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Soit dit en passant

Articles récents

Noirmoutier, pour quoi faire ?

15 Février 2016 , Rédigé par JCD


Non seulement je n’obtiendrai jamais d’être déchu de ma nationalité puisque nous sommes trop peu nombreux à en avoir sollicité le privilège mais, cerise sur le strudel, il me faudra continuer de surcroît à être européen, de gré ou de force. Ce n’est pas qu’en soi l’idée soit rédhibitoire puisqu’elle nous dispense, paraît-il, de nous foutre sur la gueule pour un oui pour un non avec nos voisins germains. Désormais obsolètes les lignes Maginot et Siegfried puisque nous pouvons maintenant nous rendre de Bordeaux à Berlin sans passer par Pithiviers ou Drancy et sans l’aide bienveillante de Maurice Papon. Reconnaissons là un réel progrès, sans compter qu’il n’est plus dorénavant nécessaire de changer nos pauvres francs contre des deutsche marks lorsqu’on souhaite rapporter du voyage quelque souvenir forcément émouvant – non, je ne citerai pas d’exemple.
Jadis nos chers bambins à tête blonde avaient la chance de pouvoir s’ouvrir très tôt à la pensée des plus grands philosophes, dont Ernst Jünger fut sans doute le plus brillant exégète de la force brutale mise au service de la future réconciliation franco-allemande, prélude à la création de l’actuelle communauté européenne à qui nous devons le non moins actuel marasme économique, dont un certain nombre se tire très bien et avec les honneurs.
Fort heureusement nous avions alors nous aussi d’exemplaires philosophes qui ne dépareraient nullement parmi les membres de l’intelligentsia nationale du moment, laquelle s’est accaparée l’audience médiatique et répand sa glaire cervicale aux heures digestives avec une générosité et un aplomb qu’on ne rencontre plus guère qu’au sein des prêchoirs où s’en vient pérorer entre deux somnolences l’élite politique. On a dit pis que pendre de Barrès par exemple pour mieux exalter la noblesse et la quasi-pureté d’un certain Alain, né Émile-Auguste Chartier, lequel fut tour à tour pacifiste, engagé volontaire dès le début de la guerre de 14-18, antifasciste, soutenant les accords de Munich et signant le tract de l’anarchiste Louis Lecoin. Il accepte néanmoins pour finir la collaboration pétainiste.
Je me souviens avoir noté dans les pages de Contrebande d’André Blanchard cette citation croustillante, datée de juillet 1940 et empruntée à notre illustre penseur : J’espère que l’Allemagne vaincra ; car il ne faut pas que le genre de Gaulle l’emporte chez nous. En 1940, voilà qui laisse pantois. J’entends bien que tout honnête homme doit savoir s’orienter en fonction d’où vient le vent et que la sérénité n’est permise qu’à quiconque n’a pas d’opinion, toutefois, quand bien même il peut m’arriver d’être tenté par l’envie certes absurde d’aller voir un jour Noirmoutier il est vrai que, d’une manière assez constante et ce depuis fort longtemps, je préfère rester chez moi.
Alors que je n’étais encore qu’adolescent, en me désignant du menton ma mère disait : Celui-là, quand il a une idée en tête il ne l’a pas ailleurs. Mais bon, sachons demeurer modeste !
février 2016

