoudrait nullement mon problème actuel et même immédiat mais puisqu’il est admis que le mieux est l’ennemi du bien je préfère demeurer modeste  et m’en tenir à mes acquis sociaux. Tant qu’on a la santé, hein !


18 janvier 2018

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Un Pirotte, sinon rien !

13 Janvier 2018 , Rédigé par jcd

Une fois encore je me suis retrouvé dans la dramatique situation de celui-là même qui n’a plus rien à lire au moment où il s’apprête à se glisser dans les toiles afin d’y affronter la nuit et ses insomnies impromptues. Une seule solution existe en dehors de celle qui consiste à sombrer dans l’alcool : relire tout Autin-Grenier, Pirotte, Thomas Bernhard et comparses afin de tenir encore plusieurs jours dans l’attente d’un miracle. La méthode a fait ses preuves et permet d’affiner la connaissance que nous croyions avoir de l’écriture de ces bougres-là mais, reconnaissons les faits, le plaisir de la première fois en est quelque peu émoussé notamment quand la supercherie se répète trop souvent. Plus désabusé que n’importe quel individu ne parvenant plus à se persuader qu’il suffit de marcher du pied gauche dans la première crotte de chien venue pour que certain braillard radiophonique se taise à jamais, je me résignai par un soir dont la noirceur sinistre n’était pas sans évoquer le possible retour de Balladur à rechercher sur mon ordinateur s’il n’y aurait pas quelque part un titre pour moi encore inconnu de l’un de ces auteurs dont le désespoir magnifique m’incite à penser que je ne suis peut-être pas seul à rêver d’euthanasie généralisée. L’eschatologie à laquelle je souscris le plus volontiers parviendrait même à me débloquer occasionnellement un rictus de satisfaction, certes temporaire mais néanmoins non négligeable. Les joies, aussi modestes soient-elles, ne sont-elles pas des joies, malgré tout ?
Car voilatipas que je découvre un Jean-Claude Pirotte dont j’ignorais jusqu’à l’existence, le soleil va donc se lever à onze heures du soir sur l’arrivée prochaine de Traverses, pages de carnets tenus en 2010/2011 par l’auteur alors qu’il séjourne dans une maison de douane désaffectée, au cœur de «la France avilie par un certain Sarkozy.» Pirotte y établit, me dit-on, de troublants parallèles avec ce livre de Léon Werth, Déposition, écrit entre 1940 et 1944 dont je vérifie illico qu’il est absent de mes rayonnages à l’endroit où se trouvent déjà quatre autres ouvrages de cet auteur, et que donc j’achète immédiatement. Il ne me reste plus qu’à attendre la livraison avec la certitude de m’offrir très bientôt quelques instants de lecture, garantis merveilleux par la grâce de deux écrivains dont l’absence est criante dans le panorama de la littérature aujourd’hui proposé, puisque je renonce à faire la moindre  réclame en faveur de plumitifs, lesquels me confortent une fois encore dans mon désir d’euthanasie plus ou moins généralisée.

