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Soit dit en passant

Veuillez trouver ci-inclus…

28 Octobre 2017 , Rédigé par jcd

 

 

 

 


Eh bien voilà, ça devait arriver. En ce jour anniversaire de n’importe quoi, nous apprenons que les vieux birbes de l’Académie française s’opposent farouchement à l’instauration de l’écriture inclusive en tant que moyen d’expression visant à transformer les nourrissons d’aujourd’hui en nègres blancs d’un quelconque président de la République d’après-demain, quand bien même eût-il pris le train en marche. Et je suis bien d’accord avec eux. Naturellement, les intégristes féministes seront outrées (elles le sont déjà et fort heureusement cette bonne vieille culture de la délation qui nous habite depuis les années quarante doit encore servir et si on me demande gentiment [très gentiment  mesdemoiselles et mesdames] et je peux fournir noms et adresses et c’est vrai qu’un tel recul ne peut que scandaliser les véritables défenseurs de l’égalité hommes-femmes – ici je m’aperçois que, décemment, j’eusse dû probablement écrire… en vérité rien du tout puisque l’égalité femmes-hommes porterait sans nul doute préjudice à tous les représentants de la gent masculine qui ne compte quand même pas pour du beurre et ce n’est pas le délicieux réalisateur du Dernier tango à Paris qui soutiendra le contraire, et Maria Schneider moins que toute autre. Mais je m’égare et les moments d’égarement ne sont-ils pas une des principales raisons de continuer à survivre quand rien ne nous y pousse vraiment, notamment lorsqu’il ne reste plus rien à boire  et que nous n’avons guère envie de relire tout Theilhard de Chardin pour la huitième fois. D’autant que les sept précédentes furent déjà au-dessus de ma condition physique. Concernant ma condition intellectuelle je vous remercie de vous abstenir de tout commentaire, j’y pourvoirai moi-même un peu plus tard en cette fin de journée d’automne lorsque m’étreint une douce mélancolie qui n’est pas sans évoquer le charme un peu suranné des pierres tombales alors qu’il convient de n’omettre point le nécessaire crochet par le charcutier pour lui prendre des rillettes de canard.Où donc en étais-je de cette brillante introduction ? Ah oui, l’écriture inclusive. J’ignore si vous avez déjà tenté de lire une page ou deux de cette prose qui, par certains aspects pourrait possiblement s’apparenter à de la poésie contemporaine. Lire un tel machin est plutôt débilitant mais essayez donc de le lire à voix haute, comme si précisément c’était une sorte de poème de Bernard Noël ou de Paul Claudel car il faut diversifier les plaisirs, sinon l’amour s’épuise. Terrifiant vous dis-je, ou franchement hilarant parce que totalement imbitable, imprononçable, de la langue étrangère en quelque sorte. Et les croulants de l’Académie ne s’y sont pas trompés qui y ont discerné comme une mise à mort de la littérature française. Parce que, entre nous, les Moldo-Valaques et autres exclus de la francophonie peuvent bien se shooter à l’écriture inclusive mais moi, non. Catégoriquement.
Je ne suis pas hostile au fait que certains sujets de genre ouvertement féminin montent dans la même voiture de train ou de métro que moi sans redouter que je leur sautasse immédiatement dessus, comme si j’étais un quelconque Harvey Weinstein. Ce qui n’interdit nullement… Mais enfin, faudra pas venir se plaindre vingt ou trente ans plus tard, encore que, dans vingt ou trente ans… n’est-ce pas !
Eh bien voilà, je me suis encore égaré en route. D’ailleurs, n’est-il pas fort agréable de s’égarer en route, c’est juste qu’il faut éviter d’être seul dans ce genre de situations parce qu’on peut fort bien se perdre et n’en point revenir. Ce qui eût été fort dommage, convenons-en.

28 octobre 2017 

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Plus époustouflant qu’un vulgaire sac Vuitton !