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Servir

14 Février 2016 , Rédigé par JCD

Parmi la vingtaine de lecteurs de ce recueil de broutilles qu’il me fut donné de publier à l’automne dernier quelques-uns, peu nombreux certes, daignèrent brièvement me faire connaître leur jugement – aussi péremptoire pût-il être parfois – et je me souviens aujourd’hui (pourquoi donc aujourd’hui ?) que l’un de mes admirateurs enthousiastes m’avait signalé quelques redites, ajoutant fort obligeamment qu’elles étaient sans gravité. Et ce matin me revient cette phrase de Gide soutenant qu’il ne faut pas craindre de se répéter car le public est fort distrait. Ouf ! Avec l’aval d’un tel auteur je peux donc tout me permettre – du moins dans le domaine du rabâchage –, je suis couvert. Et puis, tentons de nous montrer objectif : sur environ trois cent quatre-vingt textaillons écrits entre mars 2011 et octobre 2015, ne suis-je pas autorisé à revenir, fut-ce un peu lourdement diront d’aucuns, sur certains sujets sans avoir spectaculairement changé d’avis à leur propos ? D’ailleurs, est-ce que je vous demande votre avis concernant les criminels chargés de fabriquer ce produit que l’on nomme, le plus souvent improprement, du pain ? Non, bien sûr que non. Pourtant, il y aurait beaucoup à dire et je ne serais pas hostile à un recensement complet de la population – sans discrimination à l’égard des juifs, des arabes et des socialistes – des prétendus boulangers titularisés sous cette étiquette, avec contrôle inopiné de la production de chacun et élimination immédiate de tous les usurpateurs et autres faussaires, quitte à tenter le recyclage des simples incapables dans la confection du béton chez l’un ou l’autre de ces paysagistes néo-staliniens ou dans le remuement du fumier chez quelque exploitant agricole non encore reconverti dans l’élevage hors sol.
Il existe ainsi quantité de menus faits et événements, que l’on jugera ou non simplement anecdotiques et qui ont le pouvoir de me gâcher plus ou moins quotidiennement la journée. Je reconnais chez moi une assez remarquable prédisposition à dénicher, sans beaucoup finasser, l’exploit, même modeste, qui illustrera à merveille la tragique aptitude de mes congénères à m’empuantir l’existence, avec pour unique objectif final celui de nuire, y compris férocement à eux-mêmes – ce qui démontre sans la moindre ambiguïté l’invraisemblable perversion d’une humanité fille putative de Joseph Mengele. Je n’ignore certes pas que c’est là quelque chose qui s’apprend, sans nier pour autant qu’il existe des individus nettement plus doués que d’autres ; reconnaissons qu’atteindre un tel niveau d’excellence signale parfois d’authentiques génies qui mériteraient qu’on les transformât en compost ou en nourriture pour animaux afin qu’une fois dans leur vie, ou un peu au-delà, ils soient enfin utiles à quelque chose. Pour tout nuisible existe un prédateur.
Cela dit sans aucunement remettre en question ma préférence et mes choix en faveur de l’inutile dont je m’emploie chaque jour à saluer – discrètement afin de ne point contrarier les imbéciles – l’indiscutable nécessité, principalement lorsque c’est moi-même qui y consacre le meilleur de mon temps et l’essentiel de mon humble talent. Aussi ai-je décidé de m’autoriser à répéter, autant de fois qu’il m’agrée, la crème de mes exécrations, ne serait-ce que dans le but d’exciter la haine de mes détestateurs. Quant aux indifférents, abandonnons-les à leur ignorance et qu’à jamais pourrissent les racines de leur suffisance rance.
En choisissant de ne servir à rien je suis intouchable.
février 2016

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Vainquons !

8 Février 2016 , Rédigé par JCD


Il fallait s’y attendre ! J’écris hier ou avant-hier une broutille, je la transfère sur mon blog afin que les masses en partagent l’enivrant fumet et patatras ! Surgit sous mes fenêtres la révolution orthographique. Il existe certes des choses plus importantes, ou plus graves, mais qu’un conglomérat de crétins infatués d’eux-mêmes déclare obsolète telle ponctuation (par exemple le trait d’union qui fut introduit en 1530 par l’imprimeur Charles Estienne, probablement par pur caprice et sans nul doute pour compliquer l’existence future de Big Jim [Raoul Marcel pour l’état civil] Durand, poète sur SMS) perturbe quelque peu la dégustation de mon premier ballon de blanc de la journée. S’il faut à tout prix simplifier allons-y et supprimons sans atermoyer ni pinailler toutes les règles, sans aucune exception, et que chacun parle et écrive comme bon lui semble. Simplifions, que diable, et admirons sans réserve le résultat, simplifié évidemment, des travaux de ces autres crétins qui ont rédigé le projet de constitution européenne que plusieurs millions de crétins ont refusé d’avaliser parce qu’ils le jugeait, à raison, assez peu compréhensible. Simplifions le code de la route : lorsque je passe, les autres s’arrêtent. Facile ! Le vocabulaire, la grammaire, bazardons tout cela dans la grande poubelle, ne conservons que le calcul – pas le mental, évitons les gros mots, et puis existe la calculette, fleuron de notre génie – car le calcul est vraiment l’essentiel de toute une vie et les chiffres l’unique alphabet de l’homme moderne. Cessons de nous détériorer l’existence avec des problèmes qui n’en sont pas, n’est-il pas ! La simplification la plus radicale c’est lorsqu’il ne reste rien, quelque chose comme l’emplacement désert où s’élevait, avant son démontage, l’installation d’un illustre artiste contemporain intitulée Sans titre. Dispensons-nous des mots puisqu’ils encombrent et perturbent l’intellect de celui-là dont il faut préserver l’innocence, cent soixante caractères ne sont-ils pas amplement suffisants pour communiquer l’essentiel de notre pensée, épurons, la sobriété, la concision, la clarté sont au bout d’une démarche qui conduit tout droit et sans effort vers le nirvana de l’idiot.
Alors que le soleil hésitait encore à saluer mon réveil en l’honorant de son lever solennel, je les entends déjà qui bougonnent, ronchonnent, fulminent et même vocifèrent, se rapprochent, bientôt disposés à mener l’assaut et conduire jusqu’à sa fatale conclusion cette bataille afin que triomphât leur vérité, celle inexorable du progrès sans lequel l’homme régresse. Seul face à mon petit déjeuner, je les entends qui hurlent, braillent et me couvrent d’injures, me traitant de conservateur, passéiste, rétrograde, réactionnaire, on comprend qu’ils ont de la culture, enfin, je veux dire qu’ils ont sûrement vu Finkielkraut à la télé… alors que quand même ! Quelques pierres lancées depuis le chemin font se briser les vitres au rez-de-chaussée, je devine les plus excités tentés par l’idée de foutre le feu qui purifie tout et regretter l’absence de grenades en vente libre dans le supermarché de la ville. S’ils osaient ils opteraient volontiers pour le nucléaire mais c’est une chose qui leur fait encore un peu peur, alors ils se contenteront du couteau, ou du fusil de chasse et puis trimballeront ma dépouille ensanglantée à travers les rues du village avec un écriteau planté dans le bide : Mort pour que l’ortografe modern trionffe !
Trionffe avec deux f, on se demande bien pourquoi. Y-aurait-il encore des obsédés de la complexité ?
février 2016