13 janvier 2018

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Anticiper est salutaire

10 Janvier 2018 , Rédigé par jcd

Il est j’en conviens un peu tôt dans l’année, alors même qu’un grand artiste de la scène dont j’ai déjà oublié jusqu’au patronyme vient tout juste de nous quitter nous abandonnant dans l’affliction la plus morbide, il est peut-être un peu tôt tiens-je donc à préciser pour se soucier de plantations quand le gel risque fort de réduire à néant nos tentatives de bénévolat agricole sans que la moindre considération de la FNSEA et de la Commission européenne nous vint soutenir dans notre effort pourtant méritoire visant à combattre la paupérisation d’une population constamment saignée à blanc par les mesures autoritaires et discriminatoires d’une horde de serviteurs masqués aux ordres d’un conglomérat de financiers véreux. Mais quoi ! ne devrions-nous point nous soucier de ce qui viendra garnir les écuelles de nos chères têtes plus ou moins blondes lorsque la mère a fauté avec quelque migrant en déficit d’affection, qui d’autre que nous est capable d’anticiper les famines futures engorgeant les services de voirie déjà submergés par tous ces cadavres d’enfants et de vieillards morts de faim quand le moindre suzerain n’ambitionnait rien moins que d’abolir la tolérance accordée à chacun de ses sujets à élever et donc engraisser jusqu’à trois morveux pour garnir le bœuf mironton de la saint Gattaz père et fils dont on dit le plus grand bien jusqu’en république démocratique du Congo belge – j’évoque ici le bœuf mironton car le gattaz est immangeable.
Nonobstant ces quelques considérations d’ordre bassement politicard, revenons à nos préoccupations du moment dont je souhaitais partager avec les meilleurs d’entre nous toute la nécessité qu’il y aurait à se pencher sur la question pertinente, quoique fort épineuse, de ce que nous mettrons en terre – maintenant qu’elle est copieusement fumée avec les restes des nombreux défunts cités plus haut – afin de voir s’épanouir dès la fin du printemps et jusque durant l’été ces beaux fruits et légumes qui font la fierté de nos potagers clandestins. Car du choix de nos semis dépend la qualité de ce que nous nous mettrons dans la panse. Si l’on tient compte de ce qui nous pend au nez en termes de guerres, épidémies, invasions et expérimentations in situ nous devons nous intéresser aux espèces qui, à l’inverse du moindre marmot, n’exigeront pas des mois et des semaines pour parvenir à maturité. En toutes choses et autant que faire se peut, comme aiment à dire les centristes mous, privilégions les variétés hâtives, voire précoces quand bien même l’imbécile le plus ordinaire les estimera trop verts et bons pour des goujats. Lorsque la chair est ferme le ver ne risque pas de s’y être installé.
Certes, des produits prêts à consommer il y en a jusque sur les étals de n’importe quel supermarché mais il nous faut rechercher ceux que nous affectionnons particulièrement. Ainsi la putative, variété de figue que l’on consomme hors saison et qui enchantera nos appétits et notre goût pour un fruit frais et juteux dont les sots redoutent la possible acidité. Mais, pour quiconque n’a pas toute une vie devant soi il est sans nul doute préférable de modérer ses ambitions en se reportant avec énormément d’humilité sur le cassoulet ou les raviolis en boîte, à moins que la nostalgie ne vous tire alors du côté des topinambours et autres rutabagas dont le nom seul déjà fait frémir.
Le radis de dix-huit jours sait tenir ses promesses bien que certaines personnes un peu frivoles aux yeux plus grands que le ventre ne jurent que par le concombre de Madagascar qui n’est quand même qu’un radis ordinaire outrageusement forcé.
Attention toutefois, si la période estivale qui voit fleurir l’enshorté en tongs siroteur de rosé de province pataugeant sur un lit de glaçons, méfions-nous de ce que celle à venir ne s’avère aussi aride que la précédente. Dès lors n’omettez surtout point d’arroser au quotidien, outre vous-mêmes, vos précieuses cultures faute de quoi la mélancolie probablement vous guette et vos amis risquent de vous trouver la mine bien morose, contemplant d’un regard vide ces bananes livides ou déjà aussi flétries qu’une naïade centenaire en maillot de bain crachariel sur le sable à mégots de Saint Tropèze.
Enfin, si le charme des travaux agrestes ne vous émeut guère abandonnez-vous sans scrupules aux délices d’une sieste bien maîtrisée, sans téléphone portable ni tondeuse à gazon du voisin, et rêvez… L’effort à fournir est minime et le contrôleur chargé de vérifier votre embonpoint vous en sera reconnaissant.

8 janvier 2018

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Ouste, du balai !

