Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Soit dit en passant

Qu’on en finisse !

11 Septembre 2016 , Rédigé par JCD

C’est vrai que nous pouvons parfois changer d’avis sur tel point précis – un détail diraient certains – simplement parce que cela nous arrange à un moment donné, d’autant que ce qui est donné peut-être repris. On a bien vu des collabos devenir subitement résistants au motif que le vent était en train de tourner et que leur avenir leur apparaissait soudain plus confortable en allant, avec un enthousiasme débridé, tondre une ou deux de ces salopes soupçonnées d’avoir trahi la nation en se laissant volontiers culbuter par un nazi qui sentait bon le kouglof encore tiède.
Ainsi moi (je ne mange pas de ce pain-là, entendons-nous bien !) qui vitupère chaque année lorsque le premier flocon excite les imbéciles et les entraîne dans une joyeuse ribambelle vers les cimes enduites de merde blanche pour s’y goinfrer de tartiflette arrosée de rhum-coca, eh bien moi, exilé volontaire sur des terres arides qu’emboucanent le pastis et la lavande, je vous le dis tout net : tandis que se profile la Saint Apollinaire et que donc s’annonce la mi-septembre, je donnerais ma photo dédicacée par Allah au premier pèlerin venu pour qu’enfin il neigeât. Pour qu’enfin nous échappions à cet enfer caniculaire qui n’en finit pas de s’incruster jusque dans nos campagnes aujourd’hui désertées par les citadins enshortés aux cuisses de homard flambé au rosé de Provence qui n’attendent plus désormais que le tocsin annonçant la ruée des vacances d’hiver à la montagne. Ici, aujourd’hui, à la minute, que dégringole cette immaculée diarrhée et qu’en quelques minutes la température anale de mon pauvre corps martyrisé redescende au-dessous du point de liquéfaction du gorgonzola. Tout est grillé, calciné, les feuilles des érables pourpres toutes recroquevillées ont été comme arrosées au napalm, les survivants se tassent à l’abri des conifères ou d’un chêne coriace ; déshydratés, les oiseaux se sont tus, réussiront-ils à fuir la menace des écolos en battle-dress ? Qu’il neige s’il nous faut en passer par là pour ne plus raser les murs afin de s’exposer le moins longtemps possible à l’infernale agression d’un cagnard à la vulgarité tapageuse. Qu’il neige comme s’il en pleuvait et qu’enfin je me réjouisse de retrouver ma vieille polaire des jours d’antan, parfumée au tabac froid pour, pieds nus dans mes espadrilles foutues, descendre à la cave et y cueillir parmi leurs sœurs deux ou trois bouteilles de morgon afin d’arroser ça.
Qu’il neige et qu’on n’en parle plus, merde !
septembre 2016

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

capron 14/09/2016 19:54

Ha non pas la neige!. Souhaiter la pluie par temps de canicule ça se comprend . Que je sache, les sioux ou les iroquois exécutaient une danse spécifique pour que la flotte tombe enfin sur leurs tipis, mais jamais pour de la neige. Qu'elle inconscience de souhaiter .affronter les affres hivernales avec la morsure des engelures, la goutte perpétuelle au bout du nez, les multiples " petites laines" et Damar dont il faut se revêtir. Sans omettre le verglas avec ses plaques propices à des glissades traitresses aux vieux fémurs rongés par l'arthrose. La canicule a du bon. Une paire de tong, un simple short et un tricot léger, une chaise longue,un bon verre de rosé frais dégusté à l'ombre d'un olivier
tricentenaire, et le chant des cigales en prime.C'est le bonheur; Il fait trop chaud ? une bonne douche de temps à autre pour conserver sa température à 37 °..Et vogue la nave !. A ceux qui réclament de la neige, qu'ils aillent faire un séjour chez les inuits, je doute fort qu'ils en reviennent enchanté.