26 Octobre 2017 , Rédigé par jcd

 

 

 

 

 

Ah ! vous pouvez dire que vous en avez de la chance, vous autres les Parisiens têtes de chiens, non seulement notre Président (j’ai choisi, pour me gausser, de mettre ici une majuscule quand les besogneux de l’imprimerie ne parlent évidemment que de capitale) est en permanence invité à veiller sur vous tandis que ses fidèles acolytes se donnent énormément de mal pour faire exécuter ses directives, mais vous possédez de surcroît de très beaux immeubles et de magnifiques monuments que le monde entier nous envie au point d’en acheter quelques-uns de temps à autre, vous avez aussi une maire complètement socialiste alors que la chose se fait rare, ne serait-ce que dans l’énoncé. Or, Parigots têtes de veaux bénits des dieux, voilàtipas qu’un artiste célébré jusques aux confins de la civilisation planétaire choisit précisément votre cité merveilleuse et, du coup, tout émerveillée, pour lui offrir un de ses incontestables et incontestés chefs-d’œuvre afin d’orner et enrichir l’un de vos innombrables et si beaux quartiers d’une pièce unique de l’art contemporain. Ah ! vous pouvez dire que vous avez de la chance, mais je ne sais pas si vous vous rendez bien compte de l’honneur qui vous est fait, un bouquet de tulipes gonflables dont on peut toutefois se demander, avec une certaine impertinence je vous le concède, si celles-ci seront tout autant gonflables et volatiles qu’on nous le dit, une fois converties en trente tonnes de bronze. Car ce génie de l’art contemporain a lui-même opté pour la place de Tokyo, point d’orgue dont il apprécie énormément la somptueuse avenue du Président Wilson où vous pourrez déambuler, au terme d’une belle journée de chômage, afin de venir vous recueillir devant le magistral Bouquet of Tulips, fleuron inestimable puisqu’il s’agit d’un présent (équivalent à plus de trois fois le budget annuel d’acquisition du Centre Pompidou) dont nous savons aujourd’hui qu’il est déjà fondu et peint avec grâce chez nos voisins d’outre-Rhin qui ont fait quelques progrès en matière d’art dégénéré depuis la tentative désespérée de bâtir une grande Europe qui fut vraiment chrétienne.
Il va de soi que la moindre petite bourgade de la Creuse, par exemple et afin de ne vexer nul autochtone qui, ayant choisi de perdre son temps en quelque trou perdu dépourvu de métro, ne saurait décemment se lamenter de n’avoir point été honoré pour accueillir un tel événement culturel dont l’importance n’aura échappé à personne, si ce n’est à quelques pauvres médiocrement cultivés n’ayant pas la plus petite idée de ce que peut être la création dans le domaine si particulier de l’Art. D’ailleurs, existerait-il un quelconque secteur autre que l’Art où le terme de création ait le moindre sens ? D’aucuns s’empresseront sans doute de vilipender mon abject négativisme, au motif ô combien contestable que je ne serais qu’un infâme aigri, un raté amer et un jaloux dépourvu d’objectivité, voire d’humilité. Eh bien soit, je suis tout cela et même probablement bien davantage car mon appétit est immense, au moins égal à mes doutes, mais s’ils le pouvaient ils me pendraient volontiers par les couilles à un croc de boucher en place de grève générale, à ceci près toutefois que je suis un peu sorti du sujet puisque nous parlions d’art contemporain.
Ah ! combien je regrette de n’être plus Parisien et de ne pouvoir jouir comme tout un chacun ou presque d’une telle munificence (d’ailleurs c’est avec une belle opportunité que Théophile Gautier me souffle cette phrase toute de circonstance : grâce à la munificence de nos rois, Paris s’embellit tous les jours à la grande admiration des étrangers). Avouez que je ne le lui fais pas dire, alors qu’il n’était même pas publié aux éditions Actes Sud. Mais il est vrai que je suis d’un naturel bien peu amène, ainsi soit-il.

26 octobre 2017

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De qui se moque-t-on ?