6 Janvier 2018 , Rédigé par jcd

 
J’ai, voici maintenant quelques semaines, mois ou années, consacré quelques lignes de cet inénarrable bavardage  – dont je suis en vérité le seul et unique blablateur – à ce sujet qui mériterait, selon moi, davantage de contributions, fussent-elles plus ou moins pertinentes, je veux parler de l’euthanazie, sans toutefois ignorer le fait que d’aucuns se seraient émus de ce que j’osasse imputer au mot lui-même et à son usage, certes parfois un peu excessif, une connotation quelque peu partisane dès lors que la plupart d’entre eux (que leur mère avait mis bas en ce monde de progrès alors que les circonstances ne s’y prêtaient toutefois guère) en contestaient, certes pudiquement, le caractère manifestement discriminatoire quand il ne s’avérait pas ouvertement hostile à quelques-uns.
Je souhaitais revenir sur ce sujet dont je ne prétends nullement contester l’efficacité en termes de lutte contre l’excédent démographique que personne, en ces temps d’opulence progressiste, n’oserait égoïstement nier afin d’y rechercher et peut-être trouver une solution essentiellement individuelle. Foin des holocaustes et autres génocides toujours plus ou moins mal vécus par les survivants appartenant aux générations futures, non, demeurons pragmatiques et cessons de nous reposer sur les initiatives, quelquefois malheureuses ou discutables, de peuples obéissants aux directives de chefs occasionnellement perturbés par l’ordre mondial.
L’euthanazie, fût-elle amputée de ce z contestable à bien des égards, ne saurait être négligée à l’échelon individuel lorsqu’il s’agit, et rien de moins excusez du peu, de sauver l’espèce. Encourageons l’auto-euthanasie dont il est plus que temps désormais de développer l’esprit et la pratique alors même qu’il devient plus ou moins nécessaire de mettre un terme à la survie extravagante d’individus dont l’existence constitue un handicap au bonheur des meilleurs d’entre nous. Il ne s’agit pas bien sûr que quelques sujets plus ou moins privilégiés décident, fort arbitrairement dans bien des cas, de qui doit rapidement, voire instantanément, disparaître afin qu’une élite puisse croître et embellir en jouissant tout à fait légitimement des bienfaits de la civilisation. Non, il n’est ici question que du bien public et de la perpétuation d’une espèce par l’intermédiaire de ses spécimens les mieux aptes à en garantir la continuité.
Mon propos, aujourd’hui, vise donc à développer et synthétiser une indispensable prise de conscience des nécessités élémentaires  sans lesquelles l’homme du vingt et unième siècle, mais la femme également dans une proportion raisonnable, ne sauraient négliger l’opportunité qui leur est aujourd’hui offerte de choisir, presque librement, s’ils veulent ou non, contribuer à l’élimination, volontaire s’entend, d’une quantité de citoyens dont nous pouvons visiblement nous passer. Certes certes, les critères restent à déterminer et les processus à établir, encore qu’il faille, à mon sens, laisser à chacun le soin de définir la méthode et surtout les modalités horaires d’exécution qui lui seraient propres, tant il est vrai qu’il convient que tout individu soit à même d’opter pour le matin ou l’après-midi, avant ou après l’apéro de onze heures, le ventre vide ou plein car ces petites coquetteries participent aux bonheurs de l’existence et ne sont naturellement pas les mêmes pour l’ouvrier au chômage ou le retraité qui a ses petites habitudes… de retraité. J’écarte naturellement les hyper-nantis qui sont au-dessus de ces contingences.
Je propose donc que chacun, ou presque, puisse s’interroger sur ses préférences en tenant compte de son mode de vie et d’éventuelles obligations pouvant nuire à sa liberté de mouvement et qu’ensuite, en pleine conscience de son sacrifice, décide s’il préfère le mardi ou le vendredi ou tout autre jour pourvu qu’il s’y tienne une fois le choix effectué, ainsi que le timing qui lui conviendra le mieux puisque certains sont plutôt du matin tandis que d’autres le sont du soir. Concernant la méthodologie la liberté est totale pour autant que sa fiabilité ne prête pas à controverse, voire à expertise policière ou judiciaire car il importe de demeurer exemplaire afin de ne point causer, même involontairement, le moindre problème à autrui, lequel a déjà fort à faire avec ses ennuis personnels.
Sachons profiter de cette ultime possibilité d’affirmer notre indépendance en choisissant de ne plus subir aucune des contraintes d’une société à qui nous avons eu plus qu’assez de comptes à rendre. Sortons discrètement, sans faire de bruit pour ne pas déranger ceux qui dorment, nul ne s’apercevra de rien.

5 janvier 2018

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