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Déchoir

7 Février 2016 , Rédigé par JCD

J’ai une marotte, celle de toujours chercher à savoir, voire à vérifier, la signification des mots que d’autres emploient, de préférence en prétendant qu’ils ne visent dans leur propos que l’amélioration du sort d’autrui. Déchoir, c’est tomber dans un état inférieur à celui où l’on était. C’est (s’)abaisser, (se) dégrader, descendre, c’est aussi déposséder, priver. Le dernier pouvoir politique a avoir usé avec arrogance de cette mesure discriminatoire fut, en France, celui de Vichy. Déchoir quiconque de sa nationalité n’est possible que vis-à-vis de binationaux puisqu’il ne saurait être question de faire de celui que l’on condamne un apatride. Il y aurait dans une telle attitude quelque chose d’intolérable pour les sages de l’ONU qui s’apparenterait, par exemple et selon eux, à l’emploi d’armes chimiques dont l’utilisation est formellement proscrite, en vertu de la directive N° 0038712992B portant sur le comportement à adopter vis-à-vis de l’ennemi en temps de guerre déclarée unilatéralement, voire en temps de paix mais on n’est jamais vraiment sûr de rien. On voit par là le caractère profondément humain d’un tel processus puisqu’il convient de s’assurer que celui que l’on veut ainsi déchoir dispose d’une autre nationalité, faute de quoi il ne resterait plus alors qu’à l’abandonner très logiquement sur un canot pneumatique au beau milieu des eaux internationales. Lors, il accéderait de plein droit au statut, probablement inédit pour lui, de migrant. Bien sûr, il s’agit là d’une mesure coercitive et l’individu se retrouve donc puni, mais c’est également une mesure exceptionnelle dont on n’use qu’avec circonspection et à l’égard – j’allais bêtement écrire à l’encontre – de concitoyens dont on souhaite ardemment qu’ils ne le soient dorénavant plus. Et ce n’est évidemment, et heureusement, pas le cas pour tout un chacun car, pour les autres – je veux parler des honorables que l’on ne peut déchoir d’une nationalité qui leur est en quelque sorte consubstantielle et unique – on peut les déchoir de mille autres manières, en les abaissant, les humiliant, en faisant en sorte qu’ils n’aient plus que honte et dégoût d’eux-mêmes. Ce qui peut parfois s’avérer fort laborieux car l’honnête homme a généralement tendance à n’être dégoûté que de ses nombreux voisins, eût-il pris l’apéro avec eux la veille au soir. Comme quoi on ne peut se fier à personne, d’où le succès incontestable et incontesté de la dénonciation, si chère au cœur de nos (com)patriotes.
Sans doute conviendrait-il, serait-il urgent, de déchoir de leurs titres et privilèges les imbéciles titularisés qui viennent de décider arbitrairement de libérer la langue française d’un certain nombre d’archaïsmes dont elle se satisfaisait pourtant avec élégance depuis belle et longue lurette. Et que je te débarrasse du trait d’union, de l’accent circonflexe – on suppose que l’accent aigu et le grave seront pour le prochain quinquennat – et du i, parfaitement inutile, de oignon comme du ph de nénuphar alors que nous tous savons, de Marseille à Plougastel-Daoulas, qu’une solution dont le pH est inférieur à 7 est indubitablement acide. Or, il se trouve que la consommation d’acide est réprimée par la loi, d’où cette décision de pur bon sens d’interdire le ph et de le remplacer par le f, infiniment plus sobre puisqu’il permet de gagner de la place sur la copie lors d’une dictée à normale sup. Rappelons néanmoins aux incultes que la graphie de cette plante aquatique était constante avec un f jusqu’au début du siècle précédent et que ce sont les académiciens eux-mêmes qui ont délibérément opté pour le ph en 1935. Ne nous étonnons point trop hâtivement de semblables revirements de la part de sujets quelquefois prompts à passer sans trop d’états d’âme de la collaboration à la résistance, et vice versa.
Nul ne peut imaginer les quantités d’énergies diverses et variées qu’ont dû dépenser ces crétins diplômés pour aboutir à un tel résultat. Tout le personnel extrêmement compétent du ministère de l’Éducation nationale s’est associé au groupuscule de nos dignes académiciens pourtant déjà fort chenus afin de réparer, enfin, les dommages subis au fil des ans par un vocabulaire abandonné à lui-même, sclérosé en dépit de son enrichissement continuel par injection massive d’anglicismes et autres barbarismes destinés à ce qu’il soit enfin vraiment de son temps. Une première charrette de deux mille quatre cents mots doit donc permettre à une partie des attardés mentaux de nationalité française non déchus de se familiariser avec notre noble langue enfin rajeunie et, ainsi instruits, d’entrer à leur tour dans la grande famille des éducateurs du peuple afin d’y prodiguer leur savoir. Les meilleurs d’entre eux accèderont peut-être, je veux dire certainement, à un poste de ministre ou de député afin qu’à leur initiative soit élaborée une prochaine réforme de l’orthographe qui en laissera plus d’un pantois d’admiration. Si l’on table, sans vouloir se targuer d’une ambition démesurée, sur une nouvelle charrette de plus ou moins deux mille quatre cents mots, il n’est pas irréaliste de voir, dans un avenir enfin gorgé de promesses, la langue française redevenir la première du monde et son rayonnement s’étendre ainsi sur les peuples avides de connaissances qui leur permettront désormais de lire et d’écrire tout Flaubert, Balzac, Proust et jusqu’à Céline avec les mots correspondant fidèlement à cette époque ô combien bénie où ils auront la chance de s’épanouir.
Naturellement, il va impérativement falloir s’attaquer à la réécriture de toute cette littérature aujourd’hui terriblement ringardisée, la victoire de l’intelligence sur l’ignorance est à ce prix.
février 2016