23 Octobre 2017 , Rédigé par jcd

 


S’il reste aujourd’hui quelques soixante-huitards qui ne se soient pas encore convertis au noble et talentueux libéralisme macronien en échange d’un avenir prometteur quasi-immédiat, ils doivent probablement ricaner – un peu amèrement certes – en découvrant le projet du président des riches de sanctifier, cinquante ans plus tard, les événements de mai 68. L’inénarrable Henri Guaino ne manque d’ailleurs pas de nous éclairer en affirmant que les enfants gâtés de 68 sont les macroniens de notre temps et que Macron est leur héraut et porte-voix. Le savent-ils au moins, ces ingrats ? Réjouissons-nous de constater que les Cohn-Bendit et autres Geismar se sont empressés de lui apporter leur soutien en votant pour lui, sans doute pour nous épargner la terrrrrible victoire des national-frontistes. Célébrer le temps des utopies et des désillusions sans dogmes ni préjugés, dit-il. Tu manques pas d’air, bonhomme !
Partis politiques de goche et syndicalistes ont peut-être un peu vite oublié qu’il a fallu alors les pousser sévèrement au cul pour qu’ils descendent dans la rue et condescendent à oser prendre le pouvoir, encore aujourd’hui tout étonnés d’avoir obtenus une hausse du Smic de 33% et de 55% du salaire minimum agricole. Certes certes, le temps des désillusions allait venir avec le remplacement du gauchisme par la social-démocratie pour, au bout du compte, s’incliner devant le libéral-fascisme. Cinquante ans pour arriver là, il y a de quoi se montrer quelque peu déçu. Jadis on aurait coupé quelques têtes pour moins que ça, mais voilà ! nous sommes désormais entre gens bien élevés et il y a des choses qui ne se font plus. Finalement, on s’accommode de la couardise et de l’hypocrisie, puis lorsque le culte de l’économie te rentre dans le tien, si tu osais, tu demanderais bien un soupçon de vaseline. Mais n’est-ce point déjà faire preuve de beaucoup d’audace. Mai 68 c’est du passé et, du passé faisons table rase, n’est-ce pas ! On peut bien commémorer, ça ne coûte rien, ou presque rien au regard de ce qu’une mafia de prébendiers détournent à gauche, ou à droite. C’est la démocrassie, coco ! Et puis, hein ! si tu ne peux pas le faire ici, fais-le ailleurs, c’est l’Europe, non ? Et puis, de quoi te plains-tu, t’as voté, non ?


23 octobre 2017 

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J’aime le chant des tronçonneuses le matin au fond des bois

13 Octobre 2017 , Rédigé par jcd

 

 

 

 

 

Non mais, dites-moi, ne serait-ce point une de ces belles matinées d’automne qu’enchante la suave mélodie des tronçonneuses bravement à l’œuvre depuis le petit jour, sans que merles, mésanges et autres commentateurs de l’actualité n’y trouvent à redire, en tout cas je ne les ai pas entendus témoigner lors de leur contribution aux informations radiophoniques de Jean-Michel dont l’apathie inspire la nation qui vit naître Michel Droit dont nul ne se souvient désormais. Encore heureux ! Certes certes, l’hiver sera froid, homme blanc couper beaucoup bois, hugh ! Et puisque tout le monde n’est pas forcément plus cultivé que la moyenne, il est ô combien naturel que quelques-uns ignorent encore aujourd’hui les vertus du nucléaire en termes de chauffage – allez donc demander leur avis aux Japonais, fort expérimentés depuis 1945 dans ce domaine très technique-nique-nique. Par ailleurs, il ne faudrait en aucun cas sous-estimer les capacités insoupçonnées et pourtant considérables de l’homo erectus, peut-être bien lecteur de Télérama, grâce à quoi il se sera ouvert à la danse contemporaine, à l’art contemporain, bref à tout ce qui est contemporain étant donné que nous avons dépassé depuis lurette le moderne, le néo-moderne et le post-moderne.
L’homo erectus de type ni droite-ni gauche ne saurait ignorer ce qui fait tout le charme subtil et parfumé de la tronçonneuse en action, lequel charme  se résume en quelques notions assez vagues dont le maître-mot est plus que jamais le progrès, inénarrable bouffonnerie sans quoi nous en serions réduits à nous rendre à pied, tels de vulgaires pécores bas-alpins, au prochain concert d’adieu de Rika Zaraï  ou même au meeting consacrant le grand retour douloureusement inespéré de Balladur.
J’entends bien – si je puis dire pareillement en semblable circonstance où mon ouïe est, je l’avoue, plus que comblée – j’entends bien disais-je que l’été fut caniculaire et que pas une goutte de cette pluie bienfaitrice ne soit venue rendre l’air respirable depuis le joli mois de mai où le militant aime à battre le pavé en martelant des slogans plus ou moins révolutionnaires que les sombres guerriers des forces de l’ordre ne sont toujours pas parvenues à apprendre par cœur depuis l’élection de René Coty au suffrage universel alors même que Tino Rossi leur murmurait son inoubliable Catarinetta Bella Tchi-Tchi. C’est assez dire combien la vie est mal faite. Or cette absence d’une pourtant nécessaire ondée qui point ne vint combler l’attente du mycologue diplômé marquera, j’en suis convaincu, le dramatique commencement d’une ère tout entière dominée par l’horrible, l’abominable dessèchement des papilles inexorablement privées de leur hydratation par le beaujolais blanc du matin, à l’heure où les tronçonneuses clament haut et fort leur mépris du silence absolu pourtant indispensable à une saine dégustation. Ainsi soit-il, en quelque sorte.


