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Soit dit en passant

Le génie de l’homme ne date pas d’hier

1 Septembre 2015 , Rédigé par JCD

Depuis qu’il a inventé la roue, un peu plus de cinq mille ans avant l’enregistrement de Catarineta tchi tchi par Tino Rossi dans les toilettes du théâtre Mogador, l’hominien moyen ne se sent plus pisser, ce qui lui crée quelque soucis depuis qu’il s’est mis à porter des chaussures vernies que l’urine oxyde. De la roue on débouche spontanément et dans un raccourci saisissant sur la brouette, sans qu’il faille pour autant en attribuer la trouvaille à un certain Pascal – mais plutôt à un quelconque cousin de Mao Zédong – Pascal donc qui était en vérité bien trop occupé à penser pour s’aller distraire en bricolant mollement dans son appentis une sorte de jouet avec lequel il aurait, bien en vain nous dit-on, tenté de séduire sa cousine qui était certes galbée comme une commode Louis XVI mais aussi bête que ses pieds, ce qui fait qu’elle n’entendait rien à la mécanique quantique sans laquelle, aujourd’hui encore, n’importe quel sous-lieutenant-colonel de l’armée de l’air est infoutu, même sévèrement vitaminé à l’aide de substances proscrites, de rattraper la berline de Léon Zitrone dans l’ascension du Tourmalet.
Une fois la brouette bien en mains – ici le pluriel s’impose sinon c’est quasiment impossible, ce qui tend à prouver que les Chinois, bien plus malins que Pascal, n’étaient pas manchots – l’hominien, mine de rien, se dit qu’avec deux roues l’outillage serait autrement performant. De deux on passe ensuite à quatre, sans même tenter le trois et sans toucher vingt mille francs, et c’est ainsi que naquit, par une terrible nuit d’hiver, la diligence qui reliait Sacramento à Hollywood où, précisément, Robert Mitchum s’employait à convaincre Ronald Reagan de plutôt changer de métier, ce que finit par accepter ce dernier sans nul dommage pour le cinéma. De la diligence où D’Artagnan culbutait allègrement Constance Bonacieux on enchaîne sans barguigner avec la Citroën Xsara Picasso Phase II destinée à concurrencer la Renault Mégane Scénic, Phase II elle aussi. On peut tout autant et mieux même y culbuter qui l’on souhaite tout en écoutant Michel Sardou, Michel Fugain, Michel Delpech, Michelle Dion, etc. Ce qui constitue un progrès non négligeable, d’autant que ce n’est même plus en option.
Dans le même temps d’ingénieux ingénieurs, chers à un joueur de trompinette défunt lui aussi, entreprenaient avec une audace incroyable ne n’utiliser la roue qu’en tant qu’accessoire, occasionnellement pour le décollage et l’atterrissage. Naturellement, il se trouve toujours, là comme ailleurs, un utilisateur facétieux qui opte, quelquefois au tout dernier moment, pour l’amerrissage, l’aneigissage voire l’alunissage mais on a vite dû constater que de sérieux progrès restent encore à faire dans ce domaine si particulier où, semble-t-il, la roue, inventée il y a un peu plus de cinq mille ans, il convient de le rappeler au moment des condoléances les plus officielles, s’avère parfois impuissante lorsqu’il s’agit de s’opposer à la volonté de Dieu dont le pouvoir est immense, vu qu’ils sont plusieurs à se partager les prérogatives, ce qui peut occasionnellement déboucher sur des mésententes, voire des rivalités s’exerçant le plus souvent au détriment du voyageur.
On voit par là, principalement si la fenêtre ouverte l’est demeurée et si l’observateur ne l’est pas totalement, on voit par là combien le fait que la roue soit, dans la plupart des cas, ronde demeure son principal atout. Des essais ont été tentés, sans succès véritable, avec des roues carrées, triangulaires ou octogonales mais, en règle générale les utilisateurs et plus encore les usagers payants dénonçaient l’inconfort engendré par un tel choix. En conclusion, il semble que la roue de forme circulaire ait encore de beaux jours devant elle et il nous faut remercier les Sumériens d’y avoir pensé avant nous alors qu’ils ignoraient à peu près tout de l’œuvre de Christine Angot, et croyaient, les sots, que la Terre était à peu près plate. Notons d’ailleurs à ce propos qu’Eratosthène n’était même pas né, alors Galilée et David Douillet j’te dis pas.
Naturellement, d’incorrigibles pessimistes, arguant de l’impasse scientifique dans laquelle nous voici désormais arrivés, se sont empressés de stigmatiser ce bel objet plus parfaitement rond que Jean Carmet lui-même rentrant de Bourgueil à Sèvres par une nuit sans lune après une dégustation de divers produits des coteaux de la Loire dont la toxicité n’est toujours pas prouvée. Certes, on a beaucoup glosé sur la circonférence de Genève en 1954 mais force est d’admettre que nul n’a depuis observé de modification spectaculaire et les Helvètes eux-mêmes reconnaissent qu’il n’y a pas le feu au lac. C’est assez dire à quel point nos plus éminents chercheurs n’en finissent pas de s’interroger sur la quadrature du cercle, en oublient de relever la tête et continuent d’ignorer que les poètes ont bel et bien disparu.
J’avoue que je n’en reviens pas.
août 2015

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