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Modus vivendi

6 Février 2016 , Rédigé par JCD


Que n’a-t-on glosé sur les us et coutumes de populations peu enclines à céder aux séductions d’une mode vestimentaire – forcément changeante quitte à se répéter plus ou moins cycliquement – mais qui a le mérite de donner du boulot à des ouvrières bangladaises mal payées et parquées dans des immeubles condamnés à la démolition sans évacuation préalable ; que n’a-t-on glosé et vitupéré contre leur préférence pour le hijab quand, dans nos sociétés hautement évoluées mais n’ayant pas encore découvert les vertus de la jupette à ras l’bonbon ni même celles ô combien époustouflantes du robot batteur à six vitesses, nos propres mères sortaient rarement de chez elles sans s’être couvert la tête d’un foulard Hermès, ou d’un modeste fichu pour les plus humbles d’entre elles. On dit également carré, châle, mantille, pointe – notons au passage que la pointe est triangulaire, contrairement au carré dans la plupart des cas tandis que la mantille se distingue par sa confection uniquement à base de dentelle, avec l’adjonction ou non de castagnettes.
Souvenons-nous de cette époque pas si lointaine où nulle femme convenable ne serait sortie en cheveux, c’est-à-dire tête nue (je précise ici à l’intention des crétins impubères, victimes de l’expérimentation d’une pilule abortive défectueuse), tête nue donc sans qu’il eût fallu pour autant qu’on la rasât puisque cette tendance-là ne fit son apparition qu’aux heures glorieuses de la Libération et que l’égalité ne fut respectée entre les hommes, les femmes et les enfants de tout sexe qu’avec la généralisation du cancer et de la chimiothérapie. Jusqu’à ce qu’intervienne cette normalisation bienvenue encore qu’inéluctable, une femme chauve était la risée de son quartier alors que l’honorabilité de son époux lui était spontanément acquise et saluée dès lors qu’il n’avait plus un poil sur le caillou, ainsi que nous avons l’habitude de dire.
En des temps aujourd’hui heureusement révolus, sauf bien entendu chez nos voisins britanniques qui roulent encore à gauche et se bourrent de pudding, les monarques les plus prestigieux aimaient faire étalage de chevelures postiches particulièrement extravagantes, au risque de se couvrir également de ridicule. On cherchera en vain, hormis à l’occasion de ce que certaines tribus nomment la fashion week, semblables comportements parmi les animaux les plus naturellement grotesques, tel le canichassamémère et admirons l’exceptionnelle et émouvante simplicité vestimentaire du boa constrictor ou de la vipère lubrique. On peut certes s’indigner du procédé pour le moins malhonnête qui encourage certaines personnes de sexe probablement féminin à dissimuler la totalité de leur anatomie sous divers morceaux de textile (niqab, jilbab, tchador, burqua) afin que la surprise fut totale lors d’une partouze entre adultes consentants, certains déviants profitant même de l’opportunité pour se livrer à un exhibitionnisme honteux devant le regard blasé d’enfants occupés à se goinfrer de roudoudous dans la pièce voisine, qui en ont vu d’autres et autrement mieux gaulés.
L’homme véritable reste attaché, quant à lui, au respect de sa dignité dans l’affirmation de sa sobre virilité. Il arbore volontiers différents couvre-chefs dont principalement le chapeau, parfois la casquette, sont à l’image de ce qu’il prétend être en tant qu’individu au plan social, le béret étant tombé quelque peu en désuétude sauf au sein de corporations particulièrement arriérées comme les légionnaires, les parachutistes, les chasseurs alpins et les Basques, dont la tradition est en train de se perdre puisque le maire de Pau lui-même n’en porte que très rarement et uniquement en privé, dit-on.
On voit par là combien, jusque dans nos provinces les plus reculées, est désormais foutu le culte du fichu tandis qu’il s’exacerbe partout ailleurs où des mâles d’un naturel peu partageur contraignent des harems entiers à ignorer durant toute une vie le bonheur que procure le seul fait de séduire en laissant juste deviner. En outre, je ne serais pas tellement surpris d’apprendre qu’un tel gaspillage était déjà condamné par Dieu en personne lorsqu’en sortant du métro à Campo Formio, il aurait déclaré : Merde, pour Mouton-Duvernet il aurait fallu changer à Châtelet !
février 2016