13 octobre 2017

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Lire Spinoza

11 Octobre 2017 , Rédigé par jcd

 

 

 

 

 

Quoi ? Qu’est-ce que j’apprends ? C’est-y pas dieu possible, d’éminents chercheurs, des scientifiques en quelque sorte, auraient signé, moyennant finances il va de soi, un certain nombre «d’études» rédigées par un groupuscule de plumitifs appointés par une firme solidement investie dans la fabrication de poisons recommandés pour le désherbage intensif, signé dis-je à seule fin de contredire les propos d’autres plumitifs dont l’unique souci aurait été d’en dénoncer la toxicité et donc le danger, au risque de mettre en péril l’avenir d’une entreprise hautement créatrice d’emplois. On croit rêver ! Non mais, rendez-vous un peu compte, des Scientifiques, des Chercheurs, pas des n’importe quoi ou de vulgaires crétins tout juste bons à faire carrière comme chômistes, non, des messieurs super intelligents, hyper-pointus dans leur spécialité, et donc pour cette raison, éminemment crédibles. Des types qui auraient pu tout aussi bien concevoir la machine nucléaire à te dépister le cancer du pancréas chez un gamin de huit ans qui n'a pas encore découvert Michel Sardou.
Il ne faudrait pas oublier que ces lascars-là, ou même ces lascars-ci ont fait des études, bien au-delà du certif et que leur parole ne saurait être contredite, ni même mise en doute  – parce qu’il faut vous dire que je doute énormément depuis que j’ai entendu dire que monsieur Untel ou Telautre aurait pioché dans la caisse pour payer ses frais de bouche ou de secrétariat – car ce sont des sommités (extrémité d’une tige garnie de petites fleurs groupées) qui ne se contentent pas d’un voyage à La Bourboule en classe affaires pour leurs six semaines de congés payés, alors que l’ouvrier qui bosse chez Monsanto par exemple n’en a que cinq, de semaines, et il serait question de lui en supprimer deux si le chiffre d’affaires de l’employeur n’a pas doublé d’ici la fin de la semaine.
Bon, en même temps on me fait savoir qu’à Dubai le spectacle est quotidien alors que la Bulgarie, je cite, est le pays des optimistes puisque les pessimistes et les lucides l’ont déjà quitté. Peut-être devrions-nous aller en Bulgarie… Au fait c’est qui, c’est quoi, le dictateur là-bas, est-ce qu’il est démocrate ? Si les optimistes sont aujourd’hui concentrés en Bulgarie faut-il s’étonner du nombre grandissant ici de pessimistes et de lucides ? Certes, l’Europe n’est-elle pas un formidable réservoir de cobayes permettant de tester et d’affiner en grandeur nature les projets d’économie ultra-libérale de la finance internationale avec la complicité de politiciens évidemment corrompus et corrupteurs. D’où les chercheurs et scientifiques prêts à tout eux aussi.
N’y aurait-il pas comme un manque flagrant d’éthique au sein de cette société du profit à tout prix quand, dans le même temps, la multitude s’abrutit avec délices dans la crétinerie la plus basse et l’irresponsabilité la plus totale, n’y aurait-il pas ?
Et si nous tranchions l’extrémité de ces tiges garnies de petites fleurs groupées pour les plonger dans du glyphosate, par exemple, histoire de voir se ratatiner les pseudo-sommités et crever tels des déchets qu’il serait dangereux voire néfaste de jeter sur le fumier car le risque est grand qu’ils ne polluent le fumier lui-même en se décomposant…
Par ailleurs, si tous les pessimistes et les lucides voulaient bien se donner la main on pourrait probablement monter une association à but non lucratif, du moins au début, dont la vocation serait de convaincre les optimistes, Bulgares ou non car il doit bien y en avoir ailleurs, de se suicider quand il est encore temps afin de débarrasser l’humanité, et pas seulement celle du dimanche, de toute velléité d’espérance dégoûtante pour enfin se consacrer exclusivement à la lecture de Spinoza et au beaujolais plutôt qu’au fouteballe.

