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Soit dit en passant

Tout n’est pas irrémédiablement perdu même si ça en prend foutrement le chemin

4 Avril 2019 , Rédigé par Jean-Claude Dorléans


Gardons-nous de rechercher des ressemblances, des similitudes, des analogies qui sait, entre 1938 et 2018. Nous finirions peut-être par les y dénicher. C’est ce à quoi le philosophe Michaël Fœssel nous invite à réfléchir dans son livre, Récidive, 1938, paru aux Puf dernièrement. Les réfugiés de 1938 ne sont-ils pas les migrants d’aujourd’hui et ces derniers, identifiés au terrorisme, ne sont pas loin d’être les responsables, donc les coupables nécessitant et justifiant le renoncement à la démocratie, fut-elle déjà passablement mise en péril sous couvert de panique sécuritaire (voir la débauche de lois votées, à gauche comme à droite, pour soit-disant restaurer la paix publique). Pétain et Laval ne sont pas très loin et le Charles Maurras des années 2000 pourrait bien se nommer Alain Soral. La tentation du chef, autoritaire par nécessité, fermente et se développe au sein d’une grande partie de la population et les orientations de quelques-uns de nos voisins européens devraient ouvrir les yeux des plus myopes ou aveugles d’entre nous.
Il est dès lors plus que tentant de vouloir convertir la célèbre fracture sociale (chère à Chirac) qui a jeté dans la rue et sur les ronds-points des milliers de pauvres en angoisse identitaire, la droite ultralibérale de 2018, qui fait bloc avec la droite extrême quand bien même elle affirme le contraire, peut se réjouir d’avoir pour chef un individu se prétendant au-dessus des partis, et il peut se le permettre puisqu’il a effectivement réussi à être le seul qui décide et tranche quand les prétendus partis d’opposition et les corps intermédiaires comptent aujourd’hui pour du beurre, ou plus exactement de la margarine. Quand un président de la République se permet de renvoyer à plus tard sa réponse aux questions posées par les gilets jaunes d’origine. Qu’il ait réussi à endormir tout le monde avec son pseudo grand débat qui ne fut en vérité qu’un interminable discours électoral dit assez clairement combien l’homme est providentiel et combien le chef tant attendu nous est enfin donné. Il n’est pas certain qu’il lui faille, comme d’autres avant lui et aujourd’hui célèbres, avoir recours à la force (mais rien n’est vraiment impossible) car le héraut du libéral-fascisme se doit de rester propre sur lui, conserver les mains propres et se satisfaire de diriger les affaires depuis son palais, quitte à charger quelque affidé de prendre les mesures nécessaires au respect du pouvoir.
1938 n’est évidemment pas une mauvaise année puisqu’elle vit la naissance d’un certain nombre d’individus dont quelques-uns ont retenu notre attention sans qu’il nous faille pour autant en déduire une quelconque probabilité de ce qui nous attend dans les mois ou les années à venir. Ce serait sans doute trop injuste et pourrait conduire les meilleurs d’entre nous à abréger préventivement une existence condamnée au pire.

4 avril 2019

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Jean Klépal 05/04/2019 11:03

Très bien JCD. J'aime ce rappel fait en passant presque par hasard. Il est à mes yeux tout à fait justifié. Terrifiant de constater que les horreurs de mon enfance se trouvent au rendez-vous de fin de parcours.
Tâchons de nous tenir suffisamment à distance, sans nous désintéresser pour autant.