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Soit dit en passant

De l’inutilité

8 Mai 2019 , Rédigé par Jean-Claude Dorléans

L’homme – entendez l’être humain car l’heure n’est pas à susciter des controverses à propos du sexe des anges ou supposés tel(le)s, l’homme donc disais-je avant que d’être interrompu goujatement, l’homme (il insiste, remarqueront les plus pugnaces – nous ignorons si le terme est masculin ou féminin en dépit de sa terminaison qui pourrait laisser penser…) met depuis longtemps déjà un gros point d’honneur à faire savoir et reconnaître combien tout ce qu’il entreprend de commettre jouit du privilège d’être utile. Et il en tire une satisfaction considérable au nom notamment de son altruisme admirable de lapin (le féminin, ici probablement, pourrait me valoir quelque accusation de sexisme alors qu’il n’en est rien). Car l’homme, voyez-vous, à l’exception des artistes ou prétendus tels, écrivains ou compositeurs de musique qui se complaisent, comme chacun sait, à fabriquer de l’inutile dont nul n’est jamais parvenu – en dehors de quelques-uns que précisément parvenus ils sont – à déterminer en quoi l’étron multicolore de trente-trois tonnes déposé dans les jardins du Petit Palais présente quelque utilité pour qui que ce fût, hormis pour son auteur évidemment.
L’important paragraphe concernant les créateurs d’art contemporain étant clos nous pouvons désormais nous inquiéter de savoir à quel usage est destiné tout ce que produit l’homme (voir plus haut) à seule fin de ne point demeurer inactif et silencieux en attendant la mort. Car il faut durant tout ce temps nourrir ce bougre et en 2050 nous devrions atteindre le chiffre de dix milliards de bouches à remplir (en comptant bien sûr les Juifs et les Arabes). Il serait donc plus que sage d’aborder de front la question aujourd’hui essentielle de l’euthanazie préventive puisque 2050 c’est dans une trentaine d’années et qu’il n’y a donc pas de temps à perdre.
Sachant qu’il se trouvera certainement de vertueux humanistes pour s’indigner du choix de la méthode permettant de déterminer, de manière certes quelque peu empirique puisque les critères en sont encore à préciser, qui reste et qui dégage.
Dès lors que nous avons renoncé à l’anthropophagie qui est pourtant par excellence l’art d’accommoder les restes et d’éviter l'indécent gaspillage que les penseurs de ce vingt et unième siècle ne cessent de vilipender, nous devons faire preuve de pragmatisme.

D’aucuns regretteront certainement l’abandon un peu lâche du cannibalisme quand de sveltes adolescent(e)s, voire de tendres nourrissons, eussent satisfait les appétits les plus aiguisés en même temps que ce procédé mettait un terme à la reproduction anarchique d’une espèce pourtant appelée à tôt ou tard disparaître. D’autant que la chair des vieillards est naturellement coriace quand elle n’est pas confite par la médecine du grand laboratoire pharmaceutique international.
Non, nous devons nous montrer intransigeants quant à la qualité de ce que ingérerons peut-être et rejeter sans trop d’états d’âme les succédanés et autres ersatz pour consacrer nos efforts sur le but à atteindre. Commençons donc par nous débarrasser de la plupart de ces arrogants, prétentieux et vaniteux de tout poil qui nous polluent l’existence, enchaînons avec les imbéciles et les crétins qui n’ont que le tort d’être ce qu’ils sont et nous y verrons plus clair.
Puis, si vous êtes toujours là, passez me voir et nous déboucherons une bouteille.
Afin d’arroser ça !


8 mai 2019

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Arnaud Forgeron 10/05/2019 11:39

Bonjour.

Votre passage étincelle.