11 octobre 2017

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Le mystère Picasso demeure entier

3 Octobre 2017 , Rédigé par jcd

 

 

 

 

Revu hier soir la performance que Picasso exécuta devant la caméra de Clouzot au milieu des années cinquante. D’aucuns ne manqueront pas de dénoncer, âprement quelquefois, l’usage que je viens de faire du terme performance puisque le concept n’était, à l’époque, pas encore né. Il n’empêche – et cela ne remet nullement en cause l’admiration que j’affirme, depuis longtemps, pour l’artiste espagnol – que l’exploit réalisé par Picasso selon un timing imposé par le cinéaste relève bel et bien de ce rituel nommé aujourd’hui performance, la seule différence se situant   précisément dans l’absence de public et de pseudo-journalistes convoqués pour immortaliser ladite. Ce qui me pose problème aujourd’hui tient au fait que les œuvres produites lors de ce tournage n’appartiennent nullement  au meilleur de la production, pourtant abondante, de l’artiste. Car, quoi qu’en pensent, ou en disent, certains exégètes de l’art contemporain, il ne s’agit là que d’ébauches, d’esquisses, de dessins qui n’ont jamais dépassé le stade du préliminaire. Certes, c’est brillant, virtuose et démontre combien Picasso maîtrisait l’acte même de créer à partir de rien, ce en quoi il diffère de ces prétendus artistes – ô combien contemporains – qui, à partir de rien , ne créent pas davantage que rien. Certes certes, il fallait le faire afin de démontrer comment ce bonhomme chauve en short était capable, à la demande si nécessaire, de mettre en place sur une toile blanche quelques lignes et quelques taches de couleur qui ont donné naissance, mais sans public pour applaudir, à des peintures admirables, pouvant éventuellement sembler spontanées mais demeurant en vérité l’aboutissement d’un long travail préalable et d’une réelle capacité de création. Je ne conteste nullement le travail de Clouzot, à ceci près toutefois qu’il pourrait laisser croire à des spectateurs un peu distraits et faciles à séduire que Picasso pouvait produire une dizaine de chefs d’œuvre en un peu plus d’une heure. Rien ne se fait en cinq minutes, seulement le savoir-faire, la virtuosité, voire, dans le pire des cas, la pitoyable manifestation de la nullité du prétendu artiste contemporain. Dans le spectacle du cirque, le numéro de l’équilibriste, qui peut paraître facile ou au moins évident, est le résultat d’un travail, de tentatives ratées, d’exacte exécution du geste avec une précision millimétrée. Pour l’artiste, il n’y a a priori nul spectacle, il peut recommencer autant de fois qu’il sera nécessaire pour atteindre ce qu’il recherchait. Il est seul juge du résultat mais c’est un privilège que l’on a peut-être un peu tendance à lui ôter au profit de maquignons qui se prétendent experts en matière d’art. So long, Pablo !

3 octobre 2017

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