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De beaux jours encore pour l’imposture

23 Janvier 2016 , Rédigé par JCD

Quelques-uns de nos contemporains, disposant d’un talent et d’un goût particulier pour s’y livrer, aiment à faire des conférences. Les uns sont professeurs de quelque chose quand d’autres ne sont pas davantage que des politiciens plus ou moins déchus à la recherche d’une nouvelle carrière. Tous recherchent et obtiennent le plus souvent une audience dont ils se réjouissent, principalement lorsqu’elle se concrétise en monnaie dont nous savons tous qu’elle ne fait pas le bonheur mais qu’elle y contribue quelque peu.
J’ai suivi il y a peu de temps via Internet celle d’un homme qui pour n’être point politique en parlait en connaisseur. Il avait choisi pour nous instruire de s’intéresser aux imposteurs qui sont certes de toutes les époques mais qui ont trouvé en celle-ci matière à s’épanouir grassement. Rien n’autorise à désespérer mais il semble bien toutefois que nous ayons atteint en ce siècle les sommets vertigineux de l’imposture, sous ses formes et ses applications les plus variées.
N’ayant pas acquis le statut enviable de maître de conférences, j’ai néanmoins observé combien notre existence est aujourd’hui soumise aux diktats d’une pensée dont les variations les plus subtiles correspondent à la nécessité de savoir toujours se montrer à la mode du moment, le comble de l’invention étant bien sûr de connaître à l’avance celle de demain car les valeurs fluctuent en fonction des opportunités – – il va de soi, preuves en main, que la mort est le seul état qui soit véritablement définitif, une sorte d’aboutissement à diverses hésitations. L’apparence nécessite une attention de tous les instants et les experts en tout et n’importe quoi sont tenus d’apporter les réponses attendues correspondant aux exigences d’une mise à jour de la pensée unique qui soit conforme aux objectifs sociétaux de profit.
Les imposteurs se sont infiltrés partout et la culture elle-même en est peut-être le terrain de jeux le plus édifiant. Les exigences de la mode s’y sont imposées plus finement qu’ailleurs dès lors que les élites s’y sont réservées leur pré carré, définissant les normes qui correspondent exactement à chaque secteur et à chaque clientèle – avec, ici encore, la complicité des médias. Les fausses batailles d’Hernani sont désormais incluses dans le packaging des manifestations mais, à la différence de Courbet, plus personne n’est embastillé pour avoir attenté à l’intégrité de l’œuvre de quelque prétendu artiste que ce soit, si tant est que la colonne Vendôme – ou d’autres déjections plus contemporaines – puisse être considérée en tant qu’œuvre d’art.
Il n’est que de constater avec quelle rapidité l’avant-garde du mardi est déjà l’académisme du jeudi. L’obsession de la norme s’accommode fort bien de cette civilisation du jetable, c’est certes un peu plus embarrassant avec les déchets nucléaires, centrales comprises, mais la véritable audace n’est-il pas d’entreprendre. Le doute n’est plus permis, il est même interdit.
Ce qui importe aujourd’hui c’est d’en être et de ne surtout pas se tenir à l’écart, les escrocs sont les bienvenus, d’autant mieux qu’ils sont les initiateurs de cet inénarrable bazar. Le mensonge est admis, plus il est énorme et plus la réussite est flamboyante ; je m’autorise donc, dans ces conditions, à choisir de me montrer méfiant. Léautaud soutenait que c’est une des formes de l’intelligence – merci Paul ! – ajoutant que la confiance en était une de la bêtise. À qui donc accorderions-nous notre confiance dans ce monde régi par des imposteurs qui pratiquent l’imposture comme l’anguille la natation ?
Sous de faux airs de conseiller fiscal, l’homme est brillant et sait de quoi il parle. Roland Gori est psychanalyste – personne n’est parfait puisqu’il existe bien des socialistes (ou soit-disant tels) de droite – et professeur émérite de psychologie et de psychopathologie cliniques à l’Université d’Aix-Marseille. Il est l’auteur de l’excellent La Fabrique des imposteurs, Les Liens qui Libèrent, 2013. Qu’il haïsse viscéralement Michel Onfray pour son livre sur le père Freud peut donc sembler compréhensible d’autant qu’il est soutenu dans cet intégrisme par l’inévitable BHL ; Boris Cyrulnik me paraît être, sur ce sujet, infiniment plus nuancé. Ce qui ne retire rien aux imposteurs, ni d’ailleurs aux psychanalystes.
janvier 2016

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Qu’on leur donne de la brioche !

