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Soit dit en passant

Déchoir

7 Février 2016 , Rédigé par JCD

J’ai une marotte, celle de toujours chercher à savoir, voire à vérifier, la signification des mots que d’autres emploient, de préférence en prétendant qu’ils ne visent dans leur propos que l’amélioration du sort d’autrui. Déchoir, c’est tomber dans un état inférieur à celui où l’on était. C’est (s’)abaisser, (se) dégrader, descendre, c’est aussi déposséder, priver. Le dernier pouvoir politique a avoir usé avec arrogance de cette mesure discriminatoire fut, en France, celui de Vichy. Déchoir quiconque de sa nationalité n’est possible que vis-à-vis de binationaux puisqu’il ne saurait être question de faire de celui que l’on condamne un apatride. Il y aurait dans une telle attitude quelque chose d’intolérable pour les sages de l’ONU qui s’apparenterait, par exemple et selon eux, à l’emploi d’armes chimiques dont l’utilisation est formellement proscrite, en vertu de la directive N° 0038712992B portant sur le comportement à adopter vis-à-vis de l’ennemi en temps de guerre déclarée unilatéralement, voire en temps de paix mais on n’est jamais vraiment sûr de rien. On voit par là le caractère profondément humain d’un tel processus puisqu’il convient de s’assurer que celui que l’on veut ainsi déchoir dispose d’une autre nationalité, faute de quoi il ne resterait plus alors qu’à l’abandonner très logiquement sur un canot pneumatique au beau milieu des eaux internationales. Lors, il accéderait de plein droit au statut, probablement inédit pour lui, de migrant. Bien sûr, il s’agit là d’une mesure coercitive et l’individu se retrouve donc puni, mais c’est également une mesure exceptionnelle dont on n’use qu’avec circonspection et à l’égard – j’allais bêtement écrire à l’encontre – de concitoyens dont on souhaite ardemment qu’ils ne le soient dorénavant plus. Et ce n’est évidemment, et heureusement, pas le cas pour tout un chacun car, pour les autres – je veux parler des honorables que l’on ne peut déchoir d’une nationalité qui leur est en quelque sorte consubstantielle et unique – on peut les déchoir de mille autres manières, en les abaissant, les humiliant, en faisant en sorte qu’ils n’aient plus que honte et dégoût d’eux-mêmes. Ce qui peut parfois s’avérer fort laborieux car l’honnête homme a généralement tendance à n’être dégoûté que de ses nombreux voisins, eût-il pris l’apéro avec eux la veille au soir. Comme quoi on ne peut se fier à personne, d’où le succès incontestable et incontesté de la dénonciation, si chère au cœur de nos (com)patriotes.
Sans doute conviendrait-il, serait-il urgent, de déchoir de leurs titres et privilèges les imbéciles titularisés qui viennent de décider arbitrairement de libérer la langue française d’un certain nombre d’archaïsmes dont elle se satisfaisait pourtant avec élégance depuis belle et longue lurette. Et que je te débarrasse du trait d’union, de l’accent circonflexe – on suppose que l’accent aigu et le grave seront pour le prochain quinquennat – et du i, parfaitement inutile, de oignon comme du ph de nénuphar alors que nous tous savons, de Marseille à Plougastel-Daoulas, qu’une solution dont le pH est inférieur à 7 est indubitablement acide. Or, il se trouve que la consommation d’acide est réprimée par la loi, d’où cette décision de pur bon sens d’interdire le ph et de le remplacer par le f, infiniment plus sobre puisqu’il permet de gagner de la place sur la copie lors d’une dictée à normale sup. Rappelons néanmoins aux incultes que la graphie de cette plante aquatique était constante avec un f jusqu’au début du siècle précédent et que ce sont les académiciens eux-mêmes qui ont délibérément opté pour le ph en 1935. Ne nous étonnons point trop hâtivement de semblables revirements de la part de sujets quelquefois prompts à passer sans trop d’états d’âme de la collaboration à la résistance, et vice versa.
Nul ne peut imaginer les quantités d’énergies diverses et variées qu’ont dû dépenser ces crétins diplômés pour aboutir à un tel résultat. Tout le personnel extrêmement compétent du ministère de l’Éducation nationale s’est associé au groupuscule de nos dignes académiciens pourtant déjà fort chenus afin de réparer, enfin, les dommages subis au fil des ans par un vocabulaire abandonné à lui-même, sclérosé en dépit de son enrichissement continuel par injection massive d’anglicismes et autres barbarismes destinés à ce qu’il soit enfin vraiment de son temps. Une première charrette de deux mille quatre cents mots doit donc permettre à une partie des attardés mentaux de nationalité française non déchus de se familiariser avec notre noble langue enfin rajeunie et, ainsi instruits, d’entrer à leur tour dans la grande famille des éducateurs du peuple afin d’y prodiguer leur savoir. Les meilleurs d’entre eux accèderont peut-être, je veux dire certainement, à un poste de ministre ou de député afin qu’à leur initiative soit élaborée une prochaine réforme de l’orthographe qui en laissera plus d’un pantois d’admiration. Si l’on table, sans vouloir se targuer d’une ambition démesurée, sur une nouvelle charrette de plus ou moins deux mille quatre cents mots, il n’est pas irréaliste de voir, dans un avenir enfin gorgé de promesses, la langue française redevenir la première du monde et son rayonnement s’étendre ainsi sur les peuples avides de connaissances qui leur permettront désormais de lire et d’écrire tout Flaubert, Balzac, Proust et jusqu’à Céline avec les mots correspondant fidèlement à cette époque ô combien bénie où ils auront la chance de s’épanouir.
Naturellement, il va impérativement falloir s’attaquer à la réécriture de toute cette littérature aujourd’hui terriblement ringardisée, la victoire de l’intelligence sur l’ignorance est à ce prix.
février 2016

