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Soit dit en passant

L’art contemporain ne date pas d’hier

3 Avril 2018 , Rédigé par jcd

Fraîchement diplômé de l’école des Beaux-Arts de Dresde le jeune Friedrich Stücke est encore à la recherche d’un lieu susceptible d’accueillir ses premiers travaux personnels, encore fortement marqués par l’influence de ses professeurs alors même qu’il s’efforce d’obtenir des informations plus précises sur certains groupes  plus ou moins informels qui tenteraient d’échapper aux tendances du moment, fortement dominées par les personnalités prétendument avant-gardistes qui ne sont en fait que les suiveurs passéistes de mouvements désormais reconnus et admirés par toute une intelligentsia redoutant de se voir débordée, sur sa droite aussi bien que sur sa gauche, par les farouches partisans d’un art enfin débarrassé de tous les académismes d’hier et engagés dans un renouveau de la création.
Ce n’est en vérité que le le 10 juin 1944 qu’il parviendra, en compagnie d’autres anciens élèves de sa classe, à mettre enfin en chantier ses premiers balbutiements en terme d’art vraiment contemporain dans une œuvre, certes collective, mais ô combien caractéristique d’une démarche volontaire, audacieuse ne perdant jamais de vue son objectif d’intransigeance absolue vis-à-vis des masses endormies dans leur conformisme que l’art se doit de réveiller pour entrer dans un avenir aux promesses de liberté totale.
Il n’eut certes pas le loisir de choisir le site où se déroulerait son installation-performance mais il sut se satisfaire du hasard qui lui fit découvrir cette modeste bourgade de la Haute-Vienne, située à une vingtaine de kilomètres de Limoges et bordée par une charmante petite rivière nommée la Glane, affluent de la Vienne. Aidé de ses camarades il eut néanmoins quelques difficultés à convaincre les habitants d’apporter sans trop rechigner leur contribution à cette création commune pour laquelle il ne disposait d’aucune subvention du ministère de la Culture ni d’aucune aide publique ou privée puisque les chefs d’entreprises et leurs banquiers se montraient quelque peu dubitatifs quant aux retombées financières aussi bien que médiatiques d’un tel événement. Il faut dire que les médias ne disposaient pas encore des moyens nécessaires pour relayer et diffuser les faits, si bien que seul le quotidien local avait promis d’envoyer un photographe, lequel était déjà surbooké en raison du Grand Prix du Tour de France censé remplacer la Grande Boucle après l’interdiction de la compétition par étapes.
Ataviquement parlant le Français renacle à s’enculturer. Il ne faut donc pas s’étonner outre mesure de la faible participation de ces villageois, 642 selon les chiffres officiels, et certains n’ont pas hésité à se dissimuler dans des granges, voire à l’église, plutôt que de se voir sommés d’admirer contre leur gré une telle manifestation à laquelle les principales vedettes de la chanson avaient fait en sorte de n’être pas conviées, probablement au vu de la médiocrité du cachet proposé.
Toutefois, ce fut pourtant un fort beau spectacle et les Radounauds et Radounaudes en conservent un souvenir ému que nombre de nos voisins nous envient.

3 avril 2018    

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