19 Janvier 2016 , Rédigé par JCD

Alors que David Bowie vient à peine de franchir la ligne d’arrivée, précédant de peu l’époux-poux de la reine Dion dans une compétition où, fort heureusement, les anonymes – pourtant beaucoup plus nombreux et c’est là sans nul doute tout leur tort – continuent de n’intéresser personne, certains analystes pointus semblent découvrir que les pauvres seraient de plus en plus pauvres tandis que les riches seraient inexorablement tentés d’être de plus en plus riches. Certes, les très très riches se comptent sur les doigts de la main, à condition toutefois de disposer de plusieurs mains puisqu’ils sont quand même soixante-deux au dernier recensement. Ceux-là sont des milliardaires qui se partagent, de plus ou moins bon gré, mille sept cents milliards de dollars officiellement comptabilisés, sans compter bien sûr ce qui passe à l’as.
Bon, ce n’est pas là une nouveauté, on constate seulement que la somme globale augmente chaque année et que, si ça continue on verra… D’autant qu’il convient de ne pas mépriser les millionnaires qui leur gambadent sur les talons avec au ventre l’espoir de passer rapidement dans l’équipe de tête. Ce n’est en effet pas nouveau mais ce dont on commence à véritablement prendre conscience c’est de l’intromission de ces grosses fortunes et de ceux qui les détiennent dans le pouvoir politique de chaque état, qu’on le nomme dictature, monarchie, république ou même démocratie. Compromissions, concussions ne datent certes pas d’hier mais ce qui mérite d’être relevé, plutôt que le salaire des pauvres, c’est bien le fait que le système politique a désormais parfaitement intégré au plan quasi-planétaire une économie ultra-libérale répondant (presque ?) essentiellement aux règles fixées par les marchés. Dès lors, par lobbies interposés ou plus directement lors de déjeuners ou dîners fructueux entre décideurs financiers et exécutants-complices politiques éventuellement élus, chaque orientation, chaque loi adoptée sont destinées à servir les intérêts d’une élite qui se paie le luxe de se prendre pour une nouvelle aristocratie.
On sait avec quel brio sont montés et réalisés des projets réunissant public et privé, public pour le financement, privé pour le fonctionnement parfois, et le profit, toujours – souvenons-nous de ce qu’il advint concernant les autoroutes. Et voici que notre brillant ministre de l’Économie et des Finances propose une nouvelle piste dont l’origine n’est sans doute pas totalement «de gauche», pour reprendre un vocable totalement archaïque : réformer le statut de la fonction publique. C’est-à-dire privatiser tout ce qui peut l’être encore, enseignement, santé et tout ce qui garantit, plus ou moins, une égalité de traitement pour chaque citoyen. En bref, faire disparaître les derniers de ce que l’on nomme les services publics acquis en 1936 lors du Front populaire et en 1945 par le Conseil national de la Résistance. La grande ambition d’un précédant président de la République associée aux préconisations d’une autre président, du Médef celui-là. Tous particulièrement soucieux de voir réussir une politique audacieuse dont les soixante-deux milliardaires actuels et leurs subalternes sauront se féliciter.
Naturellement cette dernière mesure fera, nous l’espérons vivement, l’objet d’un développement à l’occasion du programme que présentera le candidat unique, car il convient de préserver l’unité nationale, lors de la prochaine consultation électorale prévue pour le début de cette belle année 2017 à laquelle les pauvres eux-mêmes auront à cœur de s’associer en s’abstenant de toujours râler, ce qui ne peut que nuire au bonheur des peuples.
Les élites, quant à elles, sauront se montrer dignes de la confiance qui guide leurs pas.
janvier 2016

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Doit-on lire n’importe quoi ?

