Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Soit dit en passant

Publié depuis Overblog

3 Avril 2017 , Rédigé par JCD

Lundi dernier, alors que je m’étais rendu au marché de Forcalquier pour y faire l’acquisition d’une paire de bretelles et que je me reposais à une terrasse de bistrot en attendant que le soleil daigne se lever, vint s’asseoir en face de moi un individu dont je ne connais que trop les histoires invraisemblables dont il aime à partager le pittoresque avec la crême des élites locales. Le voilà donc qui entreprend de me narrer par le menu sa plus récente aventure dont je ne résiste pas au plaisir de vous faire goûter tout le sel, le titre lui-même en donnant le ton puisque nous avons affaire à un authentique poète :

 


Décidément, rien ne nous réunit Rocco Siffredi et moi !

J’ai appris il y a seulement quelques jours, à l’occasion de l’une de ces conversations digestives dont nous sommes friands lorsque le vin parvient à élever le niveau du débat, j’ai appris donc que consécutivement à la nécessaire amputation de mon génitoire gauche devenu exagérément cancéreux je ne serais plus en mesure de me reproduire, dès lors que le produit de mon éjaculation se perdrait, dit-on, irrémédiablement et mystérieusement en quelque trou sans fond introuvable sans qu’il me soit possible d’en récupérer le moindre gramme (parler en litres serait sans nul doute quelque peu présomptueux). Rien ne sortait plus du tuyau prévu à cet effet, m’interdisant ainsi d’espérer donner une petite sœur, ou un petit frère, à ma fille qui, à l’instar de sa propre mère à l’époque, en manifestait le désir. On serait frustré à moins, d’autant que quelques mois plus tard un quelconque carabin s’avisa de me séparer sans trop de ménagement d’une partie de mon rein gauche jugée probablement cancéreuse, on ne sait jamais ! Il semble que j’ai une faiblesse du côté gauche, ce qui ne laisse point de m’interroger quant à l’éventualité d’une nécessaire ablation de mon cœur gauche, étant entendu que le droit m’a vraisemblablement été prélevé dès la naissance.
Bref, ladite conversation fit beaucoup s’esclaffer les convives invités à partager la chair du rosbeaf simultanément avec cet épisode de ma vie privée ô combien truculente, tant il est vrai qu’elle est parfois lente. Mais il n’est jamais trop tard pour apprendre que l’on a été déclaré impuissant puisque, depuis l’an 1978 de notre ère, mon inaptitude à repeupler la nation ne m’avait jusqu’alors jamais été signifiée au motif que je n’éjaculerais plus désormais qu’à l’intérieur de moi-même. Oui, vous pouvez sourire, d’autant qu’à plusieurs reprises j’avais fourni la preuve du contraire. Où passait donc ma précieuse liqueur séminale, en quel repli incertain se perdait -elle à jamais sans qu’il me soit possible d’en récupérer de quoi beurrer une biscotte ? Une éjaculation réussie, quand bien même ne viserait-elle que le simple plaisir un temps partagé, ne peut-elle prétendre entrer dans la catégorie des privilèges masculins les moins contestables ? L’hilarité générale déclenchée par une telle   contre-performance me troublait, c’est bien la moindre des choses sachant que je mets un point d’orgueil personnel à savoir, disons dans la plupart des cas, ce que je fais de mes affaires. Foutre ! m’indignais-je, il n’empêche, où donc passe le mien ? Alors que j’en sais qu’exaspère au sortir de l’ascenseur la présence de taches plus que suspectes sur leur mini-jupe plissée bleu marine, voire dans l’échancrure de leur chemisier en soie d’un profond bleu indigo du Cachemire. Du coup, si j’ose dire, m’apparaissait comme une tolérable exigence les voyages incessants de mon ex-épouse (comme disent les assistantes sociales), à la recherche frénétique de toute bite susceptible d’éjaculer normalement, sillonnant l’hexagone en tous sens et s’en allant bien au-delà de nos frontières nationales jusques en des terres étrangères pour dénicher le possesseur du matériel compétent, bien qu’elle ne semble toujours pas être parvenue à mettre la main dessus. Mais y avait-il là matière à se boyauter à mes dépens sans la moindre courtoisie ? Je vous le demande.

Que voulez-vous qu’en semblable circonstance et face à l’ampleur de son désarroi je lui répondisse, moi aussi je vous le demande.


1er avril 2017

 

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

Olivier 04/04/2017 00:43

On pourra se réjouir tout de même que le phosphore n'est pas perdu pour tout le monde,
et qu'il retourne alimenter les logorrhées de comptoir, sans lesquelles le bistro ne serait plus le bistro.

capron 03/04/2017 19:18

En effet,c'est une histoire imbitable , on ne sais par quel bout la prendre.et qui se termine en queue de poisson.