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Soit dit en passant

Servir

14 Février 2016 , Rédigé par JCD

Parmi la vingtaine de lecteurs de ce recueil de broutilles qu’il me fut donné de publier à l’automne dernier quelques-uns, peu nombreux certes, daignèrent brièvement me faire connaître leur jugement – aussi péremptoire pût-il être parfois – et je me souviens aujourd’hui (pourquoi donc aujourd’hui ?) que l’un de mes admirateurs enthousiastes m’avait signalé quelques redites, ajoutant fort obligeamment qu’elles étaient sans gravité. Et ce matin me revient cette phrase de Gide soutenant qu’il ne faut pas craindre de se répéter car le public est fort distrait. Ouf ! Avec l’aval d’un tel auteur je peux donc tout me permettre – du moins dans le domaine du rabâchage –, je suis couvert. Et puis, tentons de nous montrer objectif : sur environ trois cent quatre-vingt textaillons écrits entre mars 2011 et octobre 2015, ne suis-je pas autorisé à revenir, fut-ce un peu lourdement diront d’aucuns, sur certains sujets sans avoir spectaculairement changé d’avis à leur propos ? D’ailleurs, est-ce que je vous demande votre avis concernant les criminels chargés de fabriquer ce produit que l’on nomme, le plus souvent improprement, du pain ? Non, bien sûr que non. Pourtant, il y aurait beaucoup à dire et je ne serais pas hostile à un recensement complet de la population – sans discrimination à l’égard des juifs, des arabes et des socialistes – des prétendus boulangers titularisés sous cette étiquette, avec contrôle inopiné de la production de chacun et élimination immédiate de tous les usurpateurs et autres faussaires, quitte à tenter le recyclage des simples incapables dans la confection du béton chez l’un ou l’autre de ces paysagistes néo-staliniens ou dans le remuement du fumier chez quelque exploitant agricole non encore reconverti dans l’élevage hors sol.
Il existe ainsi quantité de menus faits et événements, que l’on jugera ou non simplement anecdotiques et qui ont le pouvoir de me gâcher plus ou moins quotidiennement la journée. Je reconnais chez moi une assez remarquable prédisposition à dénicher, sans beaucoup finasser, l’exploit, même modeste, qui illustrera à merveille la tragique aptitude de mes congénères à m’empuantir l’existence, avec pour unique objectif final celui de nuire, y compris férocement à eux-mêmes – ce qui démontre sans la moindre ambiguïté l’invraisemblable perversion d’une humanité fille putative de Joseph Mengele. Je n’ignore certes pas que c’est là quelque chose qui s’apprend, sans nier pour autant qu’il existe des individus nettement plus doués que d’autres ; reconnaissons qu’atteindre un tel niveau d’excellence signale parfois d’authentiques génies qui mériteraient qu’on les transformât en compost ou en nourriture pour animaux afin qu’une fois dans leur vie, ou un peu au-delà, ils soient enfin utiles à quelque chose. Pour tout nuisible existe un prédateur.
Cela dit sans aucunement remettre en question ma préférence et mes choix en faveur de l’inutile dont je m’emploie chaque jour à saluer – discrètement afin de ne point contrarier les imbéciles – l’indiscutable nécessité, principalement lorsque c’est moi-même qui y consacre le meilleur de mon temps et l’essentiel de mon humble talent. Aussi ai-je décidé de m’autoriser à répéter, autant de fois qu’il m’agrée, la crème de mes exécrations, ne serait-ce que dans le but d’exciter la haine de mes détestateurs. Quant aux indifférents, abandonnons-les à leur ignorance et qu’à jamais pourrissent les racines de leur suffisance rance.
En choisissant de ne servir à rien je suis intouchable.
février 2016

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O
ça, lu .
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C
Que dites-vous ?... C'est inutile ?... Je le sais !<br /> Mais on ne se bat pas dans l'espoir du succès !<br /> Non ! non, c'est bien plus beau lorsque c'est inutile !<br /> Qu'est-ce que c'est que tous ceux-là !- Vous êtes mille ?<br /> Ah ! je vous reconnais, tous mes vieux ennemis !<br /> Le Mensonge ?<br /> [Il frappe de son épée le vide.]<br /> Tiens, tiens ! -Ha ! ha ! les Compromis,<br /> Les Préjugés, les Lâchetés !...<br /> [Il frappe.]<br /> Que je pactise ?<br /> Jamais, jamais ! -Ah ! te voilà, toi, la Sottise !<br /> Je sais bien qu'à la fin vous me mettrez à bas ;<br /> N'importe : je me bats ! je me bats ! je me bats !<br /> <br /> Tel un Cyrano continue de créer de l'inutile, notre société entièrement axée sur le fric et la rentabilité en a grand besoin. Et mort aux cons.
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A
Naturellement, ce foutu correcteur, aussi con que salaud, me chie derechef dans les bottes !<br /> Tu es "à conserver d'urgence dans du formol". Et j'ai oublié de fermer la parenthèse, mais ça, si je ne me trompe, tu es capable de t'en charger…
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D
C'est cela même, je fermerai la parenthèse, la porte en sortant et j'éteindrai les lumières.<br /> Pour ce qui est du futur c'est à gauche en bas de l'escalier mais dans l'obscurité je ne suis pas certain de ne pas me foutre la gueule en l'air, au risque de renverser le bocal de formol.<br /> Quant aux cons et aux salauds, avec la merde qu'ils laissent en quantité il y a de quoi les conchier confortablement.
A
Pas de doute, ô JCD, tu es délicieusement inutile, le roi de la gratuité, conserver d'urgence dans su formol pour l'édification des générations futures (démarche tout aussi inutile que ta présence ici-bas, puisque nous savons toi et moi que pour qu'il y eût des générations futures, il faudrait qu'il y eût un futur, ce qui peut pour le moins paraître peu probable à l'heure qu'il est…<br /> Carpons donc le diem sans attente ni remords, en commençant par conchier allègrement les cons et les salauds, indéfectiblement unis pour chier dans les bottes de tout ce qui est plus vivant qu'eux !
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