17 Janvier 2016 , Rédigé par JCD


Tout comme les parents et leurs enfants doivent se soucier chaque année de la rentrée des classes – je pense ici à celle du mois de septembre, la seule qui compte vraiment – chaque honnête homme est plus ou moins tenu de s’intéresser à la rentrée littéraire qui, elle aussi, demeure fidèle à septembre, mois bénit entre tous puisque c’est également celui de l’ouverture de la chasse. Ce dernier automne vit la parution, en France essentiellement, de cinq cent quatre-vingt-neuf romans seulement contre six cent sept l’an passé. Oui, en effet, le chiffre de production est légèrement en baisse et la sagesse veut que l’on ne comptabilise point dans cette compétition tout ce qui n’entre pas dans la noble catégorie des œuvres, voire des chefs-d’œuvre, romanesques. Le reste n’étant qu’anecdotique, secondaire et donc indigne d’être publié ou, en tout cas, célébré. Les éditeurs ne reculant devant rien, une seconde rentrée, tout autant littéraire, a généralement lieu en janvier de l’année suivante. Et puis il y a les parutions inopinées, leurs auteurs s’étant résignés à n’être pas en lice pour la saison des prix.
Certains écologistes, probablement peu soucieux de s’enculturer, déplorent l’énorme quantité d’arbres qu’il faut sans cesse abattre et réduire en pâte à papier pour satisfaire le besoin qu’ont (vous pensez bien que c’est involontaire !) de nous narrer leurs sornettes les quelques centaines de plumitifs en mal de célébrité. Saint-John Perse lui-même l’avait remarqué sans pour autant renoncer à s’épancher et Louis Veuillot conseillait de se souvenir, avant d’écrire, de la beauté du papier blanc. Et pourtant…
Ainsi, moi-même qui ne prétends nullement appartenir à la grande famille des raconteurs d’histoires – j’ai pour un certain nombre d’entre eux une réelle admiration et ne renie nullement le plaisir que j’ai pu prendre à lire leurs romans – j’avoue ne pas posséder l’imagination et l’énergie nécessaires pour me hasarder sur ce terrain. Quant à lire le dernier en date de la production de chacun de ces abonnés dont le nom revient à chaque rentrée comme une antienne et déchaîne l’enthousiasme unanime de la critique assermentée je n’en ai ni le courage ni la curiosité. Sans doute me reprochera-t-on un manque coupable d’abnégation mais les quelques tentatives que je fis au cours de ces dernières années s’étant soldées par de solides moments d’ennui alternant, selon les cas, avec de violentes manifestations d’exaspération. Un de mes amis, plumitif lui aussi mais qui préfère le terme moins péjoratif de graphomane, me disait récemment l’énorme rigolade qui l’avait saisi à la lecture (offerte sur Internet par un grand éditeur, c’est du moins ce qui se dit) des vingt-cinq premières pages d’une histoire d’amour concoctée par l’une des auteures les mieux vendues de ces temps tristement médiocratiques. Je ne suis pas hostile à pouffer pour autant que mon hilarité naisse d’un parti-pris de l’écrivain plutôt que du constat de son involontaire et consternante incapacité à m’intéresser.
Quand je pense à tous les livres qui me restent à lire, j’ai la certitude d’être encore heureux, écrivait Jules Renard dans son Journal. Le nombre d’écrits vains était alors bien inférieur à ce qu’il est aujourd’hui où une telle perspective de bonheur relève de l’utopie voire de la fanfaronnade. Ce à quoi l’on opposera la terrible lucidité d’un Calaferte : Tous ces livres qui vous donnent le regret d’avoir appris à lire. Songez donc qu’il en est dont on va, de leur vivant, publier les œuvres complètes !
J’attends désormais que mes principaux écrits soient enfin traduits dans cinquante-trois langues. Pour commencer.
janvier 2016

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Dites-moi ce que je dois vous dire pour que ça vous intéresse

11 Janvier 2016 , Rédigé par JCD

à Louis Calaferte

C’est vrai ça, on se creuse, on cherche dans tous les recoins un bon sujet, une excellente idée, un truc qui ferait pouffer le lecteur éventuel, on se donne un mal de chien pour que ce soit vite fait bien fait, puis on envoie. et au bout du compte, rien ! Juste l’indifférence la plus totale, le mépris dégoûtant, le vide sidéral. J’observe d’ailleurs que je ne suis pas le seul dans cette situation puisque j’emprunte le titre de ce textaillon à l’ami Calaferte, un type qui, de nos jours, serait peut-être déchu de sa nationalité française, vu qu’il était né à Turin. Un étranger en somme, un migrant !
Or donc, dites-moi un peu de quoi vous souhaiteriez que l’on vous parle afin que vous laissiez exploser votre indignation, votre colère parce que c’est intolérable, scandaleux, répugnant, ou bien votre enthousiasme débridé, éventuellement votre amour déraisonnable. Tout, plutôt que ce mutisme humiliant qui laisse à penser que je vous ennuie avec mes propos d’une banalité consternante, tellement glaçante que vous préférez vous taire et retourner utilement à la lecture de L’Équipe ou du dernier Gavalda.
Dites-moi donc, si vous l’osez ! Non point qu’il se puisse faire que je me conforme à vos désirs littéraires – excusez, je vous prie, l’audace qui m’a, bien malgré moi je l’avoue, poussé à user du terme littéraires concernant cette prose qui semble-t-il vous insupporte, vous répugne ou, plus navrant encore, vous indiffère – mais qu’ainsi renseigné sur le prurit que possiblement déclenchent en vous mes mots il me soit possible de soulager de telles démangeaisons en renonçant illico presto à encombrer plus ou moins périodiquement le tiroir indésirables de votre boîte à courriels où s’entassent déjà quotidiennement des multitudes de messages totalement dépourvus du moindre intérêt.
Permettez qu’ainsi, Madame, Monsieur, en douce je me retire et m’en aille déposer mes déjections en d’autres communs que les vôtres. C’est vrai que parfois – souvent, dites-vous ? – j’indispose ou j’ennuie lourdement mais il est tout aussi vrai que chacun d’entre nous ne saurait prétendre avoir le talent insolent de Flaubert – oui, un écrivain du dix-neuvième siècle natif de Rouen – ou de Guy des Cars, mais il faut bien que chacun vive et occupe son temps de loisir comme il peut.
Néanmoins, si vous eussiez consenti à prendre quelques minutes sur votre temps de vacuité, probablement considérable, afin que je susse ce que sont vos désirs en matière de lecture, il ne m’est pas interdit ou inepte de penser qu’un compromis fut possible à trouver. J’aurais tout à fait pu pomper allègrement dans les œuvres complètes de vos auteurs favoris, remplacer Denise par Swastika, le cordonnier Tiburce Machavoine par le rocker JRLB, le café-restaurant chez Rosette par un petit-déjeuner en classe affaires de la Qatar Airways et le tour était joué. Et vous n’y auriez vu que du feu. Seulement, comment savoir ce qui vous intéresse et même y-a-t-il quelque chose qui vous intéresse ?
Non, franchement, vous ne me méritez pas !
janvier 2016