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C
Tiens au fait, je souhaiterais une précision concernant la fonction d'un imposteur<br /> Un escroc escroque<br /> Un dupeur dupe<br /> Un illusionniste illusionne <br /> Mais....Un imposteur ?
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C
Visionnaire le grand Charles qui déclara en 1962 ?<br /> "Je ne crois pas que l'Europe puisse avoir aucune réalité vivante si elle ne comporte pas la France avec ses Français, l'Allemagne avec ses Allemands, l'Italie avec ses Italiens etc. Dante, Goethe, Chateaubriand appartiennent à toute l'Europe dans la mesure même où ils étaient respectivement et éminemment italien, allemand et français. Ils n'auraient pas beaucoup servi l'Europe s'ils avaient été des apatrides et qu'ils avaient pensé, écrit en quelque esperanto ou volapük intégrés..." .<br /> Prenons garde, bientôt la novlangue d'Orwell dans son roman "fiction" 1984 , sera notre seul moyen d'expression orale et écrite,et nous n'aurons plus la moindre occasion de mourir pour la virgule si chère à Cioran.<br /> <br /> Un certain Napoléon (N°1,2,ou 3?) aurait déclaré que l'orthographe était la science des ânes. <br /> Étant moi-même un "âne alpha bête" notoire pour qui l'orthographe est souvent une jungle inextricable , je me suis permis tout de même à mettre mon petit grain de sel.<br /> <br /> PS: Il faut te faire une raison, l'inspiration c'est comme la constipation, il fait pousser.
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C
correction. Il faUt pousser
O
En ce qui me concerne, je suis loin d'écrire sans fautes.<br /> Je le regrette, mais, malgré les efforts que je peux faire à chaque fois,<br /> il en reste toujours. <br /> D'ailleurs heureusement qu'il y a un correcteur qui souligne en rouge mes fautes.<br /> Loin donc, l’époque où je me tapais des zéros aux dictées, et aux dissertations,<br /> elles aussi rougies par le correcteur et qui m'avaient déchues du statu que j'avais pu avoir <br /> en début de scolarité, de sujet prometteur.<br /> En effet, dyslexique et daltonien, je n'avais guère de chances de passer les étapes les doigts dans le nez.<br /> Chaque fin d'année, la question du redoublement se posait.<br /> J'ai bénéficié de ce traitement de faveur à deux reprises, mais finalement, <br /> risquant d’être aussi âgé que mes maitresses, on fini par me laisser passer,<br /> ce qui du reste n'a pas empêché l'incident de se produire.<br /> Déchu donc et repris de justesse déjà tout petit.<br /> A la longue, déçu, je quittais une première fois le collège avant le Brevet, fou de liberté,<br /> pour grossir les rangs des jeunes qui ne savent pas ce qu'ils veulent, et à qui il faut tout apprendre.<br /> J'ai donc connu les caves de la respectable maison Duriez place de l'Odéon<br /> où je réparais d'authentiques Remington et autres Japy. ( quand le karma s'acharne...)<br /> Rapidement, je me suis rendu compte que ce n'était pas une vie. Ou plutôt pas la mienne.<br /> Après quelques autre tentatives burlesques, je décidais de redonner sa chance<br /> à l'Education Nationale, pour viser un métier plus épatant. Ingénieur du son par exemple.<br /> J'ai donc passé le BEPC en six mois dans un cours privé.<br /> Curieusement, mes notes n'y étaient pas si rédhibitoires et j'y ai même séduit ma prof .<br /> Je n'ai donc pas eu que de mauvaises relations avec l'autorité.<br /> <br /> Je n'ai finalement pas fini ma Seconde; j'étais je pense trop vieux déjà,<br /> et attendre la Première pour attaquer la Philo, s'est avéré au dessus de mes forces<br /> à supporter le règlement intérieur de l'établissement, et ses cadres zélés.<br /> <br /> Déchu oui, si seulement..<br /> Mais ce n'est pas avec des si que l'on met Paris en bouteille.<br /> Alors certes je n'ai pas eu Paris,<br /> mais j'ai gardé la bouteille.<br /> Et c'est avec bonheur, qu'à présent, je la partage avec toi, <br /> avec vous.<br /> Quand le karma s'acharne disais je...
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C
Béni soit le correcteur "d'ortograffe" sans qui mes pauvres écrits seraient truffés de fautes.<br /> Ha ce foutu karma, même en trichant un peu,difficile d'y échapper.