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Soit dit en passant

Ce n’est pas parce qu’il existe des cinéastes qui n’ont rien à dire qu’il faut interdire le cinéma

16 Février 2017 , Rédigé par JCD

 


Je me souviens (comme disait Pérec) de l’époque où triomphait le pompidolisme (déjà un ministre issu de la banque Rothschild), c’était au début des années soixante et des Pascal Privet parisiens tentaient d’organiser des projections de films, de Chris Marker par exemple, et nous ne connaissions le nom de la salle où ils allaient être enfin visibles qu’au tout dernier moment puisqu’ils étaient interdits par le pouvoir démocratique d’alors. On pouvait également aller les voir en Belgique. Aujourd’hui, tandis qu’un autre ex-ministre d’un gouvernement socialiste également issu de la banque Rothschild tente de se faire élire, démocratiquement of course, à la tête de la nation, de petits roitelets ubuesques (j’emprunte sans vergogne au vocabulaire de mon ami Jean Klépal) parviennent à obtenir la mort par asphyxie financière d’une association qui depuis trente années permettait aux Rencontres Cinéma de Manosque d’exister et d’ouvrir son public à un cinéma différent, quelquefois difficile d’accès dont la distribution ne bénéficie généralement pas des grands circuits. Trop de films médiocres sortent chaque semaine, a proféré un jour le célèbre distributeur, exploitant, producteur, réalisateur Marin Karmitz qui est également l’une cinq cents plus grandes fortunes de France. Clap de fin donc pour les Rencontres avec pour clore la sélection les deux derniers films d’Alejandro Jodorowsky. Je ne dirai rien du maître lui-même, une élite louangeuse ayant depuis longtemps fait le plus que nécessaire dans ce domaine. On peut en revanche s’indigner de ce que sa production cinématographique s’avère, si pauvre de contenu que ne comble nullement l’entassement de scènes, supposées provocatrices mais terriblement ennuyeuses et répétitives, tout y passe et les analystes ne manquent pas de citer en référence et à tort le surréalisme (relire Vaché, Péret, Rigaut, Tzara et consorts pour s’apercevoir du contraire, voire Buñuel). Fellini certes et son goût prononcé pour le cirque, les caricatures vociférantes, dans une confusion des idées comme des images dont le conformisme finit par lasser.
Il est heureux qu’il y ait eu cette année pour compenser de tels monuments de prétention des œuvres fortes, dont notamment le film de Thierry Frémaux consacré aux frères Lumière ou l’inusable La Chasse au lion à l’arc de Jean Rouch.
Souhaitons que les autorités prétendument compétentes s’apercoivent à temps de l’erreur commise en condamnant les Rencontres Cinéma de Manosque et retrouvons-nous autour de Pascal Privet pour d’autres aventures…

Février 2017

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capron 17/02/2017 18:50

Manosque se détache d'une manifestation culturelle de qualité au profit de "performances" plus lucratives;
Dommage. Serait-il possible que Forcalquier reprenne le flambeau.?. Mr. Estrosi -député maire- pourrait
peut-être se pencher sur cette affaire qui apporterait un plus à l'action culturelle de sa circonscription.
On peut rêver