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Faut-il avoir peur de l’avenir lorsqu’on naît trisomique en Mongolie ?

9 Janvier 2016 , Rédigé par JCD

J’estime pour le moins indécent, voire obscène, de parler d’avenir lorsqu’on n’est plus tout à fait innocent. D’ailleurs, peut-on se dire innocent sans se faire rire soi-même ? Quiconque a bien assimilé le principe même de l’existence avec la mort comme conclusion écarte raisonnablement l’idée d’avenir. Certes, depuis Einstein, il nous est permis de nous satisfaire d’un avenir à moyen terme, quand ce n’est pas à court terme. Celui du premier imbécile venu qui saute depuis le vingtième étage de son immeuble pour constater l’effet produit illustrerait plutôt bien la notion de court terme, sans exclure néanmoins l’hypothèse d’un avenir à plus court terme encore, comme on a pu le constater auprès des nourrissons nés à Fukushima le onze mars deux mille onze. En revanche, pour ce qui est du long terme il n’est pas nécessaire ni même utile d’avoir suivi un stage de plusieurs mois à l’Institut médico-légal le plus proche ou, plus déprimant encore, dans le service gérontologie du premier établissement hospitalier venu. L’avenir à long terme n’existe pas, c’est une vue de l’esprit, un bobard raconté aux enfants pour leur laisser croire qu’ils en ont encore pour un moment avant l’apparition des premiers symptômes. D’autant que, les choses étant ce qu’elles sont, les enfants en question peuvent instantanément s’effacer du décor par la simple coïncidence d’un passage pour piétons et d’un véhicule automobile conduit fort brillamment par quelque virtuose titulaire du diplôme délivré par le ministère en charge des transports. Sans exclure pour autant la contribution plus ou moins désintéressée d’un camarade de classe dont le père possède une très belle et très complète collection d’armes dites de poing, le fusil-mitrailleur s’avérant moins précis en raison de son poids, notamment entre les mains d’un marmot de six ans.
Pour ce qui concerne l’avenir à moyen terme disons, comme le poète et sans présumer trop de nos facultés imaginatives, qu’il peut ressembler, à quelques détails près, à hier ou même à l’instant présent mais un peu plus tard dans la semaine, voire le mois. Sauf incident majeur toujours possible lorsqu’on n’est guère chanceux. Aussi longtemps que l’on ose s’y projeter l’avenir n’est pas foncièrement négatif, le risque n’apparaît qu’au moment où l’avenir se transforme en présent, et c’est totalement imprévisible. Bien sûr, quiconque désire ardemment tout connaître ce que la vie lui réserve peut s’adresser à l’une de ces voyantes qui, au moyen d’accessoires aussi ridicules que le marc de café, les lignes de la main, les cartes à jouer ou les coordonnées complètes de sa carte bancaire, lui révèlera le tour de poitrine de sa future veuve, l’année au cours de laquelle il pourra enfin faire l’acquisition du château de Chambord et devenir, au préalable évidemment, ministre de n’importe quoi au Liechtenstein où ce n’est pourtant pas marrant tous les jours pour qui déteste le brouillard et que l’on parle l’allemand pour un oui pour un non. Le Liechtenstein a pour code HB, selon la liste des préfixes OACI d'immatriculation des aéronefs, il est bon de le savoir et, à l’avenir, tâchez de vous en souvenir.
On a coutume d’affirmer que l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. Voilà pourquoi les veilleurs de nuit n’en ont aucun.
janvier 2016

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